‹ Ghiberti et son écoleChapitre 67 sur 105 · PS S · texte numérisé non relu

PS S

Ghiberti décrit son ouvrage dans les termes suivants (Deuxième Commentaire) :

« Quand le pape Eugène vint résider à Florence, il me commanda une mitre d'or dont le métal pesait quinze livres et les pierres cinq livres et demie. Ces pierres, rubis, saphirs, émeraudes et perles, dont six étaient grosses comme des noisettes, furent évaluées par les orfèvres de la ville à 38,ooo florins *. La mitre fut enrichie de figures et d'ornements nombreux. Sur le devant, Notre-Seigneur, assis sur un trône, entouré d'anges, et, sur le côté opposé, la Madone dans la même attitude. Le bord de la mitre contenait les quatre Évangélistes et des anges de petite dimension. Le tout était d'une grande magnificence. »

Quand le Saint- Père, après un séjour de deux ans, retourna à Rome^, il emporta Tœuvre splendide de Ghiberti pour la placer dans le trésor pontifical, à côté de celle que le même artiste avait exécutée pour son prédécesseur, le pape Martin V. Nul doute que ces deux chefs-d'œuvre d'orfèvrerie n'aient été fondus par Benvenuto Cellini avec bien d'autres trésors, au château Saint-Ange, lors du siège de Rome, en i527, par ordre de Clément Vil '^ qui se trouvait à court d'argent.

Nous ne connaissons pas d'autres travaux d'orfèvrerie de Ghiberti*, à l'exception de celui qu'il exécuta pour Giovanni de' Medici et dont il parle dans le Commentaire déjà cité, comme datant de la même époque. « J'ai monté en or, dit-il, une cornaline de la grosseur d'une coquille de noix, sur laquelle quelque grand maître de l'antiquité avait gravé trois figures. Je fis un dragon dont les ailes étaient à demi déployées. Avec la tête baissée il soutenait de son cou recourbé la pierre qui repose entre ses ailes. Le dragon ou serpent, dont je parle, était entouré

1. La tiare de l'antipape Félix V ne le cédait guère en valeur à celle du pape légitime. JEncûs Sylvius {Opéra, éd. de Bàle, iSyi, page 62) rapporte qu'on Testimait 3o,ooo ducats d*or. (Les Arts à la cour des papes, par M. E. Mûntz, r* partie, page 53, note i.)

2. Le 6 janvier 1442. (Richa, Chiese di Firen^ej tome III, pages 39, 41.)

3. S'y trouvant assiégé par le connétable de Bourbon, Clément VII recourut à ce moyen, tant pour préparer sa fuite que pour subvenir à ses besoins immédiats.

4. Dans l'introduction à son Traité de Vorfèvrerie, Cellini dit : « Ghiberti mérite le titre d'orfèvre véritable, tant pour la grâce exquise de son style que pour la perfection de sa technique. »

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