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SON ACTIVITÉ

xve siècle, agiles, ingénieux et hautains, amoureux des belles formes, des riches étoffes, des animaux féroces, de la vie dans toutes ses manifestations pittoresques, et qui laissaient parfois leurs boutiques pour se réunir en de joyeux banquets ou pour figurer sous de somptueux costumes dans des cortèges magnifiques, parmi les patriciens et les princes.

Avec la différence des temps, Gérôme, fils d'orfèvre, renouvela cette existence; et si parfois il jugea, non sans impatience, la vulgarité de notre siècle, soyez sûr qu'il portait l'inconscient regret d'un âge lointain.

Il ne faudrait pas croire néanmoins qu'il ait été égaré parmi nous. Son esprit très éveillé avait, au contraire, compris avec lucidité l'art du xixe siècle, art essentiellement historique. Sur les traces de son maître Delaroche, Gérôme pratiqua la peinture en chroniqueur et en voyageur scrupuleux. Son talent prépara la vision nouvelle, l'étude

de la vie contemporaine, en rompant avec la solennité de David et la fantaisie des romantiques, en apportant dans ses tableaux le souci de l'exactitude et de la vérité.

Bien plus, à soixante ans, à l'âge de la retraite pour tant d'autres, il se lançait dans une carrière nouvelle et ranimait un art oublié, la sculpture polychrome.

Cette activité, qui dura toute sa vie, présenta le curieux spectacle d'un tempérament très impatient, maté par un esprit très méthodique. Dans son travail, dans ses affaires, dans ses relations, le maître apparaissait sous ce double aspect. Certainement Gérôme n'a pas donné une seule minute de sa longue existence à la « flânerie ».

Chez son ami le docteur Faivre, Franc- Comtoiscommelui, combien de fois il entrait en courant, à peine arrivé piétinait, parlait de s'en aller et, la montre à la main, regardait l'heure à tous moments. Mme Faivre, qui était femme d'esprit, disait souvent au visiteur :

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