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CHAPITRE II

La première porte du Baptistère. — Les collaborateurs de Ghiberti. — Composition et style de la première porte. — Les statue» d'Or San Michèle. — Les bas-reliefs du Baptistère de Sienne. — Le bouton de chape du pape Martin V. — Ghiberti architecte.

'est le 23 novembre 1408 que Ghiberti reçut la commande de la première porte du Baptistère*. Le contrat l'obligeait à commencer son travail le i^*" décembre suivant, et à le continuer sans interruption, les jours de fête exceptés, jusqu'au complet achèvement. En outre, il devait compléter trois bas-reliefs par an, condition, comme nous le verrons, qu'il ne put point remplir. On lui permit de prendre pour aides son beau-père et d'autres artistes à son choix, et il fut convenu que la corporation fournirait toutes les matières premières nécessaires. La main-d'œuvre devait être payée d'après l'estimation faite par des experts, sans que toutefois les frais pussent excéder deux cents florins par an 2.

Les collaborateurs mentionnés dans le premier contrat conclu avec Ghiberti sont : Bandino di Stefano, Domenico di Giovanni, Giuliano di Ser Andréa, Maso di Cristoforo^, Michèle délia Scalcagna, Donato di Niccolô di Betto Bardi (Donatello), Michèle di Niccolajo, Antonio di Tommaso*, Jacopo d'Antonio da Bologna et Bernardo di Piero.

Quatre ans après que Ghiberti eut commencé le travail, les délégués de la corporation, voyant qu'il avait manqué à la promesse de leur livrer trois bas-reliefs par an, l'obligèrent à signer un deuxième contrat ^.

1. Libro délia prima e délia seconda porta, publié par Tommaso Patch (Antonio Cocchi), 1773.

2. Le ducat, le zecchino, le florin d'or et l'écu d'or, étaient à peu près delà môme valeur, onze ou douze francs (en poids) de notre monnaie. (Burckhardt^ Die Cultur der Renaissance, page 81, note i.)

3. Et non Masoiino da Panicale, qui était en Hongrie à cette époque.

4. Antonio di Tommaso, que M. Milanesi identifie à Mazzingo, orfèvre mentionné par Vasari dans la Vie de Pollajuolo. Son vrai nom est Antonio di Tim* de Mazzinghi, employé à la Monnaie, de 1460 à 1454. (Vasari, édition Milanesi, tome IH, page 289, note 2.)

5. Par le premier contrat, on avait payé à Ghiberti et à ses aides 822 florins, 2O0 soldi et 66 deniers en or. (Vasati, édition Milanesi, tome III, page 235, note 6.)

Par cette convention, datée du i^"^ juin 1407, l'artiste s'engageait à travailler exclusivement aux portes, à moins d'une autorisation spéciale de la corporation, et en outre à attendre pendant une année le bon plaLsir des directeurs après Tachèvement du travail, en cas qu'ils fussent disposés à lui donner de nouveaux ordres ^ Il fut encore entendu que Ghiberti travaillerait chaque jour non férié, pendant la journée entière, comme s'il était payé, et que chaque jour non employé au travail des portes serait déduit du prix fixé, selon le décompte inscrit dans un registre spécial. Il devrait, en outre, travailler lui-même la cire et le bronze, surtout exécuter de sa main toutes les parties fines des bas-reliefs, telles que les cheveux, les nus, etc., qui exigeaient un grand degré de perfection. La corporation fixa son salaire à 200 florins par an, en lui laissant, comme par le premier contrat, le choix de ses collaborateurs. Ceux-ci, à part quelques exceptions, étaient les mêmes que par le passé. On constate la disparition des noms de Michèle délia Scalcagna, de Michèle di Niccolajo, d'Antonio di Tommaso et de Jacopo d'Antonio da Bologna; mais à leur place on trouve ceux de Francesco di Giovanni (surnommé Brusaccio), Cola di Liello di Pietro de Rome, Francesco di Marchetto de Vérone, Giuliano di Giovanni de Poggibonsi (surnommé il Facchino), Antonio di Domenico di Cecilia, Bernardo di Piero CiufFagni*, Zanobi di Piero, Nicolô di Lorenzo, Jacopo di Bartolomeo, Giuliano di Monaldo, Pagolo di Dono (Uccello) ^, Matteo di Donato, Niccolô di Baldovino, Bartolo di Niccolô et trois autres artistes*, dix-neuf en tout, dont la plupart travaillèrent sous Ghiberti de 1407 jusqu'à 1452, D'autres, comme son fils Vittorio qui n'était âgé que de huit ans lorsque la seconde porte fut commencée, n'ont pu donner leur concours à la première.

1. Diaprés Rosenberg (Dohme), page 87. Au commencement de 1407, Ghiberti et ses associés reçurent l'autorisation de quitter la ville^ à toute heure de nuit, avec des lampes allumées et découvertes, singulier privilège dont on ne comprend pas la portée.

2. Né à Florence en i38i, mort en 1457. La cathédrale de Florence possède plusieurs de ses statues. Ciuffagni travailla à Rimini pour Pandolfo Malatesta, de 1450 à 1439.

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