RAPPORT SUR CETTE QUESTION
Degré de confiance que mérite l'historien Haedo ?
Dans la dernière assemblée générale de la Commission, j'ai donné, à la demande d'un membre, quelques explications orales sur la question qui fait le sujet de ce rapport. Elles étaient insuffisantes pour établir la base large et solide que doit avoir un fait aussi important que celui qui est la matière de nos travaux. La Sous-Commission, chargée de 'examen de la traduction du texte d'Haedo, ^ donc reçu, en outre, la mission de dcterïîiiner le degré de confiance que mérite l'auteur Je la relation du martyre de Géronimo ; et ^lle a bien voulu me choisir pour son rapporteur. J'ai dû , pour justifier sa confiance , ''éprendre l'élude de la question dans les Sources, en me plaçant à un point de vue plus élevé et plus étendu. Je viens vous Soumettre aujourd'hui, les résultats de mon
travail complété et amélioré par les obser vations et les conseils de mes collègues, e surtout de notre digne Président.
Dans l'appréciation critique du récit de I mort de Géronimo, Thistorien Haedo se pré sente comme premier témoin à discuter, pois que le livre où figure ce récit est signé i son nom. Mais il n'est pas le seul , car il composé son œuvre à Taide des nolio recueillies par TArchevêque de Palerme, q les tenait lui-même d'esclaves rachetés, le quels avaient vu les faits racontés dans c notices, ou les avaient connus par des témoi oculaires et auriculaires.
Cette filiation est parfaitement établie p un passage important de l'épttre dédicatoi d'Haedo.
(( La seconde raison que j'ai eue de vo » dédier ces écrits, c'est que votre très-illusi » Seigneurie les a composés d'après les inf( )> mations des chrétiens captifs, spécialem( )> ceux qui figurent dans les dialogues, et c » sont restés pendant beaucoup d'années » Alger ; écrits que nous avons communiqi » à quelques personnes lorsque j'étais à Pal< » me à votre service, et quoiqu'ils ne fus»
» alors qu'à l'état de brouillons. De sorte x> que, sans le travail et la diligence que j'y » ai mis en leur donnant la dernière forme et » essence, on n'aurait pas pu les imprimer, D ni les mettre en lumière. Puisque ces noti- » ces sont de votre Seigneurie Irès-ilIustre, j) je les lui rends et les lui offre pour qu'elles » soient accueillies et prisées selon le grand » mérite de l'écrivain. On y connaîtra le » saint zèle qui réside en vous, on s'apitoiera » sur les immenses travaux que les Captifs » chrétiens souffrent continuellement à Alger, sur les très-grands dommages qui en résuU » tent pour la chrétienté, dommages qui sont » manifestés dans cette histoire, afin que les » hommes pieux soient excités à en rechercher » le remède » (V. la dédicace).
La filiation clairement indiquée des sources par lesquelles les faits sont parvenus à notre connaissance, déterminera la division de ce rapport qui comprendra ces trois parties :
1® HaedOy historien;
2* V Archevêque de Palerme ;
3® Les Esclaves rachetés.
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