‹ Ghiberti et son écoleChapitre 80 sur 105 · SOMMAIRE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE

I. Peintres : Cimabue et Giotto. — II. Stefano Fiorentino. — III. Taddeo Gaddi. — IV. Maso (Tommaso appelé Giottino). — V. Bonamico (BuiFalmacco). — VI. Épanouissement de la peinture en Toscane. — VII. Pietro Cavallini, Romain. — VIII. Andréa et Bernardo Orcagna et leurs deux autres frères, artistes. — IX. Ambrogio Lorenzeiti. — X. Simone de Sienne et Filippo (Lippo Memmi). — XI. Barna (Berna) de Sienne. — XII. Duccio de Sienne. — XIII. Sculpteurs. — XIV\ Sculpteur allemand anonyme. — XV. Opinion de plusieurs philosophes grecs, que la vraie richesse ne consiste pas dans les biens de la fortune, mais dans le savoir. — XVI-XX. Lorenzo Ghiberti.

I. L'art de la peinture commença de s'émanciper en Étrurie [c'està-dire en Toscane], dans un pays voisin de la cité de Florence nommé Vespignano. Là naquit* un enfant d'un génie admirable, qui dessina une brebis d'après nature. Le peintre Cimabue passant par la route de Bologne vit cet enfant assis à terre dessinant une brebis sur une pierre plate. Il fut très étonné de voir qu'un enfant de son âge sut faire aussi bien. Reconnaissant qu'il tenait ce don de la nature, il lui demanda son nom. a Je m'appelle Giotto, répondit celui-ci, et mon père s'appelle Bondoni, et il habite cette maison là près de nous. » C'est ainsi qu'il répondit à Cimabue; celui-ci accompagna Giotto chez son père, homme d'une très belle prestance (?) et lui demanda de lui donner l'enfant; le père, qui était très pauvre, le lui confia. Cimabue emmena donc Giotto, qui devint son élève. Cimabue était attaché à la manière grecque (byzantine), et s'était acquis, dans cette manière, une grande réputation en Étrurie. Giotto, à son tour, devint grand dans l'art de la peinture. Il fonda l'art nouveau, abandonna la grossièreté des Grecs, se rendit célèbre en Étrurie et y exécuta des ouvrages excellents, surtout dans la ville de Florence, et dans bien d'autres endroits. Il compta des élèves innombrables, tous aussi habiles que les Grecs de l'antiquité. Giotto voyait dans l'art ce que les autres n'atteignirent jamais; il rendit l'art naturel et en même temps gra-

I. Giotto naquit en 1266 dans le pays de Colle, situé dans la commune de Vespignano. Il mourut en 1337. (Vasari, édition Milanesi, tome I", page 370, notes x et 2.)

APPENDICE. — COMMENTAIRES ii5

deux, sans sortir des limites du goût. Il fut versé dans tous les arts; il devint inventeur et rénovateur de toutes les connaissances qui étaient oubliées depuis six cents ans. Quand la nature veut se montrer généreuse, elle Test sans retenue aucune : Giotto fut richement doué en toutes choses : il pratiqua*... la peinture murale, la peinture à l'huile et la peinture sur panneau. Il décora de mosaïques la nef de Saint-Pierre de Rome^, et de sa main, il peignit la chapelle et le tableau de Saint-Pierre de Rome. 11 peignit à la perfection, dans la salle du roi Robert^, à Naples, les hommes illustres; il peignit également le château de l'Œuf [deW Uovo''). Il peignit dans l'église de TArena de Padoue (qui est toute de sa main) la gloire de ce monde. Dans le palais du parti guelfe (le Bargello)^ se trouve l'histoire de la religion chrétienne; bien d'autres sujets se trouvaient dans le même palais. Dans Téglise d'Assise, de l'ordre des Frères Mineurs, il peignit presque toute l'église souterraine. A Santa Maria degli Angeli, dans la même ville d'Assise, et à Santa Maria délia Minerva, à Rome, il peignit un crucifix et un tableau.

Ouvrages peints par lui à Florence : Au-dessus de l'entrée de la porte de Tabbaye délia Badia, à Florence, sous un arc, il peignit remarquablement une demi-figure de la Madone, avec deux autres personnages à côté d'elle; il peignit aussi la grande chapelle et le tableau d'autel. De lui aussi sont quatre chapelles et quatre tableaux d'autel dans l'église des Frères Mineurs^, de facture excellente. Il peignit à

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