‹ GérômeChapitre 28 sur 126 · A L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

A L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

Gérôme à son père, c'est un chien d'après Zurbaran et ce qui m'a engagé à le copier, c'est le naturel et la vie qui le caractérisent.

« Je me trouve toujours très bien à Paris et je trouve la vie d'atelier très agréable. Je vais le matin à huit heures ; et, à l'heure du déjeuner, nous nous précipitons tous chez le marchand de pommes de terre frites, et avec un sou de pain, un sou de pommes de terre, on fait son petit déjeuner de garçon.

« Je dessine d'après nature. Car M. Delaroche a été très content du torse de la Vénus de Milo que j'avais copié.

« Je pense qu'à l'avenir, il sera toujours aussi content de moi. Je suis très bien avec tous les rapins et quoique une fois sorti de l'atelier je ne les voie plus, ils sont au mieux avec moi. »

Il suivait aussi les cours de l'École des beaux-arts, sans enthousiasme, par devoir, pour « obéir à son père », tâcher d'obtenir

les titres officiels qui brillent et qui sonnent1.

Il s'ennuyait à l'École. « J'ai toujours aimé travailler sans être en prison. Gela me fatiguait, cela m'assommait de ne pouvoir dire un mot2. » Les séances dans l'atelier Delaroche, au milieu du bavardage de ses camarades, Jean Aubert, Damery, Picou, Gobert, Hamon, Alfred Arago, plus tard inspecteur des beaux-arts, Hébert, Landelle, Jalabert, Yvon, Chani, lui plaisaient davantage. Toute sa vie, Gérôme, malgré son entrain naturel, fut incapable de supporter la solitude; et ce silence imposé dans les cours de l'Ecole lui donnait une impression de tristesse et d'isolement. « J'ai toujours aimé le côté gai de la vie3 », répétait-il souvent.

Au bout d'un an, le père de Gérôme vint

i. Gérôme devait obtenir une troisième médaille de dessin d'après Y Antique, le 26 août 1843.

Page 1