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LA CHILDEBERT

connut Signol, Français, Baron, Nanteuil, Aimé Millet, ses derniers habitants1.

Signol y fut dévoré par les punaises et Aimé Millet, le sculpteur, pensa s'y noyer, un jour que le peintre Lapierre, son voisin, désireux d'obtenir des réparations dans la toiture, avait trouvé bon de laisser la pluie inonder son atelier, en y joignant lui-même de nombreux seaux d'eau.

Gérôme put y connaître aussi Bouginier, brave homme et artiste modeste, pourvu d'un nez énorme qui lui valut l'honneur de devenir, suivant la formule consacrée, une a figure presque historique».

Un jour, un nommé Fourreau dessina ce nez en y joignant comme accessoire un petit Bouginier. Le dessin fut trouvé drôle. La Childebert s'en empara et bientôt Paris s'étonna de voir sur tous ses murs ce grand nez orné d'un petit corps. Bouginier était devenu célèbre...

1. Voir, sur la Childebert /mon volume. La vie d'artiste (Pion et Cie).

Telle est l'histoire, mais la légende amplifie et poursuit :

Sur ces entrefaites, le printemps arriva. Comme de nos jours, les peintres quittaient Tatelier dès les premières feuilles ; on partait en bande, le sac de paysagiste au dos, droit devant soi, à pied, car il n'y avait point encore de chemins de fer... Cette année-là quelques rapins restèrent en arrière, retenus par des travaux : ils promettaient de rejoindre les autres. Bah ! on se retrouverait toujours... Quinze jours plus tard les retardaires quittaient la Childebert, gagnaient la barrière et la porte d'Italie... Là ils s'arrêtaient indécis. Quel chemin avaient pris leurs camarades ?

« Tiens Bouginier ! » s'écrièrent-ils soudain.

Sur un pan de mur, Bouginier leur apparaissait comme l'étoile aux rois Mages ; il était là, dessiné à grands traits et du bout de son nez désignait la route de Fontainebleau. Le guide était sûr ; ils n'hésitèrent

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