‹ Géronimo, le martyr du Fort des vingt-quatreheures à AlgerChapitre 11 sur 14 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

SUU LE FOKT DE^ VINGT-QUATRE- HECBE6 ( Bovd]

Setli Takelill ) et sur euldj *ali pacha el- Portai ( le teignrux ).

Le fort des Vingt-Qualre-Heures paraît avoir été commence en 975 de l*Hégire ( du 7 juillet 1567 au 24 juin 1568), par Mohammed Pacha, le premier des gouverneurs J'Alger qui se goit occupé de fortifier sérieusement celte place, très-faible en elle-même (1 ). C'est du moins ce qui résulte d'une inscriplion turque gravée sur une tablette en marbre blanc, placée naguères au-dessus de là porte, et qui ligure aujourd'hui dans la section d'épigraphie indigène, au Musée d'Alger, sous le n« 29.

(1) Este fue el primcro de los Reyes, que se puso de proposUo a fortificar la ciudad de Argel^que por si sola es muy flacn. (Haedo, Top, 77.)

En este mismo aôo de iô68, comenzù el Ochali el Burgio 6 castillo que hizo fucra de la puerta de Bab el Oued que mira para ponientc, para cfccto de defendcr, etc. (Haedo, 78, 1. et p, 6,2.)

M. Bresnier, ancien élève de TEcole spéc des Langues orientales, Professeur à la chi arabe d'Alger, a transcrit d'après Torigina traduit ainsi cette inscription, qui se co pose de trois vers turcs, d'un rythme ti souvent employé dans les poésies ottoman<

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Traduction littérale

« Le très-^grand visir, consacrant un < pilai à de j)ieuses et saintes dépenses,

» Eleva ce haut et formidable rexnpar Alger.

)> Sa hauteur est si grande qu'elle ég celle du firmament.

» Sur la face de la terre lu n'en rencon- Ireras pas hn semblable.

» Pour éterniser , dil-il , la mémoire et l'époque de son règne.

» Mohammed Pacha, protégé de Dieu, édifia cette forteresse.

» 975 » (1) (Du 7 juillet4567 au 24 juin 4568.)

H est probable, d'après le récit d'Haedo, dont les éléments ont été recueillis de la bouche de témoins oculaires , que le fort des Vingt-Quatre-Heures avait été tout au plus ébauché par Mohammed-Pacha, qui arriva à Alger comme pacha vers le 8 janvier 1567 (H. 76-2 et 4), et y resta jusqu'au mois de mars 1568 (H. 77-2). Ali-Fortas pouvait passer pour le véritable fondateur, ayant fsHt la presque totalité de la construction. 11 etU été naturel, dès-lors, que son nom figurât sur l'inscription, au lieu de celui de Mohammed.

(1) La date arabe est ^V*^. Or» il résulte de divers documents, et notamment de Tépitaphe de Dassan Aga, Qtt à cette époque» et asseE longtemps après, le *| signi- ^ait 5 et non 6> qui se faisait alors comme dans notrr système actuel de numération.

L'histoire de ces deux pachas, étodiée* s soin, fournit une explication, qui^ paraît s£ faisante, de cette apparente anomalie.

D'abord, Mohammed-Pacha semble avoii l'initiative de cette création, à la môme épo oii il construisit le bordj Moula Mohami ( fort de TEtoile ) , dont les ruines se voya encore naguère auprès des Tagarins.

11 était le fils d'un des plus célèbres chas d'Alger, de Salah-Raïs , qui porta armes algériennes jusqu'à Tougourl, et m( à Ouargla, qu'il soumit au tribut.

Enfin, il se conduisit très-bien à la baU navale de Lépante, en 1571, et il passa pour la plus remarquable victime de c guerre sainte, où il fut un des prisonniers de Juan d'Autriche, puis envoyé au pape Pie à Ron)e, et racheté quelques années ensu

Si Mohammed, qui d'ailleurs, le prenc réconcilia les janissaires avec les Levanl c'est-à-dire la milice de terre avec celle mer, et qui fut un grand justicier, dut populaire parmi les Turcs, son success Ali-Fortas, ne le fut en aucune façon, les motifs que voici, et qup nous en^prui au texte rnerpe d'Haedo (p. 79) :

n Euldj-Âli, de retour à Alger, fut pendant toute «eue année (1570), et jusqu'à son départ du pays, eo graude querelle avec les janissaires. La véritable ç ciQse de leurs dissentiments était que ce pacha ne le bâtait pas de payer la solde comme les autres faiiraient voulu. Aussi ces soldats, plusieurs fois, iaeoacèrent de le tuer, et peu s*en fallut qu'ils le fissent.

» Par tous ces motifs, au commencement de 1571, Ali-Pacha fit en toute diligence appareiller les bâtinents qu'il put réunir; et, au mois d'avril, il partit i' Alger, presqu'en fuyant, avec 20 galères ou galiotes, quoique le vent et la mer fussent contraires, pour éehapper aux janissaires, qui voulaient l'empêcher de sortir du port. 11 gagna le large et força si bien de nmes pour atteindre Matifou, que deux esclaves chrétiens de sa galère moururent des efforts qu'ils avaient bits en ramant.

» La milice turque, pensant qu'il s'arrêterait h Matifou , envoya vingt des principaux Boulouk-Badis, pour le forcer h revenir ou soulever les soldats et les marins de son escadre. Malgré toutes ces mesires et le mauvais temps, Ali-Pacha put continuer sa Wute. »

- Euldj-Ali part4'Algeren ocK)bre< 569, et laisse pour intérimaire Mami Corso. (H. 78-3.) (1).

(1) En cl siguicnte aùo 1569 gan6 el Ochali para cl Turco

On peut comprendre, après ces détails, poa quoi le nom d' Ali-Pacha ne figurait pas sur . fort des Vingt-Qualre-Heures, quoique ce pacli en fût le véritable fondateur.

Quant à la synonymie de ce fort, appel Bordj-Selii-TakelUt par les indigènes de notr époque, et qu*on désignait, dans le principe sous le nom de Bordj -Ali-Pacha, elle ne saurait être douteuse, après cette descriptioi donnée par Haedo. (V. Topogr., p. 6.)

« La fortification et la principale défense d'Âlgc consiste en trois chàteaox ou forteresses» que les more appellent Burgio (Bordj), et que les Tares ont élève depuis peu non loin de leurs murailles.

» Le premier, en commençant comme précédem ment (i), c'est-à-dire à partir delà porte Bab-el-Oue^ et à main droite de la ville, est celui qu^on appell communément le Boràj, ou château, d'Ochali (Eul4j Âli, pacha). Il est, en sortant de la porte Bab el-Oued vers le couchant, à 370 pas. Il s'élève sur une peli) roche que la nature a créée là ; sa forme est op q^ drangle à quatre pointes. Celle de ces pointes qui if pond à la ville, qu'elle a en arrière, n'a ni caseinat

el reine y ciudad dd Tunez (H. 78^.) Il était de i

tour à Alger au milieu d'avril 1570 (H. 78-4 ) 0) Haedo se suppose en mer, faisant foce à Alger.

nl>râsiire, el n'a sevlemerit qu'un parapet. Cbacun trois autres points ou angles a ses casemates, et is ont des embrasures.

L'angle qui répond au nord n'a qu'une embrasure las, mais les deux autres, aussi bien celui qui ree le couchant qne celui qui fait face au midi, ont un deux embrasures en bas ( à chaque pointe, il )ïi haut, sur les parapets, trois embrasures. La cour, ou place de ce fort, peut avoir trente pas amètre, el est toute en terre-plein» avec une cii bien faite au milieu. Ce château a jusqu'il huit is d'artillerie de moyen calibre; il est sans fossés edans comme au-dehors. Ochaii (Euldj-Ali) l'a ians l'année du Seigneur 4569, étant pacha d'Âlpour défendre une petite plage, qui est en avant, ord-ouest^ à 360 pas de là, plage que peuvent >ter des bâtiments à rames^ et y débarquer des de guerre.

Ce château a un grand défaut, qu'il partage, du , avec les autres forts algériens : il est commandé lusieurs points sut la gauche, dans la région du et de deux mamelons qui en sont k 100 ou i SiO H peut être facilement battu par un ennemi n'en aurait rien à craindre i De ces points donts on découvre tout le chemin qui va d'Alger rt, et la même artillerie^ qui de Ik battrait tréslent le château, intercepterait aussi tout secours a ville y voudrait envoyer. •

Bordj'Setti'Takelilt, nom actuel, veut dire Fort de notre dame la négresse. C'est du moin la signification du mot takelilt en Kabile.

En entrant dansée fort, on trouvait, à droit sous le vestibule , un banc en maçonneri( qui s'étendait sous un arceau surmonté, si un côté, d'une petite niche creusée dans I muraille. Selon la tradition locale, cette ni che indiquait l'endroit où se trouvait la tét de la raaraboute, qui était enterrée sous 1 banc.

En démolissant la khaloua ou ermitage d Setli Takelilt; on n'a pas trouvé d'ossement sous le banc, ni de tête dans la niche. Peutêtre avaient-ils disparu depuiç Toccupatioi française.

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