‹ GérômeChapitre 78 sur 126 · HÉBERT ET BA UDR Y · texte numérisé non relu

HÉBERT ET BA UDR Y

de tout Paris. Les invités comptaient parmi les personnalités les plus connues des arts et des lettres; quelques célébrités féminines y figuraient : Rachel, sa sœur Sarah Félix, George Sand, dont le fils, Maurice, était un ami intime de Lambert.

Un soir, les peintres de la Boîte à Thé avaient réuni autour de leur table, Hébert, Baudry et Cabanel, déjà tous trois auteurs de leurs célèbres tableaux, la Mal' Aria (Luxembourg), la Vague et la Perle (musée de Nantes) et la Vénus (Luxembourg) . La Presse les avait tout récemment consacrés à sa manière, c'est-à-dire en les discutant, et un critique les avait gratifiés d'un article très mordant intitulé Artistes à décourager. C'était la gloire avec sa rançon et ses contrastes. M. Hébert qui m'a conté cette soirée, me disait combien il avait été personnellement choyé par ses hôtes, combien il avait été, en particulier, touché de l'attention, qui par allusion à ses sujets préférés, avait fait composer un petit orchestre de ces

pifferari italiens qu'il peignait avec tant de succès. Très sensible à toutes ces amabilités, d'autant plus précieuses qu'elles venaient de collègues, de rivaux, le jeune maître s'épanouissait d'aise quand Gérôme s'approche en compagnie d'un inconnu.

« Mon cher, dit à Hébert le peintre du Prisonnier ) je te présente M. X... critique d'art. »

C'était l'auteur de l'article Artistes à décourager !

Hébert tressaillit. Quelle épine parmi tant de roses. Étourdi par cette présentation, il était en outre distrait par les coups d'épaule que lui donnait Cabanel placé auprès de lui. « Tu es bien bon de parler à une pareille brute, mâchonnait son voisin, tu devrais lui tourner le dos. » La soirée se poursuivit sans nouvel incident, mais Hébert ne goûtait plus autant l'accueil de ses camarades et la musique des pifferari . Impatienté de rencontrer sans cesse le regard rogue du journaliste, il finit par se retirer,

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