‹ GérômeChapitre 40 sur 126 · A ROME · texte numérisé non relu

A ROME

plein air et je me mets au travail avec ardeur '. »

La vie sédentaire dans des ateliers surchauffés et infectés par la fumée du tabac avait énervé le petit Vésulien déjà si maigre et si frêle.

A Rome, il adopta une existence plus active; il entreprit des excursions à pied, sac au dos, il « mit au vert » son talent et sa santé.

Léopold Robert était mort il n'y avait pas plus de huit ans. Rome ressemblait encore à la pittoresque ville qu'il avait connue et l'Italie à la patrie des brigands et des pêcheurs qu'il avait peinte.

La vision du mélancolique auteur des Moissonneurs, qui devait obséder tant d'artistes jusque vers 1870, n'eut aucune prise sérieuse sur Gérôme. A peine s'il exécuta plus tard quelques toiles dans le style italien en faveur. Ce genre sentimental devait

6o GEROME, PEINTRE ET SCULPTEUR

lui sembler fade, conventionnel. L'Orient, alors moins exploité, lui était réservé dans le présent; quant au passé, tous les siècles devaient intéresser son esprit curieux et captiver son imagination vive. Mais pour le moment il ne songeait qu'à s'instruire.

Son ambition était d'apprendre, d'apprendre le plus possible, de s'armer, de de faire provision de savoir. Et s'il faut remarquer combien Gérôme se montrait mesuré, prudent et sage, contrairement à nos jeunes contemporains qui ne pensent qu'à exposer et à produire après deux ou trois ans passés à l'École, il faut dire aussi qu'il visait plus haut et que son rêve ne tendait à rien moins qu'à embrasser la nature entière, qu'à se mesurer avec tous les sujets dans tous les pays et dans tous les temps.

« Si l'on veut être un peintre sérieux, tout à fait sérieux, disait-il plus tard, il faut connaître tout, aussi bien l'architecture que le paysage, la figure que les animaux.

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