LES FRESQUES DE SAINTE-MARIE-NOUVELLE
^E ier septembre 1485, les frères Domenico et David del Ghirlandaio recevaient de Giovanni Tornabuoni une commande de fresques à exécuter dans le chœur de Sainte-Marie- Nouvelle, qui dépendait alors d'un couvent de dominicains; un contrat en bonne et due forme stipulait de la façon la plus précise les obligations des contractants l. Peut-être se souvient-on que Francesco Sassetti avait d'abord jeté son dévolu sur ces hautes parois bien éclairées,
1. Le contrat, publié pour la première fois par G. Milanesi, en 1887, dans le périodique II Buonarroti (N. S., t. II, p. 335- 338), est intégralement reproduit dans la Storia délia pittura italiana de Cavalcaselle, t. VII, p. 296-298, en note.
qui forment le fond d'une des plus belles églises de Florence, pour y élever un impérissable monument à sa propre gloire \ Un désaccord étant survenu entre lui et les moines, Giovanni Tornabuoni s'empressa de réclamer le privilège de pourvoir à cette décoration du chœur, pour honorer « le Tout- Puissant et sa glorieuse mère toujours vierge, les saints Jean et Dominique et toute la cour du Paradis », sans perdre de vue pourtant « l'exaltation de sa propre famille et de sa maison ». Désireux qu'il était sans doute d'éclipser l'œuvre patronnée par Sassetti, il tenait essentiellement à faire travailler les mêmes artistes ; voilà pourquoi, trois mois et demi avant l'achèvement de la chapelle de la Trinité, Ghirlandaio était retenu, formellement engagé par lui 2.
Giovanni Tornabuoni était un personnage de plus grande envergure que Francesco Sassetti : il n'avait pas seulement fait fortune à l'ombre de la puissante maison des Médicis, mais il exerça longtemps les fonctions de trésorier auprès de Sixte IV, dont il avait la confiance; en sorte qu'au lendemain de la conspiration des Pazzi, étouffée dans le sang, il contribua grandement à rétablir la paix entre Laurent le Magnifique et le pape. D'autre