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STATUE DE SAINT ETIENNE

(Or San Michèle.)

tion des fabricants de tissus de laine (arte délia lana) lui commanda une statue de saint Etienne, leur patron, pour être placée comme les précédentes dans une niche, à l'extérieur d'Or San Michèle. Sur le

contrat nous n'avons aucun détail, mais il est probable qu'il fut aussi explicite que les précédents. Le Saint Etienne est indubitablement la meilleure des trois statues et parmi les ouvrages de ce genre le plus parfait que Ghiberti ait exécuté. Le saint tient l'Évangile de la main gauche, tandis que la droite est levée comme pour révéler les vérités saintes pour lesquelles il devait subir le martyre. La douceur du caractère est peinte sur le visage, et l'ensemble a assez de mouvement pour donner l'illusion de la vie.

La plupart des sculpteurs florentins de la Renaissance travaillaient autant pour les amateurs du dehors que pour leurs concitoyens. C'est ainsi que l'on trouve des ouvrages de Donatello à Sienne, à Padoue et à Naples; des ouvrages de Michelozzo à Montepulciano, à Milan et à Naples; Antonio Rossellino et Benedetto da Majano sont également représentés à Naples, de même que Mino da Fiesole à Rome. Ghiberti, au contraire, ne travailla que pour Florence, sauf un seul cas : nous voulons parler des deux bas-reliefs en bronze doré pour les fonts baptismaux du Baptistère de Sienne. La forme hexagonale des fonts permettait la juxtaposition de six bas-reliefs; les deux premiers ont pour auteurs Turino di Sano et son fils Giovanni, orfèvres et sculpteurs siennois ; un autre, Giacomo délia Quercia ; un autre, Donatello ; les deux derniers enfin, Ghiberti. Notre artiste en reçut la commande le 20 mai 1417*, pendant qu'il travaillait à la statue de saint Jean, mais il ne les livra que dix ans après. Le contrat, cependant, l'obligeait à terminer le premier des deux reliefs, le Baptême du Christ, dix mois après la signature du traité, et de soumettre l'œuvre à des experts avant de procéder à la dorure, « afin, dit l'acte, qu'on puisse examiner si le travail convient et prendre des avis et informations à ce sujet autant quon le désirera », Pour le second bas-relief, représentant Saint Jean conduit devant Hérode, on stipula les mêmes conditions de temps et d'arbitrage, avec cette clause supplémentaire « qu'il serait exécuté comme le premier, et plus parfait si possible ». On autorisa, au début des travaux, le trésorier à faire à Ghiberti l'avance

I. Milanesî, Documenti per la storia delV arte senese, tome l*', page 89.

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