Voir Ch. Bayet, Giotto, p
4. Dans la Madone déjà citée (n° 338) du palais Pitti. Notons que Ghirlandaio, en plaçant cet épisode à l'extrême gauche de sa composition, en a fait la transition naturelle entre la fresque voisine (Joachim chassé du Temple) et celle-ci.
GHIRLANDAIO in
dans la naissance de Jean, et le mouvement en est d'une grâce infinie. Le sourire de la nourrice, qui baisse les yeux vers l'enfant, a déjà le charme de certaines figures de Léonard. La servante qui verse de l'eau est proche parente de la porteuse de fruits de l'autre nativité : ses jupes sont encore froissées par des mouvements rapides, et un bout de son écharpe flotte derrière elle; par cet artifice un peu conventionnel, Ghirlandaio n'a voulu rendre que l'empressement et la légèreté d'une suivante très affairée; ici, la signification en est beaucoup plus claire, et le mouvement d'une harmonie parfaite (pi. p. 109).
Vers le lit de l'accouchée et le groupe qui l'entoure s'avance une jeune fille somptueusement vêtue d'une robe de brocart, et sans doute de plus haute distinction que la visiteuse d'Elisabeth, car elle n'a pas moins de quatre suivantes. Selon l'hypothèse fort vraisemblable d'E. Ridolfi, cette jeune patricienne ne serait autre que Ludovica, fille de Giovanni Tornabuoni, alors âgée de quatorze ou quinze ans; sa petite taille, par rapport à ses compagnes, et ses cheveux tombant dans le dos, confirment cette particularité1; elle devait épouser l'année suivante Alessandro di Lutozzo
1. Les fillettes étaient alors vêtues exactement comme les femmes, et leur taille seule fait reconnaître leur âge; c'est le cas de la toute jeune fille que l'on voit en tête du groupe de gauche dans la Résurrection d'un enfant par saint François (voir p. 73).
Nasi, dont le profil se voit le dernier à l'extrême gauche du groupe de spectateurs dans la fresque voisine (pi. p. 113). La jeune femme agenouillée auprès de la nourrice est certainement encore un portrait, dont je ne saurais nommer l'original; non seulement son costume prouve qu'elle est de condition bourgeoise, mais le soin avec lequel Ghirlandaio a caressé ce fin et doux visage n'est pas inférieur à celui dont témoigne la jeune fille debout.
Cette scène, une des mieux conservées, peut être considérée comme la plus parfaite de la série, tant au point de vue de la décoration architecturale et de l'harmonie des groupes que du fini de l'exécution. L'artiste en jugeait apparemment ainsi, car il a tenu à y inscrire — fait unique dans son œuvre — les noms : « Bighordi Grillandai *, » dans la boiserie placée derrière le lit de sainte Anne.
La fresque voisine, représentant J-oachim chassé du Temple, forme avec la précédente un contraste
1. Sans prénom, qu'on le remarque; car ces fresques, ainsi qu'on l'a vu, sont une œuvre collective, officiellement confiée à Domenico et à David.