‹ GethsémaniChapitre 26 sur 33 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En définitive, l'authenticité du « champ de Gethsémani » de l'Évangile ne peut pas être mise en doute. Sa position topographique est assez nettement indiquée par les quatre évangélistes, et précisée par une tradition qui peut aisément remonter jusqu'aux temps apostoliques. C’est là le point essentiel.

Sur ce terrain béni, deux endroits ont été spécialement marqués et consacrés par la liturgie de l’Église de. Jérusalem au 1v° siècle, savoir : le lieu de la trahison de Judas au nord du chemin du mont des Oliviers, et celui de la prière du Christ durant les affres de son agonie, au sud du même chemin. Ces deux points, qui ont également un caractère d'authenticité indiscutable, servent à déterminer d'une manière approximative le théâtre des autres scènes qui ont illustré ce terrain d’après l'Évangile.

De même que la vérité est une, de même aussi il ne peut y avoir qu'une tradition digne de ce nom : c'est celle qui remonte à l'époque où se sont manifestés les événements qu’elle nous transmet. Dans notre cas particulier, la tradition, consignée par écrit du 1v° au vrrt siècle, peut seule nous fournir des renseignements véridiques sur la topographie des divers Lieux saints de Gethsémani. Les localisations faites au moyen âge en opposition avec elle, ne méritent aucune créance. Elles sont même nécessairement erronées, quelle que soit la cause qui les ait fait

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naître, Mais ces méprises ne peuvent en aucun cas jeter le discrédit sur la tradition elle-même, et n’enlèvent rien à la vénération due aux Lieux saints qu’elle a signalés, d'autant moins que, malgré le conflit suscité par des opinions divergentes à une époque ou à une autre, elle est restée, dans ses éléments essentiels, immuable et … vivante jusqu’à nos jours. = Pour n'être pas le lieu où Jésus a enduré son agonie, la grotte de Gethsémani ne reste pas moins ce qu’elle a été pour les anciens chrétiens, la glorieuse retraite que le Seigneur a sanctifiée durant ses séjours à Jérusalem, et particulièrement pendant la célèbre nuit qui précéda sa mort. Ce titre et la conservation de la grotte presque dans son état primordial, en font un des plus précieux sanctuaires de la Terre sainte.

Entre cette grotte et le pont supérieur du torrent de Cédron, un cadre assez restreint, on peut se représenter, sans grand effort d'imagination et malgré le bouleversement du sol, toutes les scènes qui s’y sont déroulées dans cette nuit à jamais mémorable : le baiser de Judas, la tourbe renversée à terre à la voix du Christ, les onze apôtres s’apprêtant à défendre leur Maître par les armes, l’épisode de Malchus, enfin Jésus arrêté, ligoté et emmené comme un malfaiteur, pendant que ses disciples se glissèrent à travers les arbres, s’enfuyant d’épouvante.

En ce lieu, le plus auguste et le plus vénérable du monde après le Golgotha et le tombeau du Christ, ne tardera pas de surgir un noble monument pour proclamer l’immensité de l'amour du Cœur agonisant de Jésus.

Son Éminence le Cardinal Giustini, Protecteur de l'Ordre séraphique, que sa Sainteté le Pape Benoît XV a envoyé en Palestine comme Délégué et Visiteur Apostolique à l’occasion du septième centenaire du pèlerinage

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