RÉSUMÉ
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La narration du martyre de Géronimo, le récit de la découverte de son corps, avec toutes les pièces à Tappui, ont passé maintenant sous les yeux du lecteur, qui possède les éléments nécessaires d'appréciation. Quant à Tau leur de cette brochure , il s'est effacé autant qu'il Ta pu ; et, laissant parler les faits, il a attendu que l'évidence jaillît d'ellemême de témoignages nombreux, concluants par leur force et leur concordance. Dans son désir de demeurer impartial, il a refoulé, quoiqu'avec peine, l'émotion bien naturelle qu'une pareille recherche devait exciter. Aussi, il a eu besoin souvent de se remettre en mémoire que son unique tâche était de réunir et de coordonner les faits qui établissent l'identité du squelette trouvé le 27 décembre 1853, avec le corps de Géronimo, martyrisé en 1569,
et qu'il appartenait à l'autorité spiritm plus élevée et à des lumières bien supé aux siennes de tirer la conclusion de lui devait seulemen't exposer.
Le calme était pourtant difficile, a 1 de celle foute empressée et respectueu tout ce que notre ville compte de dÎ!
par la position sociale ou les fonetio fîonfondait avec les petits, les hombles chrétien se trouvait mêlé auix représcn^tai croyances les plus opposées à la sien tous les visiteurs , sans exception , s( raient émus par le spectaele indescriplil leurs yeux venaient de contempler.
Dans ce loucbant pèleriiM^ey on a rer d'abord Monseigneur Pavy, qui s'effor réprimer les moovements de son cœu (le ne rien préjuger dans une questioi mise aux formes prudentes des règlemei clésiastiques; M. le général comte R qui favorise de tout son pouvoir les t nécessités par une découverte qui, sans jettera de l'éclat sur son gouverne M°^° la comtesse Handon , qui a suîv le plus religieux empressement toui phases des recherches entreprises (
27 décembre ; M. le colonel d'artillerie dÂlayrac, qui, depuis le commencement de la démolition du fort, a facilité, autant que cela était compatible avec les intérêts de l'Etat, les pieuses et persévérantes investigations de M. le capitaine Suzzoni.
Mais abstenons-nous de céder à aucun entraînement, si naturel, si légitime qu'il puisse élre, et bornons-nous à résumer les faits :
Un article de journal annonçait, il y a douze ans, d'après un ouvrage composé en 4605, et publié en 4612, que, sur le côté septentrional du fort des Vingt^Quatre-Heures, se trouvait nn martyr chrétien, enterré vif, en 4569, dans un des blocs de pisé qui forment la muraille.
Le 27 décembre 4853 (4), on découvre, dans le saillant nord»K)uest de ce fort, au
(1) Ce jcur est précisément ranniversaire d'une rédemption opérée en 1719 par trois religieux français de Tordre de la Sainte-Trinité, dits Matburios. Parmi les soixante-trois esclaves rachetés, se trouvait la comtesse de Bourk, dont le mari avait été ambassadeur extraordinaire du roi d'Espagne à la cour de Suède.
Enfin, la maison où s'accomplit cette rédemption est »:11e qu'habite aujourd'hui Monseigneur Pavy, évoque TAlger.
milieu d'un bloc de pisé, un corps hui qui a dû y être placé vivant. Voilà, il l'avouer, une bien remarquable coïncid Mais, si Ton compare les circonstance martyre de Géronimo avec ce que r< observé au fort des Vîngt-Quaire-He l'identité apparaîtra incontestable.
Avant d entamer cette comparaison, qu lever tous les doutes et résoudre, sinon venir, toutes les objections, résumons les d points qui établissent la valeur historiqi livre auquel les faits ont été empruntés et qi été amplement développés à la page 47 et
Ils prouvent que Tarchevéque de Pale Don Diego de Haedo, employait une par son immense fortune h racheter des chri esclaves en Algérie ; qu*il a écrit un C6 nombre de notices, d'après les renseigner fournis par ces captifs, surtout ceux qui a\ séjourné longtemps dans ce pays ; que chapelain, et probablement son parent, le nédictin Haedo , a coordonné et rédigé notices, en 1605, pour en faire le corps c vrage publié en 1612 sous le titre de 1 graphie d'Alger; que le dialogue des mar celui qui doit particulièrement nous occ
ici, est entre le capitaine Géronimo Ramirez e^ le docteur Sosa, tous deux Espagnols ; que c'est surtout ce dernier interlocuteur qui parle, car c'est lui qui a recueilli les faits, faits qu*il a vus, dil-il, ou qu*il tient de témoins oculaires, ajoutant qu'il en a constaté Texactitude par des renseignements pris auprès des turcs, des mores et des renégats.
Haedo donne ces diverses particularités, dans sa dédicace au vertueux archevêque dePalerme; cl ce digne prélat, en acceptant l'hommage du livre de son chapelain, lui a communiqué une autorité considérable.
La narration du martyre de Géronimo montre que rinformateur primitif est contemporain des faits qu'il rapporte ; car il parle du licencié lean Caro, par qui Géromino fut élevé; de Martin de Cordoba, gouverneur d*Oran, et du bourreau Euldj-Ali-Pacha comme de personnages encore vivants au moment où il raconte. Cette narration offre donc toutes les garanties désirables. Cependant, pour ne rien négliger de ce qui peut produire une conviction motivée, quant à Tidentité du corps de Géronimo avec le squelette récemment découvert, abordons la comparaison du texte
d'Haedo avec les observations consialées puis le 27 décembre 4853.
D après ce texte, le martyre s'est acoon sur la partie du fort des Vingt-Quatre-Hec qui regarde la tramontane ( en la parte i mira la traniontana à norte)^ dans un endi en vue de tous (en tan noble lugar, y ta la vista de todos ). La victime a élé jel pieds et mains liés (atado de pies y mam dans une caisse de pisé encore vide (en hueco de las tablas de la tapia). A pe Géronimo s'y irouve-l-il étendu , qu'un i
régat demande de la terre (pidio (
truxesen presto la tierra), et commença pilonner sur le corps [œmenzà el renegada à pistar).
Le martyr, musulman converti, parais avoir trente-cinq ans au moment de sa (era,,.. segun pareoia al tiempo de su riosa muerte de edad de treinta y cinco c il était de petite taille (peqmno de eue et avait le visage maigre (caridelgado).
Le lieu de sa sépalture et de son si se reconnaissent h ua bloc tout tassé ébranlé [una tapia ioda seniida y can vida). Le martyre a été consommé le
tembre 1569, sous le gouvernement d'Euldj- Ali, qui bâtissait alors, ou, pour mieux dire, qui achevait le fort des Vingt-Qualre-Heures, commencé par Mohammed -Pacha, son prédécesseur.
L'orientation donnée par Haedo à la partie do fort où se trouvait le corps de la victime, sans avoir une e^aclriiidé mathématique, est suffisante, au point de vue de Tusage vulgaire, puisque le squelette a été rencontré dans un saillant nord-^ouest, nn peu nord. Que pouvait-on demander de plus précis aux informateurs primitifs? D'ailleurs, il est h remarquer que , dans le peuple , parmi les Espagnols, les flaliens, comme parmi nos méridionaux, la tramontane n'est pas un point fixe de l'horizon, mais un espace plus ou moins étendu à droite et à gauche de la po* faire, espace qui s'étend parfois du nord-est au nord-ouest. Haedo, qui était un homme instruit, a interprété la tramontane par le nord, ce qui est vrai sous le rapport scientifique, mais ce qui, très-prebôblement, dans la pensée des premiers narrateurs, n'avait pas un sens aussi rigoureux.
Au reste, cette expression se trouve com-
plétée et expliquée par un autre passage la relation qui précède celui qui vient d' commenté. Le lieu du martyre et de la pulture était à la vue de tous, y est-il ce qui ne peut s'entendre qu'autant qu'ils* de la face devant laquelle la grande n passait, comme elle passe encore, la face précisément on vient de découvrir le sq lette. Car les autres côtés étaient , de tei immémorial» enveloppés par un vaste cii tière où Ton n'allait que pour enterrer morts et les honorer, ce qui, à juger du p; par le présent, implique que le lieu éta peu près désert.
Il est inutile d'insister d'avantage sur fait de Torientation, qui ne peut plus l'objet du moindre doute dans l'esprit du teur impartial.
Le squelette que nous attribuons à Gé nimo avait aussi les mains liées derrière dos : la position du bras l'indique; d' leurs , la corde, avec son nœud , deme collée au moule en terre que le corps s'est lui-môme avant de tomber en dissolution. M( alors que les pieds n'étaient pas tolalen découverts, la convergence des tibias ven
;De médiane montrait clairement qu'ils avaient i être attachés aussi.
Quand le pauvre martyr tomba la face Dire terre au fond de la caisse à pisé, un Dégât espagnol sauta sur lui et demanda de
tefre qu'on lui apporta et qu'il foula de QteS ses forces. Or, le bloc de pisé décourt le 27 décembre <853, présente celle irticularité qu'on n'a observée sur aucun s autres blocs où il y a toujours des traces chaux, c'est qu'il est uniquement composé
terre a sa partie inférieure, celle où se )u\e le squelette.
La plupart des os des côtes sont cassés, constance bien remarquable et qui concorde rfaitement avec ce que raconte Haedo de la mière furieuse dont les renégats pilonnèrent corps de la pauvre viclime. Le rapport s médecins ( Y. p. 4i de la 4^« édition ) est plicite à cet égard.
Géronimo, au moment de sa mort, paraist avoir treote-cinq ans; il était petit de *ps et avait la figure maigre. Le rapport i médecins indique que le squelette soumis leur examen est celui d'un homme d'âge ulte confirmé, d'une taille d'un mètre cin-
quanle-huit centimètres, et dont le crâne pr^ sente quelques-uns des caractères du ty ^ arabe. Quant à la figure, on peut vôrifier ^ le plâtre original obtenu par M. Latour, i moyen du moule naturel, si l'indication trans mise par Haedo n'est pas d*une entière exac titude.
Il n'est pas jusqu'jSi la circonstance du bloc qui paraissait tout tassé et comme remué qui ne se retrouve aussi. On voit encore c< mouvement un peu au^essous de Tendroit ci reposait Géronimo. Seulement, la cause assignée par Haedo n était pas la véritable, puis que le corps du martyr s'est moulé en ur creux qui a été retrouvé intact. Mais le fai qu'il signale n'en est pas moins exact. (Voii le dessin n** 3.)
Reste enfin un dernier moyen de contrôle Euldj-Ali-Pdoha, qui joue un rôle si odieu:
dans le martyre de Géronimo, a très^peu résidé à Alger pendant les quatre années d< son gouvernement. Mais, en septembre 1569 il se trouvait précisément dans cette ville qu'il quitta le mois suivant pour aller faire I conquête de Tunis.
Il y a donc, dans la relation d'Haedo, dL
essenlieis qu'il a été possible de contrôler, li, tous les dix, ont été parfaitement conîs par les observations actuelles. C'est grande garantie de vérilé pour le reste de récit.
nntenant, on peut demander, avec con- 5, aux hommes de bonne foi, s'ils conent beaucoup de faits historiques mieux vés que celui qui fait le sujet de cette lante narration.