Édition Milanesi, tome II, page
de 1428, y resta jusqu'à la suppression du couvent, sous la domination française, A ce moment elle fut volée, brisée, et les morceaux vendus au poids du métal. Plus tard, un heureux hasard ayant fait retrouver les divers fragments, on les rassembla avec le plus grand soin et Ton parvint à reconstituer la châsse. Celle-ci fut déposée au musée des Offices, d où elle a été dernièrement transportée au Bargello^ Elle est de forme oblongue, avec un couvercle décoré d'arabesques. Nous savons, par la déclaration de biens de Ghiberti, qu'en 1427 la châsse était terminée, car, à la date du 8 juillet, il dit : a J'ai dans mon atelier une châsse en bronze faite pour Çosme de Médicis. » C'est la seule commande qu'il exécuta pour cet homme illustre, qui paraît avoir eu beaucoup moins de rapports avec Ghiberti qu'avec les autres coryphées de l'art florentin ^ Ses goûts, ses habitudes de collectionneur, ses prétentions au titre de Mécène, le mettaient constamment en relations avec ceux-ci; s'il négligea Ghiberti, c'est probablement parce qu'il était mal disposé envers lui à cause de sa conduite à l'égard de Brunelleschi. Cosme, grâce à ses connaissances spéciales en architecture^, appréciait à sa juste valeur le maître de l'art de bâtir par excellence; il savait parfaitement distinguer entre les vrais et les faux architectes, et il n'est guère surprenant que Ghiberti ne lui ait pas été très sympathique.
La châsse des trois martyrs exécutée pour Cosme procura à Ghiberti la commande d'une autre châsse, destinée à recevoir la tête du bienheureux saint Zanobi, ancien évêque de Florence^. La décision relative à cette châsse fut prise en 1409*, mais ce ne fut que dix-neuf ans plus tard que l'on résolut de la placer dans la cathédrale et que les conseillers, d'accord avec les théologiens, peintres, sculpteurs et autres personnages honorables, appelés à donner leur avis, se déci-
1. Rio dit, en exagérant d^ailleurs, « que les Médicis, si prodigues de faveurs envers Donatello, Dello et Paolo Uccello, n^en laissèrent jamais tomber une seule sur Tartiste dont Florence s'enorgueillissait le plus... » {De VArt chrétien, tome I*% page 322.)
2. Selon Bisticci, a on n^édifiait rien à Florence sans solliciter Tavis de Cosme ^, ce qui prouve la haute estime qu*on avait pour son goût et son savoir.
3. A la fin du xvii* siècle, le corps de saint Zanobi fut retiré de la chapelle souterraine où il avait reposé, pour être mis avec la tête dans la châsse de Ghiberti. (Vasari, édition Milanesi, tome I*"", page 543, note 2.)