‹ Ghiberti et son écoleChapitre 20 sur 105 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

III. VAdoration des Mages. — Dans ce bas-relief, Marie est avant tout femme et mère. Assise à l'ombre d'un portique, elle incline la tête vers l'enfant qu'elle tient sur ses genoux, tandis qu'un des Rois Mages, prosterné à terre, lui baise le pied. Derrière eux, saint Joseph s'appuie contre une colonne. A gauche, deux Mages attendent avec leurs serviteurs qui, bien que placés dans le fond, sont de la même taille que les personnages principaux, et d'un relief égal. Ce n'est que plus tard, quand Ghiberti devint un des maîtres de la perspective, qu'il apprit à graduer l'échelle des proportions et le degré du relief selon la distance des objets.

IV. Le Christ parmi les Docteurs. — Cette composition est trop surchargée, et les plis des draperies des trois Docteurs au premier plan sont trop tourmentés. La Vierge, debout, regarde son divin fils avec une expression hautaine et irritée. Celui-ci, au contraire, assis sur une estrade, dans une niche faisant partie d'une arcade en style Renaissance, discute avec les personnages qui sont à gauche, sans se préoccuper de sa mère.

V. La Tentation. — La conception est si dramatique, l'effet si saisissant et si grandiose, que Ton oublie la petitesse du cadre. Le Christ, d'un aspect grave et sublime, se tient, protégé par les anges, sur un petit monticule, d'où il regarde avec tristesse, et en l'écartant d'un geste expressif, l'ennemi de l'espèce humaine, vieillard hideux, aux ailes de chauve-souris, qui recule sous ce regard^ prêt à disparaître comme les ténèbres devant la lumière.

VI. Les Vendeurs expulsés du Temple. — Ici le Christ, le bras levé, chasse les vendeurs. Hommes et femmes fuient devant lui, éperdus et foulant un des leurs sous leurs pieds. Celui-ci, à terre, occupe tout le premier plan. Au fond, les portiques du Temple profané.

VII. La Barque de saint Pierre. — Le Christ, marchant sur les flots, tend la main à l'apôtre à moitié submergé, et par un regard triste et expressif semble lui reprocher son manque de foi. Derrière eux, l'on aperçoit la barque ballottée par les vagues. L'un des disciples tire les cordages pour replier les voiles, les autres se réfugient vers la poupe gothique du bateau, en manifestant leur terreur.

L'ensemble forme un véritable tableau en bronze, mais on doit se rappeler que le sujet se prête médiocrement à une interprétation plastique.

VIII. Le Baptême du Christ. — Il en est de même de cette composition, quoique ses défauts soient moins sensibles. Rien de plus foncièrement ghibertesque, pour ainsi dire, que le saint Jean qui, le bras étendu, la tête et le pied droit en avant, verse l'eau sur la tête de Jésus debout au- milieu des flots. Le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, descend vers lui. A droite, on aperçoit un groupe d'anges, dont les mouvements offrent ces lignes arrondies, si chères au maître.

IX. La Transfiguration. — Cette composition est divisée en deux parties, d'après le mode de représentation traditionnelle. Le Christ, dont les mains sont levées comme pour exprimer sa félicité, se tient sur le haut d'un monticule, entre Moïse et Élie. Dans le bas, les trois disciples, prosternés à terre, cachent leurs yeux éblouis par la vision céleste.

X. La Résurrection de Lazare. — Cette composition réunit deux scènes successives de l'histoire de Lazare : à droite, la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie sur la route de Jérusalem à Béthanie; à gauche, la résurrection de Lazare qui, enveloppé dans son linceul, et sans toucher du pied la terre, apparaît à l'entrée de la grotte. Une femme, vue de dos, lui porte des vêtements; les disciples rangés dans le fond avec plusieurs Juifs expriment l'étonnement que leur cause cette apparition.

XI. V Entrée du Christ à Jérusalem. — Entouré de la foule qui se presse autour de lui, le Sauveur, monté sur un âne, se dirige vers la ville, dont les portes se dessinent dans le lointain entre les arbres et les rochers. Un jeune homme étend un manteau sur son passage. Un enfant à genoux et une femme vêtue d'une longue robe flottante occupent la droite de la composition.

XII. La Sainte Cène. — Ici, les disciples sont rangés de chaque côté de la table. Jésus et le disciple bien-aimé occupent Textrême gauche. Derrière eux, un élégant portique, avec une corniche projetant

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