‹ GethsémaniChapitre 8 sur 33 · VALLÉE DE JOSAPHAT · texte numérisé non relu

VALLÉE DE JOSAPHAT

Les chiffres indiquent le niveau au dessus de a Méditerranée.

L'eguidistence des courbes denioesu est de vingt metres. ‘

: Echelle.

100 200 00 4 0 1- 300 00 __Soû 600 UE

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débouche dans la vallée du Cédron, à l’angle sud-est de la cité dans son ancienne extension, à environ 150 mètres au-dessous de son point initial, ou 170 mètres si l’on tient compte de la couche de terre accumulée au point de jonction. De là, la vallée du Cédron suit son cours Jusqu'à la mer Morte. La formation d’érosions si profondes dans le sol occupé par Jérusalem, s'explique aisément si l’on se rend compte avec quelle formidable impétuosité ont dû se précipiter les eaux pour descendre, sur un parcours d’à peine 27 kilomètres à vol d'oiseau, d’une hauteur de 1.160 mètres depuis le point initial jusqu’à leur embouchure.

La vallée du Cédron prend naissance à 2 kilomètres au nord-ouest de la ville, près du tombeau dit des Juges, à une altitude de 765 mètres. A son début, elle est large et peu déprimée; son sol, quoique pierreux, est arable et parsemé d’arbres parmi lesquels domine l’olivier. Les beaux sépulcres creusés dans les bancs rocheux qui l’encadrent par-ci par-là, indiquent qu'elle servait jadis de nécropole à l’aristocratie juive de Jérusalem.

Après avoir suivi la direction du sud-est sur un parcours d’un kilomètre, elle plie vers l’orient sous le nom de ouädi el-Dj67, « vallée des Noyers », laisse à droite le sépulcre d'Hélène d’Adiabène, dit tombeau des Rois, et longe, à gauche, le pied du mont Scopus sur une distance d'environ 6oo mètres, à 720 mètres d’altitude. Puis elle se retourne brusquement à angle droit vers le midi, formant à sa boucle un fertile bassin triangulaire, ombragé de nombreux oliviers. On l'appelle e/-Qäah, « le Champ ». De ce point (alt. 714 m.) la vallée prend le nom de ouädi Sitti Mariam, « vallée de Dame Marie », à cause du sépulcre de la Vierge qu'elle renferme. Elle se rétrécit, se creuse et devient un véritable ravin qui

sépare la ville de Jérusalem du mont des Oliviers. Le pied de cette montagne est percé de nombreux sépulcres juifs, qui tendent à disparaître sous les coups de mine des carriers. Après avoir dépassé de 400 mètres l’angle nord-est de la cité, elle laisse à droite le Æaram esch- Schérif, et à gauche l’église souterraine du tombeau de la sainte Vierge, la Grotte et le Jardin de Gethsémani. En cet endroit, à l’ouest du’ pont, débouche un profond ravin qui a presque disparu sous les décombres. Il prend naissance au nord de la porte d'Hérode, traverse obliquement l'angle nord-est de la ville et en sort sous la grosse tour judaïque qui s'élève à l'angle nord-est de l’enceinte du Temple. Au-devant du débouché du ravin, la route, qui contourne la ville au nord et à l’est et qui vient d’être rejointe par celle de la porte de Saint- Étienne, se replie vers lorient et traverse la vallée du Cédron sur un pont.

Ce pont, d’une seule arche de construction arabe, occupe, sans contredit, à peu près la même place que celui qui franchissait le torrent à l’époque de Notre- Seigneur; car, de côté et d’autre, un escalier colossal avait été taillé dans le rocher. Dans la Description des Lieux saints par un pèlerin arménien, qui, à notre avis, appartient au commencement du v*° siècle, il est dit: « De là (de l’endroit où les Juifs troublèrent les funérailles de la sainte Vierge), deux cent cinquante marches en pierre conduisent en bas au tombeau de la Vierge, dans la vallée de Gethsémani; de là au mont des Oliviers d'où le Christ s'éleva (au ciel), il y a huit cents marches (1). » Dans la Wie de saint Pétrone, pèlerin de Terre sainte vers 420, il est question du grand escalier

(1) Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, Londres 1806,

DESCRIPTION DE LA VALLÉE DU CÉDRON. eus

en pierre sur les flancs du mont des Oliviers (1). Puis, le pèlerin de Plaisance, dit Antonin (c. 570), parle de celui qui de la vallée du Cédron monte à Jérusalem (2). Enfin, l’auteur du Commemoralorium de casis Dei compta, vers 808, cent quatre-vingt-quinze degrés descendant de Jérusalem au fond de la vallée de Josaphat, et cinq cent trente-sept montant de la vallée au mont des Oliviers (3).

En effet, lorsqu'en 1888 on construisit au-dessus du Jardin de Gethsémani l’église russe de Sainte-Marie- Madeleine, on a mis au jour, au nord du monument, une belle portion de ce gigantesque escalier. Les marches, taillées dans la masse avec beaucoup de soin et de régularité, ont deux mètres de longueur. Du côté de la ville, l'escalier est enseveli sous d'énormes masses de décombres, sauf à son extrémité inférieure. Là on voit d’abord trois degrés descendant vers le sud-est. Plus haut, au delà d’une sorte de palier incliné et d’une superficie d’environ vingt mètres carrés, on en aperçoit trois autres dirigés de l’ouest à l’est. Ces marches étaient au moins deux fois plus longues que celles d’en face au mont des Oliviers, mais elles se sont moins bien conservées, parce que les pèlerins, qui depuis les premiers siècles du christianisme y ont vénéré le lieu de la lapidation de saint Étienne, en ont emporté des parcelles comme pieux souvenirs (4).

Cet escalier montait d’abord vers l’ouest, jusqu’au fau-

p. 348. — Pour la date de ce traité, voir notre ouvrage : Le Prétoire de Pilate, Paris 1902, p. 169-176.

(1) Publication de l'Orient latin, Itinera Hierosol., t. IT, éd. Molinier et Kohler, Genève 1885, p. 146.

(2) P. O. L., Itinera Hierosol., latina, t. I, éd. Tobler et Molinier, Genève 1879, p. 101.

(3) Tbid., p. 304.

(4) Après d'innombrables discussions autour de cette question si agitée

bourg de Hanouyôth, « des Boutiques », qui s’étendait tout le long du mur oriental de l'enceinte sacrée, et qui était protégé par un rempart dont les ingénieurs anglais ont retrouvé, sous terre, les vestiges, avec ceux d’une porte à environ 17 mètres à lorient du mur du Temple près de la porte Dorée (1). Cette enceinte extérieure est clairement décrite dans II Æsdras, 11, 27-32. Elle formait la prolongation du mur d’Ophel, et était percée par deux portes : celle « des Chevaux », que les ingénieurs anglais ont retrouvée en 1902 près de l'angle sud-est-du Æaram esch-Scherif, en face des Écuries de Salomon, et « la porte Orientale » au nord de la précédente. On y lit ensuite (v. 31) que le rempart a été restauré « jusqu'à l’habitation des Nathinéens et des mar-

depuis trente ans, le P. Siméon Vailhé, des Pères Augustins de l’Assomption (Les églises Saint-Étienne à Jérusalem, dans Revue de l'Orient chrétien, t. XII, Paris 1907, p. 70-89), a démontré péremptoirement, d’après des documents nombreux etirrécusables, que la première église de Saint-Étienne à Jérusalem a été fondée et consacrée par lévêque Juvénal entre l’année 422 et l’année 430, et cela à l'ortent de la ville, c’est-à-dire dans la vallée du Cédron, et au lieu traditionnel de la lapidation du protomartyr.

En 455, l’impératrice Eudocie fit bâtir au nord de la ville une vaste et somptueuse basilique en l'honneur de saint Étienne, son patron spécial. Elle la destina pour sa propre sépulture et y érigea un splendide mausolée pour recevoir les reliques du saint diacre. Sentant sa fin

s'approcher, l’impératrice fit consacrer la basilique le 15 juin 460, avant.

qu’elle ne fût achevée, Aucun pèlerin ni écrivain antérieur au xr° siècle n'indique au nord de la ville le lieu de la lapidation de saint Étienne. Les Croisés rebâtirent la basilique d'Eudocie, croyant qu’elle avait été élevée au lieu même du martyre de saint Étienne. Mais après leur départ, Wilbrand d'Oldenbourg (1211), Ricoldo de Monte Croce, O.P. (1286) et tous les pèlerins occidentaux antérieurs aux dernières années du xix° siècle (sauf un ou deux), suivirent de nouveau la tradition des Orientaux, qui n’a cessé d'indiquer ce Lieu saint dans la vallée de Josaphat, au bas de l'escalier qui descendait du Temple. Cette même thèse a été développée par le chanoine Dr C. Mommert, Saint-Étienne et ses sanctuaires, Jérusalem 1912. ;

(1) Survey of Western Palestine, Memoirs, Jerusalem, Londres 1884, P. 144-145.

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DESCRIPTION DE LA VALLÉE DU CÉDRON.. ñ

chands, vis-à-vis de la porte Miphcad et jusqu’à la chambre haute du tournant ». Puis vient la porte des Brebis. La porte de Miphcad, qui veut dire Judiciaire, est, de l'avis commun, la porte Dorée, par laquelle se rendaient au Temple ceux qui venaient du côté de l’orient (cf. Matth., xx1, 0; — Luc., x1, 45). « La salle haute du tournant » ou « de l’angle » semble bien être le Beth Hanôth, palais qui, d’après le Talmud, occupait l'angle nord-est du hiéron, et qui servait de tribunal au petit sanhédrin, ou conseil de vingt-trois membres, chargés de juger les causes civiles de moindre importance (1). Le site de Beth- Hanôth, appelé ainsi à cause de son voisinage du faubourg des marchands, Hanouyôth, répond exactement à celui de la grosse tour qui s'élève dans le ravin (2). Près de l'enceinte du faubourg, l'escalier s’était bifurqué; une branche gravissait le flanc méridional du ravin pour aboutir à la porte Orientale, à peu près vis-à-vis de la porte Dorée, comme nous l’apprend explicitement l’ancien

(1) C. Schick, Der Tempel in Jerusalem, Berlin 1896, p. 148.

(2) D’après les Talmudistes, le grand Sanhédrin, terrifié par les événements extraordinaires qui eurent lieu au Temple quarante ans avant sa destruction, quitta le conclave du Gazith situé au sud du parvis d'Israël, et se rendit au Hanôth, et du Hanôth il descendit à Jérusalem. (Talmud Hierosol. Ioma, trad., fol. 43,3; — Ghemara Babyl., De Sinhed., fol. 41.) Josèphe (Bell. IV, v, 3), qui rapporte ces événements avec plus de détails, fait remonter ces faits prodigieux, les uns, à un an, à quatré ans et à sept ans avant la ruine de Jérusalem; quant aux autres, comme l'ouverture spontanée de la porte en bronze, il ne fixe aucune date. Comme « les quarante ans » du Talmud offrent un chiffre sacré qui peut être pris pour un chiffre rond, et que la durée du séjour du grand Sanhédrin au Hanôth reste inconnue, on ne sait pas si saint Étienne a été condamné à mort au Gazith, ou au Hanôth, plutôt que dans le troisième palais du Conseil, que Josèphe appelle Bourg (Bell., V, 1v, 2) et Bouxeurhoioy (1bid., VI, vr, 3. — Cf. le texte grec de Matth. xxvir, 15 — Marc, xv, 1; — Act., iv, 5). L’historien juif (loc. cit.) indique la troisième résidence du grand Conseil dans la vallée, à l’ouest du Sanctuaire, près de la jonction de la première enceinte de la ville avec celle du Temple, c'est-à-dire près de Mehkémé, le tribunal.

pèlerin arménien, qui, arrivé du mont Sion, écrit : « Derrière la ville, à l’endroit où les Juifs arrêtèrent le cercueil de la sainte Vierge, ne voulant pas permettre de l’ensevelir, se trouve une coupole sur quatre. colonnes de marbre, couvertes de croix en bronze. De là, deux cent cinquante marches en pierre descendent au tombeau de la Vierge dans la vallée de Gethsémani (1) ». Le convoi funèbre, parti du mont Sion pour Gethsémani, n’a pu être attaqué par les Juifs qu’au midi du ravin, et c’est là que le pèlerin trouva l'escalier qui descendait dans le vallon, pour suivre son lit jusqu’à son débouché dans la vallée du Cédron. Saint Willibald (723-726), qui vint également du mont Sion, rencontra aussi avant de descendre à Gethsémani « hors de la porte de la ville, une grande colonne surmontée d’une croix », qui marquait l'endroit où les Juifs voulurent profaner le corps de la sainte Vierge (2).

Le pèlerin de Plaisance est monté par l'escalier du ravin pour arriver « à la porte de la ville (3) ». L'auteur du Commemoratorium l’a rencontré « en descendant de Jérusalem dans la vallée de Josaphat (4) ». On ne saurait donc guère douter que l'escalier taillé au fond du vallon ne se soit bifurqué devant le mur du Hanouyôth; tandis qu'une branche montait au midi vers la porte Orientale, l’autre avait été taillée sur le flanc septentrional, vers la porte des Brebis. Remarquons que près de la porte de Saint-Étienne le roc a été rencontré à 7 mètres au-dessous du sol actuel, ou à 20 mètres au-dessus du lit du vallon, au-devant de la grosse tour d’angle.

Op. cit." loc. (cit:

) Op. cit., Sanctim. Heydenh. Hodæporicons. Willibaldi, p. 265. ) Op. cit., loc. cit.

A) OPeCITEMIOCACU:

DESCRIPTION DE LA VALLÉE DU CÉDRON. tee

Selon toute probabilité, ce grandiose escalier double aura été entrepris peu après la construction des immenses . bassins de Bethesda aux cinq portiques (Jean, v, 2), du Birket Israil et de la tour d’angle, établis tous au fond du ravin, qui dès lors a cessé d’être un torrent d'hiver. Le P. H. Vincent, parlant de ces mêmes escaliers, dit que «la grande voie à degrés. faisait communiquer les portes orientales de la ville et du Temple avec le mont des Oliviers aux temps romains et probablement bien avant, sous une forme plus négligée (1) ».

(1) Jérusalem, t. 1, p. 70, Paris 1912: — La lapidation de saint Étienne dans la vallée du Cédron est un fait si bien établi, que M. l'abbé L. Heïdet, partisan a principio du martyre du diacre au nord de la ville, soutient que, d’après Josèphe, la vallée supérieure du Cédron n’est autre que le ravin qui débouche à l’ouest du pont, monte à la porte d'Hérode et prend naissance au sud-est de l’École biblique des Pères Dominicains (Ist das Heiligtum des hl. Stephanus echt? dans Das heilige Land, Cologne 1917, p. 129-137). Remarquons d’abord que longtemps avant saint Étienne et l'historien juif le ravin latéral se trouvait barré par le rempart du faubourg, par l’enceinte du Temple avec sa grosse tour, par l'immense piscine dite Birket Israil, qui a 20 mètres de profondeur, et, plus au nord, par celle de Bethesda qui a une profondeur d’une quinzaine de mètres avec une capacité de 45.000 mètres cubes. Le sol environnant a été exhaussé jusqu’à la hauteur des bassins, puisque celui de Bethesda était couronné d’un quintuple portique (Jean, v, 2). Certes, ce n’est pas la faible dépression du Sol près de l’actuelle porte d'Hérode que Josèphe appelle « la vallée du Cédron, jusqu'où s’étendait le mur construit par Agrippa I° au nord de la ville, et qui séparait celle-ci du mont des Oliviers ». (Bell. jud., NOM I25e AV UT etc)

M. Heidet soutient, en outre, que les escaliers taillés sur les deux flancs de la vallée du Cédron étaient l'œuvre des chrétiens byzantins, qui les ont créés pour leurs processions liturgiques. Il n’avance qu’un seul argument à l’appui de sa thèse, celui du silence. Avant le vi° siècle, dit-il, il n’en est pas question. Le Pèlerin de Bordeaux (333) est le premier écrivain qui nous apprend qu’un escalier de trois cents marches montait au Garizim. Cet escalier était-il pour cela l’œuvre des chrétiens? Ÿ a-t-il un indice dans le Typicon, le processionnal grec, ou dans les relations des pèlerins, qu'on faisait des processions liturgiques sur des escaliers, ou bien qu’on en ait fait une aux ruines soit du Temple, soit de la porte Dorée? M. Heidet n’en sait rien, semble-t-il.

En amont du pont, le lit du torrent se dessine à peine. Depuis l’e/-Qäah (714 m.) jusqu’au pont, la pente est assez douce, ne comportant qu’une différence de niveau de 19 mètres sur un parcours de 770 mètres, de sorte que les eaux de pluie sont absorbées par la masse de terre qui encombre le fond de la vallée. En ce point, le lit primitif du Cédron a été retrouvé à une dizaine de mètres plus rapproché du mont Moriah qu'il ne l’est aujourd’hui, et de trois à quatre mètres en contre-bas du niveau du sol de l’église de la Vierge (1).

Si l’on a creusé ce sépulcre si bas au bord d’un torrent d'hiver, c’est sans doute parce que là s'étend un banc de la belle pierre blanche appelée malaky, « la royale ». Cette pierre, dense et homogène, apte à recevoir les plus fines sculptures avec le poli du marbre, et résistante aux dégradations atmosphériques, était recherchée pour l’excavation des hypogées. Le grand banc de malaky, criblé de sépulcres juifs, contre lequel est bâti le village de Silouän au midi, s’abaisse vers le septentrion et disparaît sous terre à une faible distance au nord du tombeau d'Absalon. « Il ne devient plus visible qu’une fois, écrit le D' Max Blanckenhorn, sous terre, dans le souterrain du tombeau de Marie (2) ». Le stratum qui vient au-dessus, le m1771 hélou, pierre douce, forme une masse moins homogène, souvent crevassée et caverneuse. C’est dans cette roche qu’est creusée la grotte de Gethsémani, dont le sol est à* 8-mètres au-dessus du niveau de celui de l'église voisine, et à une douzaine de mètres au-dessus

(1) Confrontez les altitudes du sol actuel d’après l'Ordnance Survey of Jerusalem, Londres 1868, avec Kuemmel, Karte der Materialen zur Topographie des alten Jerusalem, Leipzig, 1904, quiindique les contours rocheux.

(2) Geologie der nühere Umgebung von Jerusalem, dans Zeitschrift d. D. P.V., t. XXVIII, Leipzig 1905, p. 88-80.

DESCRIPTION DE LA VALLÉE DU CÉDRON. jé

de l’ancien lit de la vallée. Elle s’ouvre à une centaine de mètres de l’ancien lit et a conservé jusqu’aujourd’hui son entrée primordiale dans le flanc nord-ouest (1).

Quant à l’hypogée où la sainte Vierge reçut la sépulture, déjà au v°siècle ses abords se trouvèrent tellement encombrés que, pour y établir une église, on dut renoncer à son entrée qui faisait face au Temple, et en ménager une au midi, où l’on y descendait par le moyen d’un grand escalier d’une vingtaine de marches. Cet exhaussement du sol doit être attribué, d’un côté, aux amas de décombres qui furent jetés par-dessus le mur sur cette pente escarpée, lorsque au temps d’Adrien on déblaya l’esplanade du Temple et que l’on reconstruisit la ville. D'un autre côté, il est dû surtout aux eaux de pluie qui ont raviné les flancs du mont des Oliviers, principalement après le déboisement de la montagne, la création d’un camp retranché sur la cime, et l'érection, à mi-côte, du célèbre mur de circonvallation pendant. le siège de Jérusalem par les Romains, l'an 70 ap. J.-C. (2). Depuis, le sol continua à s’exhausser de siècle en siècle autour de l’église, comme devant la grotte (3).

En aval du pont, la vallée se resserre et s’affaisse rapidement. Le lit du torrent devient perceptible par intervalles: mais même vers le midi, il ne forme un petit cours d’eau que pendant les grandes pluies d’hiver. A: 320 mètres du pont supérieur, elle forme déjà une véritable gorge, et est traversée par un second pont, également d’une seule arche de construction assez moderne.

(1) Au chapitre 1x. nous démontrerons péremptoirement que la grotte de Gethsémani n'a jamais eu d’autre entrée que celle qu'on y voit aujourd’hui.

(2) Bell. jud., éd. Dindorf, V, 11, 35 — V, x, 2

(3) Voir plus loin au chapitre xt.

Celui-ci remplace aussi, sans doute, un pont antique qui donnait accès à la porte des Chevaux que II Esd., 11, 28 indique dans ces parages, dans l'enceinte extérieure du faubourg des marchands. Elle s’ouvrait en face des vastes souterrains du Haram appelés Écuries de Salomon. La Bible nous apprend que l’impie Athalie, arrêtée au Temple, a été mise à mort « à l'entrée de la porte des Chevaux de la maison du Roi (1) ». Josèphe, qui raconte le même épisode, ajoute que le « chemin des Chevaux descendait dans la vallée du Cédron (2) ».

C’est de ce même côté que, d’après la tradition, saint Jacques le Mineur a été précipité de la « tour du Temple », puis entraîné au fond de la vallée pour y être lapidé. Un foulon l’acheva avec son maillet (3).

Au temps de Notre-Seigneur, le torrent du Cédron était donc franchi dans ces parages par un second pont, d'où partait la montée à l’Ophel, et de là au mont Sion. Mais autrefois la pente de la montagne a été beaucoup plus raide et la vallée plus profonde. Celle-ci a été envahie par la coulée des décombres qui ont reculé son lit vers l’orient. À 73 mètres au midi du Æaram esch-Schérif, les ingénieurs anglais ont constaté que le flanc rocheux de la vallée, actuellement caché par les éboulis, tombe presque à pic, et ils ont retrouvé le lit primitif à 10,20 sous terre, et 35 mètres à l’ouest du lit actuel.

En face du pont inférieur, sur le flanc gauche de la vallée, commence une série de monuments qui s’alignent du nord et au sud. Deux sont des sépulcres juifs creusés

(1) IE Paral., xxin, 15, — Cf. IV (IT) Reg. xt, 16.

(2) Ant. jud., IX, vu, 3. — En effet, près de l'angle sud-est du Haram esch-Schérif, les ingénieurs anglais ont constaté sousterre, dans le mur de la ville, l'existence d’une porte en ruines.

(3) Saint Hégésippe (c. 120), De historia martyris Jacobi, fratris Domini, cité par Eusèbe, Migne, P. G., t. V, col. 1308-1313.

. dans le roc, et deux autres des édicules excavés de la masse rocheuse. Comme il en est question dans la plupart des relations laissées par les pèlerins, nous devons rappeler l’époque de leur construction.

Des deux tombeaux, celui dit de saint Jacques est seul visible aujourd’hui. Il est creusé bien haut dans la paroi verticale de la montagne avec une façade d'ordre dorique. Le vestibule a 5 mètres d'ouverture et est soutenu par deux colonnes au milieu, et par deux pilastres pris dans la masse aux extrémités. Mais il est d’un dorique peu ancien, comme le prouve la largeur des entrecolonnements, les proportions élancées des colonnes, l’absence de cannelures, la forme écrasée des chapiteaux, la multiplicité des triglyphes, les métopes plus longues que larges et sans ornement, le profil de la cor-. niche qui est égyptienne, etc. Ce tombeau a un air de parenté avec celui d'Hélène d’Adiabène, dit des Rois, qui a été construit entre l’année 44 et l’année 70 de notre ère.

Sur l’architrave est gravée une inscription hébraïque en trois lignes, d’après laquelle le monument servait de sépulture à huit personnages qui y sont nommés et qui appartenaient à la famille Hézir (1). L’alphabet de l’inscription est presque de l’hébreu carré avec quelques lettres de transition du système ancien. Or, on sait que les lettres hébraïques prirent peu à peu la forme carrée au n°siècle avant notre ère jusqu’au r°siècle après J.-C. Comme ce monument n’a pas pu être exécuté après la destruction de Jérusalem en 70, l'archéologie, la paléographie et l'induction historique s’accordent à faire remonter

(1) Hézir était le chef d'une famille sacerdotale (1 Paral., xXIV, 15. Cf. Il Esd., x, 20).

cet hypogée à la dernière époque asmonéenne ou au temps d'Hérode (1).

Théodose, vers 530, semble avoir en vue ce tombeau au triple entre-colonnement quand il dit : « Saint Jacques, saint Zacharie et saint Siméon reposent dans un même sépulcre, que saint Jacques lui-même avait fait construire, et dans lequel il a déposé leurs corps, ordonnant qu'on le déposerait lui aussi avec eux (2). » D’après une tradition du moyen âge, l’apôtre se serait réfugié dans ce sépulcre après l'arrestation de Jésus à Gethsémani, et s’y serait tenu caché jusqu’à ce que le divin Maître ressuscité lui fût apparu, comme le rapporte saint Paul, 7 Corinth., xv, 17. En tout cas, ce n’est pas dans ce monument que le saint évêque a été enseveli mais dans le voisinage, au lieu de son martyre, d’après saint Hégésippe. Celui-ci ajoute que de son temps (au n° siècle) on voyait encore le cippe qui marquait le lieu de sa sépulture (3). Au lieu traditionnel du tombeau de saint Jacques, près du pont inférieur, au nord, on a construit un monastère et une église avant le vu*siècle. [l fut rebâti au xn° siècle par les Latins, et il semble même qu’au commencement du xiv® siècle quelques moines latins se sont logés passagèrement dans ses ruines (4). Vers la fin du siècle suivant, on a fixé au sépulcre juif le souvenir de la tombe de saint Jacques et celui du couvent bâti en son honneur. Aujourd'hui on se contente de l'appeler « tombeau de Saint-Jacques ».

À 50 mètres au nord du tombeau de saint Jacques,

(1) Melchior de Vogüé, Le Temple de Jérusalem, Paris 1864, p. 44-

(2) tin. lat. Tobler et Molinier, t. I, p. 66.

(3) Op. cit., loc, cit.

(4) Nous aurons l’occasion d’en parler plus loin, chapitre 1x.

en face du pont, s'élève le tombeau dit d'Absalon, édicule complètement isolé de la masse rocheuse dans laquelle il a été taillé. À 2",90 derrière ce monument, dans la paroi rocheuse obtenue en l’isolant, s'ouvre une grande porte avec un fronton richement sculpté et orné de gracieux rinceaux et d’acrotères en feuillage. Elle donne accès à un hypogée juif composé de plusieurs chambres funéraires. Depuis le vrr° siècle le peuple le dénomme « tombeau du roi Josaphat ». Or, d’après les Écritures saintes, ce pieux roi a été enseveli dans le tombeau de ‘ses pères, dans la ville de David (III (1) Reg, xx11, 513 — IT Paral., xx1, 1). L'entrée de cet hypogée a été obstruée en ces dernières années par un monceau de terre, qui a envahi le couloir, et où les tombes juives se sont empilées les unes sur les autres.

Le tombeau d'Absalon ne manque pas d'élégance, bien qu'il présente un mélange bizarre de styles divers. La partie inférieure est un cube de 7alak:y de 6 mètres de côté et de 6",50 de hauteur. Deux colonnes ioniques romaines sans cannelures et avec des volutes rigides, et deux demi-colonnes de même ordre engagées dans les pilastres d'angle, ornent chaque face et supportent une architrave étroite et sans bandes. Elle est suivie d’une frise dorique décorée d’une file de 14 triglyphes avec leurs gouttes, et de 13 métopes carrées garnies chacune d’une patère. La corniche est une réminiscence de l’art égyptien. Comme à cette hauteur la pierre royale fit défaut, on a construit le couronnement avec des pierres de grand appareil. C’est un dé carré en retrait, sur lequel s'élève un tambour circulaire. Puis vient un pyramidion surmonté d’un calice rempli d’une touffe de palmes. La hauteur totale de l’édicule est de 14”,60.

Le Pèlerin de Bordeaux prit ce monument pour le

sépulcre du prophète Isaïe (1). Vers le milieu du xri° siècle, le rabbin Benjamin de Tudela y vit le tombeau d’Absalon(2), et c'est sous cette dénomination qu’il a passé depuis pour les Juifs et les chrétiens. Les Arabes l’appellent T'antoûr Firäoun, « la coiffure de Pharaon ». Le monument qu'Absalon s’est fait ériger de son vivant dans la vallée du Roï (Il Reg. (II Sam.), xvur, 8) s'élevait selon Josèphe (Aut., VII, x, 3) « à deux stades de la ville dans la vallée royale ». Mais l’historien juif ne dit pas qu’on le voyait encore de son temps. Le soi-disant tombeau d’Absalon s'élève à moins d’un demi-stade de Jérusalem, et son architecture ainsi que la place qu’il occupe permettent de présumer qu'il est même postérieur à la construction de celui de saint Jacques.

Tout près de ce dernier tombeau, au sud, se dresse un second monument en brique excavé du rocher. Le dé mesure 5",20 de côté et 9 mètres de hauteur y compris l’entablement. Les faces sont également garnies de deux colonnes et de deux demi-colonnes d’ordre ionique romain. L'entablement, privé de frise, se compose de l’architrave, d’un gros tore et d’un cavet égyptien orné d’une file de feuilles d’acanthe. Il se termine par une pyramide carrée de 3",60 de hauteur ettaillée dans le même roc que la partie inférieure.

Au temps du Pèlerin de Bordeaux, cet édicule passait pour le tombeau du roi Ezéchias (3). Cependant, d’après les saintes Écritures ce souverain a été enseveli « dans le lieu le plus élevé des tombeaux des fils de David (4) », c'est-à-dire dans la cité de David.

(1) Jfinerarium a Burdigala Hierusalem usque, éd. Tobler et Molinier, DDC AA D Are.

2) Ed. Th. Wright, Early Travels in Palestine, Londres 1848, p. 84. ‘

( (3) Op. cit., loc. cit.

(4) II Paral,, xxxur, 35. — Cf. IL (IV) Reg., xx, 21.

Vers 670 Arculphe vit d’abord « la tour de Josaphat dans laquelle se trouve son sépulcre », c’est-à-dire le monument d’Absalon et le tombeau voisin; puis deux autres sépulcres, celui de « saint Siméon », qui semble être l’hypogée de « saint Jacques », et celui de « saint Joseph, l’époux de Marie », qui doit être le monolithe du voisinage (1). Benjamin de Tudela ne nomme que deux sépulcres, celui d’Absalon et celui du roi Osias (2), ayant en vue pour ce dernier le monolithe au sud du tombeau de saint Jacques. Mais ici encore, nous savons par les Livres saints qu'Osias ou Azarias, le roi lépreux, a été enterré « avec ses pères dans la cité de David (3) », ou « dans le champ de la sépulture des rois, car on disait : Il est lépreux (4) ». Quant au sépulcre d’Osias, l'opinion des Juifs de Jérusalem au xin° siècle, telle qu’elle est représentée par le rabbin espagnol, n’a trouvé que peu de crédit. Depuis la même époque jusqu’aujourd’hui, les chrétiens veulent y voir le tombeau de Zacharie, père du Précurseur, qui, d’après l'opinion courante au vi* siècle et transmise par Théodose, reposait dans le même sépulcre que saint Jacques le Mineur.

Il est donc évident que la distribution de ces hypogées ne repose sur aucun élément traditionnel, mais simplement sur des conjectures qui ont varié d'époque en époque. D'ailleurs, le monolithe de Zacharie n’est pas creux et n'a pas pu servir à une sépulture; l’édicule d'Absalon ne l’est que dans la partie supérieure du dé excavé du rocher, qui n'offre aucune des dispositions propres aux sépulcres juifs connus. Ce ne sont pas des

(1) Éd. Tobier et Molinier, op. cit., p. 158. (2) Op. cit., loc. cit.

BIATBUAM) PRES. ExV, 17e (4) II Paral., xxvr, 23, GETHSÉMANI. : 2

tombeaux, mais plutôt des monuments commémoratifs, qui rappellent involontairement l’apostrophe de Jésus aux Juifs : « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les monuments des justes (1). »

Le long du mur de la ville et du Æaram esch-Schérif s'étend uncimetière musulman, dont les tombes serrées sont couvertes d'une dalle ou d’un massif en maçonnerie, portant aux deux extrémités une colonnette ou un petit pilier. Mais au fond de la vallée, de vigoureux oliviers et autres arbres fruitiers ombragent les deux rives et atténuent la tristesse du paysage, tandis qu’au delà du pont ‘inférieur cesse à peu près toute végétation. À partir du tombeau de Zacharie, les pentes orientales s’adoucissent et sont envahies par la nécropole de la colonie juive, qui des flancs du mont des Oliviers gagne ceux du mont du Scandale. Partout le sol se couvre de monuments funèbres, entre lesquels ne poussent que des touffes d’iris et de scilles maritimes.

À 275 mètres au sud du tombeau de Zacharie, apparaît, à une hauteur assez considérable, un immense banc de mnalaky, qui s'étend du nord au sud et contre lequel est bâti le village de Siloé, Kefr Silouän. Au nord du village, on aperçoit un édicule de 6 mètres, de long, sur 5 de large et 2"°,65 de hauteur, surmonté d’une corniche égyptienne, taillé tout entier dans le roc, dont il est

isolé de trois côtés. Par sa forme à l'extérieur et sa dis-

position primitive à l’intérieur (2), il ressemble aux hypogées monolithes qui se rencontrent en Egypte. Les deux lettres en hébreu archaïque qui restent encore de l’ins-

(1) Matth., xx1n1, 29:

(2) Son entrée a été exhaussée et sa chambre a subi quelques retouches pour servir de cellule à un reclus du v° au vrre siècle.

Sr

cription qui a été tracée sur un cartouche au-dessus de l'entrée, permettent de faire remonter ce monument jusqu’au temps de Salomon (1). Il n’en est, toutefois, jamais fait mention dans l’histoire ou dans les relations des pèlerins. Mais parfois il y est question des nombreux hermitages installés dans les anciens sépulcres juifs dont le rocher a été criblé, et qui na hui sont masqués par les maisons de Silouän.

Au centre du village le banc bee est ee par les habitants e7-Zahoueiléh. C’est, d’après l'opinion commune des palestinologues, « la pierre de Zohéleth qui est à côté d’En-Rogel (2) », où Adonias, fils de David, avait réuni secrètement ses nombreux partisans, avec l’intention de se faire proclamer roi à l'issue du banquet offert à ses amis. David déjoua le complot en faisant sacrer roi son fils Salomon de l’autre côté de la ville, au Gihon supérieur (3), à l'insu d’Adonias et de ses partisans.

En face d’ez-Zahoueiléh, au pied de l’Ophel, coule l’Aïn Oumm-Darädÿ, « source de la Mère des degrés », appelée aussi par les Arabes chrétiens Ain Sitii Mariam. C’est l’'En-Rogel, « la source de l’Espion ou du Foulon », qui par sa position au fond d’une grotte profonde et son jaillissement avec intermittence en produisant chaque fois un singulier bourdonnement, devait être notoire dans le pays et se prêtait, par conséquent, à servir de jalon dans la ligne de démarcation entre Benjamin et Juda (4), et à offrir une excellente cachette aux émissaires de David, Jonathas et Achimas (5).

(1) Clermont-Ganneau, Archæological Researches, Londres 1899, Parois:

(2}TIL-() Reg, 1, 9.

(3) III (D) Reg., 1, 11-53.

(4) Jos., xv, 85 — xvrnr, 6.

(5) I Rep. (IL Sam.), xvir, 17-18.

En cet endroit, la vallée prend le nom de ouâdi Silouân jusqu'au bir Ayoüb. Elle s'élargit et son sol se couvre de jardins potagers cultivés en terrasses. C’est le Jardin du Roi(1), anciennement irrigué par les eaux d'En-Rogel, qu’un canal à ciel ouvert amenait directement dans la vallée du Cédron.

A 350 mètres de la source, la vallée du Cédron opère sa jonction avec celle de Hinnom, ouâdi Rabäbéh, qui renfermait près de son embouchure, à droite, le hautlieu de Tophet (3), et le champ d’Acel dama (2). Près de leur jonction débouche aussi l’e/-Ouäd, « la Vallée », qui, comme toutes les vallées et vallons de l'intérieur de la ville, ne porte pas de nom propre dans la Bible. Elle traverse la ville du nord au sud et est rejointe d’abord par la vallée transversale, puis par le Tyropéon de Joseph qui divise le mont Sion en deux collines. Elle renferme à son extrémité la piscine de Siloé et un immense réservoir appelé dans Néhémie, 11, 14 « l'Étang du Roi ».

Au sud des jardins on rencontre le bir Ayoûb, « puits de Job », qui a 39,65 de profondeur. A la partie supérieure, il est construit en maçonnerie commune sur une hauteur de 15 à 16 mètres{4); puis, sur une profondeur de 9,15 vient une maçonnerie en belles et grosses pierres taillées à la romano-byzantine; la partie inférieure est creusée dans le roc sur un parcours de 8,30. Le puits s'ouvre enfin sur une chambre-citerne, également creusée dans le roc à une hauteur de 6 à 7 mètres(5). Le puits n’est alimenté par aucune source; il ne se remplit que d’eau

(1) IV (M) Reg., xxv, 4. — Jerem., xxx1x, 14. — Nehem., ur, 15. (2) AUD) Res; xx, 10.—1$a., xxx, 33,0 Jerem.,(VIr 31-32. (3) Matth., xx\1r, 8.

(4) Ce puits a été restauré au xu° siècle par Germanus. (Rec. des . des Crois., t. Il, p. 10-11, Paris 1858.) (GB) NAN Emn PARA Our Stat Toro (piuzo

de pluie par infiltration. Ce beau puits-citerne a été entre pris en 514 sur l’ordre de Jean, patriarche de Jérusalem, lorsque la ville se trouvait désolée depuis plus de quatre ans par une terrible sécheresse, et que les deux sources des alentours étaient à sec, comme nous l'apprennent saint Cyrille de Scythopolis (1), Eutychius d'Alexandrie (2) et Moudjir ed Din qui cite une ancienne chronique (3).

À partir du bir Ayoûb, le Cédron tourne au sud-est et descend rapidement à la mer Morte, sous le nom de ouädi en-När, « vallée du Feu ».

® (1) Vita Sabae, xivu, éd. Cotelerius, Eccl. gr. monum., t. III, p. 334. (2) Annales, Migne, P. G., t. CXI, col. 1067. (3) Histoire de Jérusalem et d'Hébron, éd. Sauvaire, Paris 1876, p. 187-188. — Voir notre ouvrage La Ville de David, Paris, 1905, p 113-

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