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qu'on a supposé avoir été le maître de Ghiberti en peinture*, car on sait que cet artiste, après son retour d'un long séjour en Espagne, ne s'est plus éloigné de Florence. Masolino da Panicale, élève de Starnina, est également hors de cause, car il avait cinq ans de moins que Ghiberti, et il est évident, à la manière respectueuse dont Ghiberti parle de son compagnon à Rimini, que celui-ci était plus âgé que lui.
Cet obstacle à l'identification de Masolino avec le peintre que nous cherchons n'existe pas pour Antonio Vite, également élève de Starnina. Ce peintre, qui est probablement l'auteur des fresques du Campo Santo de Pise, autrefois attribuées à Bufïalmacco, était plus âgé que Ghiberti, et, comme nous le savons par Vasari, fut un des derniers représentants du style giottesque. On peut donc croire qu'il révérait à l'excès Giotto, et cette circonstance, en admettant qu'il fût le compagnon de Ghiberti, nous expliquerait l'enthousiasme de ce dernier pour le vieux maître toscan. En 1403, Antonio Vite exécuta les fresques de la Passion, à l'église de San Niccola de Pise 2; il aura donc quitté Rirhini peu de temps après le départ de Ghiberti.
Ce départ, qui eut lieu en 1401, fut décidé brusquement, à la suite de lettres de Florence annonçant au jeune artiste que la Seigneurie et la confrérie des marchands de cette ville avaient repris le vieux projet d'orner le Baptistère d'une nouvelle porte en bronze, et que, dans ce but, ils invitaient tous' les maîtres italiens le plus en renom à un concours dont le prix serait l'exécution de la porte. Quant à l'épreuve, elle consistait dans la traduction en bas-relief d'un sujet indiqué, de la grandeur des compartiments de la porte d'André de Pise, alors placée en face de la cathédrale. Vasari rapporte que, dans la lettre écrite à Ghiberti par son beau-père Bartolo, celui-ci le priait de revenir sur-le-champ pour ne pas manquer une telle occasion de se mettre en lumière, et aussi de gagner tant d'argent, que ni lui ni son fils adoptif ne seraient dorénavant forcés de gagner leur pain en faisant des boucles d'oreilles.
1. Voir Baldinucci, tome II, page 352, et Dohme, Kunst und Kûnstler (article de M. Rosenberg), liv. XXXIII et XXXIV, page 35.