‹ Ghiberti et son écoleChapitre 74 sur 105 · Vasari, édition Milanesi, tome II, page 24b · texte numérisé non relu

Vasari, édition Milanesi, tome II, page 24b

d'eux n a été formé par lui dans le but de propager son style, sa méthode et ses principes, comme les disciples de Giotto ou du Pérugin furent formés par ces maîtres. « Si Ton s'en rapporte à l'autorité de Vasari, dit M. Rio^ l'atelier de Ghiberti a été une des plus fécondes pépinières d'artistes qui aient jamais existé, mais, dans l'énumération qu'il en donne, il néglige de faire la distinction entre les collaborateurs bénévoles, comme Brunelleschi, et les disciples proprement dits, comme Paolo Uccello, qui y fît avec le maître un véritable apprentissage. »

L'opinion de l'éminent auteur de VArt chrétien ne nous semble pas tout à fait justifiée par le texte de Vasari, qui dit, en parlant des portes du Baptistère, que Ghiberti « fut assisté par plusieurs jeunes gens qui, plus tard, devinrent d'excellents maîtres » ; ce qui est vrai ; il arriva en outre, comme il le dit, « que, travaillant en commun et échangeant des idées comme cela a lieu entre camarades, ces jeunes gens trouvèrent non moins d'avantage pour eux-mêmes dans cette association d'idées, qu'ils en procurèrent à Ghiberti ». Mais ce qui est inexact, c'est qu'il ait été assisté par Brunelleschi, Masolino da Panicale, Niccolô Lamberti, Parri Spinelli ou Antonio Filarete. Quant aux autres artistes nommés par Vasari parmi ceux qui collaborèrent avec Ghiberti, Paolo di Dono Uccello, et Antonio PoUajuolo, nous savons que le premier, alors orfèvre et plus tard peintre, prit part aux travaux des premières portes, et le second à l'exécution de la frise qui •entoure la porte d'André de Pise : il y a modelé notamment la fameuse caille que Vasari reconnaît « si belle et si parfaite qu'il ne lui manque que le voP ». A cette époque, Antonio PoUajuolo était apprenti orfèvre; il quitta bientôt Ghiberti pour ouvrir une boutique à son propre compte. Ni lui, ni Uccello, ne peuvent être d'ailleurs considérés comme élèves de Ghiberti, bien que quelques œuvres de PoUajuolo soient, sous certains rapports, en harmonie avec les principes du maître. Les Sept Vertus et les Dix Arts libéraux, sculptés par PoUajuolo sur les côtés du tombeau du pape Sixte IV, à Saint-Pierre de Rome (1493),

Page 1