‹ Ghiberti et son écoleChapitre 15 sur 105 · I. Vasari, édition Milanesi, tome II, page 226, note i · texte numérisé non relu

I. Vasari, édition Milanesi, tome II, page 226, note i

i6 LORENZO GHIBERTI

assassin, craignant, plutôt qu'il ne Tespère, l'intervention divine en faveur de sa victime.

C-est avec raison que M. Miintz a appelé l'Isaac de Ghiberti a la plus belle figure nue que l'art italien eut créée jusque-là sous l'influence des modèles antiques* ». Elle montre que l'artiste a étudié celles-ci non pour les copier, mais pour s'assimiler les principes qui présidèrent chez les sculpteurs grecs à l'étude de la forme humaine, but suprême de Tart. Brunelleschi nourrissait une ambition moins légitime en étudiant Tantique : celle du copiste. J'en juge ainsi par l'attitude du serviteur sur la droite de la composition ; sa pose et son geste ressemblent tellement à ceux de l'enfant qui arrache une épine de son pied, au musée du Capitole, qu'il n'est guère possible de croire à une rencontre fortuite. Il est vrai que Brunelleschi n'est allé à Rome qu'après le concours, et il n'est pas même certain que la statue fût connue à cette époque, car elle est citée pour la première fois parmi les trésors du musée au temps de Sixte IV (1471-1484)2. Mais l'artiste a pu voir quelque réplique ou quelque reproduction; on sait, en effet, que cette figure du ce Spinario » a été plusieurs fois reproduite dans l'antiquité- Il pourrait néanmoins bénéficier du doute, s'il ne s'était permis un autre emprunt : le bélier qui se gratte le front est copié du bas-relief de la Nativité, de Nicolas de Pise, dans les deux chaires de Pise et de Sienne. Le vieux maître pisan, lui aussi, prenait son bien où il le trouvait, mais ce qui est une preuve de génie chez lui, car il copiait des figures antiques pour retrouver les secrets d'un art perdu, n'est chez Brunelleschi qu'une preuve de pauvreté d'invention.

En tout cas, il importe de remarquer que Ghiberti et Brunelleschi se livrèrent à Tétude de Tantique autant que leur préparation insuffisante le leur permit, l'un pour s'en assimiler les principes et Tautre pour en copier les productions.

Au commencement du xv* siècle, Florence ne possédait pas encore les trésors antiques dont elle put avec tant de raison se glorifier sous les Médicis. Ce n'est qu'en 1406 que Niccolô Niccoli, le coryphée des

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