I . Communication de Mme Charles Garnier
disait-on, et les ateliers de Gleyre, de Signol, de Cogniet, etc..
Le surintendant des beaux-arts, comte de Niewerkerke, estima que l'État devait, à TÉcole des beaux-arts, donner aux jeunes gens une instruction absolument gratuite. Il existait déjà un cours dit « cours du soir » et professé alternativement par les membres de l'Institut. De Niewerkerke créa des ateliers libres de peinture, de sculpture, de gravure et d'architecture, où les élèves français et étrangers pouvaient trouver, sans aucuns frais, des modèles et des conseils.
Pareille innovation aurait dû être bien accueillie ; le surintendant prévoyait sans doute des approbations. Il ne reçut que des protestations, non seulement de la part des professeurs, lésés dans leurs intérêts, mais de la part des élèves eux-mêmes qui, pendant quelque temps, prirent l'habitude d'envahir la cour du Louvre .où habitait Niewerkerke, et de manifester bruyam-
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ment leur mécontentement. Quelle occasion pour Gérôme de lancer son cri : « Oh ! la routine ! »
Ces enfantillages d'ailleurs n'intimidaient point le surintendant. Homme d'esprit qui connaissait la jeunesse, Niewerkerke s'amusa un jour à descendre dans la cour du Louvre, à se mêler aux manifestants. Brusquement les braillards virent avec surprise un monsieur leur adresser la parole, leur dire : « Je suis Niewerkerke ! »
Cette bravade leur parut d'une surprenante audace. Sans écouter celui qu'ils conspuaient, ils se mirent aussitôt à l'applaudir, et docilement ils se retirèrent aux cris de : « Vive Niewerkerke ! »
Les ateliers ouvrirent le 22 février 18641, à 8 heures du matin.
Une longue salle d'exposition pour les prix de Rome, qui vient à la suite de la
1. Je dois tous les renseignements qui suivent, sur les débuts de l'atelier, à Pelissier, le doyen des élèves et des massiers de l'atelier Gérôme,
bibliothèque, avait été divisée en trois parties par des cloisons.
Dans ces ateliers provisoires s'installèrent les élèves de Cabanel, de Pils, de Gérôme. Ils devaient y rester jusqu'en 1890. Quand l'hôtel de Chimay fut joint à l'École, on y transporta les ateliers.
Durant la première semaine de travail, le modèle, dans l'atelier Gérôme, fut un Antique, le Germanicus. Parmi les élèves, au nombre de treize, la plupart venus de l'atelier Signol, il y avait Lecomte Dunouy, Leyendecker, Blanc, Rixens, Lehoux et Pelissier que ses camarades nommèrent massier.
Gérôme vint à 10 heures. Il prononça une petite causerie d'ouverture qui, sur un ton cassant mais que l'on sentait amical, recommanda le travail assidu et persévérant, Tétude scrupuleuse de la nature par le dessin avant tout, par la couleur, par la composition des esquisses, pour n'arriver au tableau qu'après l'acquisition d'un métier