L ANNONCIATION
(Baptistère de Florence.)
battant, dans un cadre richement orné. Chaque bas-relief possède un encadrement spécial, enrichi de feuilles de lierre, orné à chaque angle
d'une tête de prophète ou d'une tête de sibylle. De ces sujets, vingt sont empruntés au Nouveau Testament; les autres représentent les Évangélistes et les Docteurs de T Église.
Nous ignorons Tordre dans lequel ils ont été modelés; considéronsles donc dans Tordre historique des sujets.
I. V Annonciation. — On peut affirmer que de toutes les représentations du même sujet, soit peintes, soit modelées, en Italie aux différentes époques, il ne s'en trouve aucune qui lui soit supérieure par la simplicité, par la grâce, ainsi que par la stricte interprétation du texte de TÉvangile. La Vierge, réfugiée sous un petit portique en style Renaissance, a posé sa main droite sur sa poitrine par un geste d'une humilité touchante; de la gauche elle tient un livre qui laisse deviner qu'elle était en prière lorsque le messager céleste lui est apparu. Sa tête penchée contraste heureusement avec le mouvement de son corps, caché entièrement par des draperies qui le recouvrent jusqu'aux pieds. D'une main, l'ange tient un lis; l'autre est levée en signe de salut. Soutenu par ses ailes à demi déployées^ il touche à peine la terre, tandis que le Saint-Esprit, sous la forme de colombe, descend du ciel. Plus tard, les tendances pittoresques de Ghiberti le portèrent à surcharger de figures ses compositions, mais à cette époque il se maintenait encore dans les limites propres à la plastique, se bornant à introduire tout juste le nombre de personnages nécessaires à son sujet, d'après Texemple donné par André de Pise.
II. La Nativité. — Ce bas-relief nous semble inférieur à V Annonciation. La scène se passe à la clarté des étoiles; on croirait que le sujet représenté est le Repos pendant la fuite en Egypte, n'étaient les deux bergers, dont l'un protège ses yeux de sa main, tandis que Tautre montre TAnge qui descend du ciel pour leur indiquer l'Enfant divin couché sur un plan incliné, près de sa mère. Deux bœufs sont debout près de lui, et saint Joseph est endormi à ses pieds. Les anfractuosités des rochers qui séparent les deux bergers de la Sainte Famille troublent la vue, et l'œil cherche vainement où se poser.
On est également frappé du manque de proportions entre les personnages et les animaux.