CHAPITRE III
Bibliographie des œuvres de Ruardus Andala (').
Ruardi Andala philosophiae doctoris et professons, Dissertationum philosophîcarum Pentas, cui adjecta est continuatio ephemeridum aeris atmosphaerici variationum. A mense julio A. 1710 ad mensem junium A. 1712.
Franequerae, apud Franciscum Halmam. 171 2.
In-40, 10 ff. liminaires, 282 pages et 5 ff. pour Tindex à la fin. La 4c dissertation (pp. 133-178) est consacrée spécialement à l'examen de la doctrine métaphysique de Geulincx. Elle porte pour titre : R. Andala dissertatio philosophica quarta, in qua strictim spéciales errores circa noiiones substantiae et causae, circa mentes et corpora particularia, circa decretum, creationem, conservationem et concursum Dei, nec non circa mentis cum corpore unionem, ejus creationem et immortalitatem, notantur, examinantur (^).
L'auteur examine dans cette dissertation, les notions de substance, de cause efficiente, l'union de l'esprit et du corps, etc., chez Geulincx et chez son disciple Willem Deurhoff. Il combat énergiquement leurs idées et signale en passant des analogies avec Spinoza. Cette étude qui ' est la première critique sérieuse des opinions de Geulincx a souvent été mise à profit, spécialement en France, par ceux qui se sont occupés de notre philosophe. On y trouve en effet la reproduction textuelle d'un
(i) Nous ne nous occupons ici que des œuvres qui ont un intérêt spécial au point de vue de Geulincx.
(2) L'édition séparée de cette dissertation porte en plus : quam auspice summo nutnine D, T, O, M, sub praesidio viri CL D. Ruardi Andala ... publiée defendet Wilhelmus Vay,
grand nombre de passages caractéristiques des œuvres du philosophe anversois.
Ruardi Andala phil. et S. S. Theol. doctoris et professons ordinarii, Examen Ethîcae Clar. Geulingii sive dissertationum philosophicarum in quibus praemissa introductione sententiae quaedam paradoxae examinantur, Pentas.
Franequerae apud Wibium Bleck, bibliopolam 171 6.
In-40, 5 ff. lim. et 178 pp. Les liminaires comprennent : le titre, la dédicace à J. Botnia a Burmania, et la préface.
Les respondentâs sont : Zach. L'Epie, Samuel Simon de Chaufepié, Bernard Voocht, Jean Welau et Henri Jonas.
Dans la préface, Andala reconnaît que cette éthique a été recommandée par les hommes les plus érudits et les plus pieux : a foi viris eruditissimis, cl^rissimis, orthodoxis simul et piissimis laudata, commendata, eximiisque elogiis ornaia. Mais, quand on remarque, ajoute-t-îl, combien elle renferme de paradoxes, d*opinions périlleuses et impies, on s'étonne que pendant cinquante ans cet écrit n'ait pas soulevé de censure, alors que des critiques acerbes et injustes s'élevaient contre Descartes et ses sectateurs. Il avoue que les doctrines de Geulincx l'ont aussi entraîné dans sa jeunesse : Me quod attinet, fateor ingeniosissimum et clarissimum auctorem me adoUscentem quoque in suas senientias, sano tamen sensu acceptas, pertraxisse. Mais plus tard, s'adonnant spécialement à la théologie, il y a relevé beaucoup d'erreurs périlleuses ; periculosos errores, (Ce sont celles qui frappent surtout Andala). Il a pris alors la résolution de faire un examen de l'éthique Geulingienne. Avant tout, on commencera par effacer son nom de la liste des disciples de Descartes, auquel il n'a emprunté que pour mieux en imposer au monde instruit.
Suivent les cinq dissertations de ce recueil.
L — Dissertationum philosophicarum in quibus praemissa introductione sententiae quaedam paradoxae ex Ethica Cl. Geulingii examinantur, prima.
Pp. 1-28.
Cette dissertation est une introduction à l'étude (jeulincx. Après avoir parlé de Spinoza, le pire des faux cartésiens {omnium longe pessimus)» de Huet, de Leibniz, de Volder, de Clericus, il en vient à
— iSg —
Oeulincx dont il constate le grand succès. Geulincx, dit-il, fut un professeur éminent. Jnsignia procul dubio habuit dicendi dona. Stylo in sertbettdo usus est adtnodum eleganti, terso, copiosa, jucundo, suas opiniones culfnodum speciose et aùcotnodate^ ad persuadendum proponcre potuit. Hino non est mirum, quod magnant sibi comparavit famam, magnam sui in animis auditorum suscitaverit admirationem. Pâma hujus viri impulsi studiosi bona a malis, utilia a noxiis discernere non valentes (e quorum numéro ipse fui) diligenter dictata vel excerpta hujus viri certatim ut fieri assolet, describebant, mysteria et arcana sapientiae et magis reconditae, et profundioris, in kis manuscriptis/ quam in libris sibi persuadantes. Les typographes ont ainsi livré à leurs presses des manuscrits tout à fait imparfaits et défe;ctueux.
Andala constate que Téthique eut tant de lecteurs qu'on en fit plusieurs éditions et qu'on la traduisit en néerlandais.
On éleva cette œuvre aux nues : Summopere laudata est a pîurimis haec Auctoris Ethica. Viri quoque opiimi plurima ex eadem in sua scripta, sed sensu ortkodoxo, transtulerunt, et pro suis usi sunt, Pateor, Auctorem ingeniosissimum me quoque in suam sententiam de Dec non colendo intuitu renumerationis, de abdicanda cura propriae salutis pertraxisse, eatnque ao 1684 pro gradu consequendo disputantem in corollariis positam défendisse; brevi tamen post theologicis studiis unice intentum rétractasse et abdicasse,
Ândala cite ensuite des passages de Geulincx dans le sens du spinozisme, et conclut en disant que Geulincx et les autres auteurs qu'il a cité en commençant, sont des ennemis clandestins non seulement du cartésianisme mais de toute philosophie.
Andala a soin d'avertir le lecteur, et spécialement les partisans de Geulincx (Geulingii fautores), qu'il a été amené a écrire cette censure, non perverso quodam affectu sed purissimo veritatis vindicandae amore motus,
IL — Dissertationum philosophicarum, in quibus sententiae quaedam paradoxa ex Ethica Cl. Geulingii examinantur, secunda philosophico-theologica quaestio, an intuitu propriae salutis sive aeternae Beatitatis obtinendae gratia, et divinae remunerationis spe, Deum colère liceat?
Pp. 29-70.
Dans cette dissertation, Andala combat une proposition qui se trouve
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partout dans Téthique : à savoir qu'on ne peut honorer Dieu en vue de son propre salut ou dans Tespoir d'une récompense. C'est pour lui le pire amour de soi (pessima philautia) et la source de tous les maux. Andala démontre que Tobéissance et .la piété ainsi entendues, sans la perspective de la récompense et du salut, ne peuvent se concilier avec la véritable piété et le culte de Dieu.
III. — Dissertationum ... tertia, de septem ejus obligationibus.
Pp. 71-140. •
Andala y examine successivement les sept obligations de l'éthique. Ils les avait admises d'abord dans sa Theologia naturalis. Il n'avait pas encore remarqué alors que Geulincx les considérait pro norma et régula universa vivendi et moriendi. Plus tard il y releva encore un grand nombre de choses répréhensibles, qui lui avaient échappé d'abord. (V. introd., no 23). A propos de la 6© obligation qui consiste à chercher des distractions pour l'esprit, il trouve la morale de Geulincx tout à fait abominable : Ego veto hanc ethicam dico malatn korrendam, nefariam et infametn (n^ 24). Il est à remarquer qu'il donne à certains passages, en les isolant, un sens qu'ils n'ont pas chez Geulincx, par exemple à propos des mots debacchari, pergraecari, etc.
IV. — Dissertationum ... quarta, de virtiite in génère, et virtutibus ejus cardinalibus et particularibus.
Pp. 105-140.
Longues et fastidieuses critiques de détail, sans conclusions générales, des idées de notre philosophe sur le fondement de la vertu ainsi que sur les vertus cardinales et particulières.