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2. Le travail devait être commencé en mai i486 et terminé en mai 1490 (Fin du contrat, Cavalcaselle, VII, p. 299, note).

Luca Landucci n'a eu garde d'omettre dans ses Souvenirs \ comme un de ceux qui firent la plus vive impression sur les Florentins.

Il ne faudrait d'ailleurs pas croire que pendant les quatre années qu'il consacra à ce labeur, Domenico ait endigué son inlassable activité ; il accepta au contraire des commandes nombreuses et variées, dont témoignent, mieux encore que les documents d'archives 2, les œuvres de haute valeur qui nous sont parvenues : le Couronnement de la Vierge de Narni (i486), Y Adoration des Mages, de forme ronde, conservée aux Offices (1487), et l'autre, plus grande et carrée, de l'hôpital des Innocents (1488), — une de ses compositions les plus séduisantes, — Y Annonciation en mosaïque qui décore la porte nord du dôme (1489-1490). Personne, bien entendu, ne saurait nourrir l'illusion que Domenico ait exécuté sans aucune collaboration une seule de ces œuvres : il présidait, dirigeait, dessinait, se réservait sans doute les morceaux les plus importants. Cette remarque ne trouve nulle part une application plus opportune que lorsqu'il s'agit des fresques de Sainte-Marie-

1. Diario di L. Landucci, p. 60. Le même Landucci, en ce passage, rapporte que la peinture fut payée à Ghirlandaio mille florins d'or, confirmant sur ce point le récit de Vasari.

2. G. Milanesi signale, par exemple, des peintures qui lui furent commandées en juin 1487 pour l'abbaye de Settimo; mais elles n'ont pu être identifiées; sans doute elles ont péri, avec beaucoup d'autres.

Nouvelle. Certes le maître y a mis son sceau, et aucune de ses œuvres n'est plus capable de nous faire apprécier toutes les ressources de ce talent sain et robuste, la probité de son dessin, l'équilibre heureux de son imagination, la sûreté de sa technique. Mais n'oublions pas que ces charmantes scènes ont aussi été brossées, en grande partie, par David et par Mainardi; il est juste de les associer, dans notre admiration, à celui qu'ils reconnaissaient pour leur chef. Tout ce qu'il est permis de supposer raisonnablement, c'est que la contribution personnelle de Domenico fut plus considérable dans les scènes de la rangée inférieure, les plus brillantes, les plus parfaites, les plus représentatives. L'importance historique, et même psychologique, d'une pareille œuvre peut se démontrer, et c'est ce que j'ai essayé de faire; mais les mots sont impuissants à en expliquer le charme à qui n'est pas entré en communion directe avec elle, à qui ne s'est pas pénétré de cette harmonie, de cette clarté, de ce mélange savoureux de réalisme et d'élégance classique, en un mot de cette beauté faite d'insouciance aimable et de fierté. Ces fresques sont vraiment l'expression absolue et complète d'une des formes d'art les plus charmantes qu'ait créées la civilisation italienne; l'artiste qui les a enfantées a sa place marquée parmi les grands évocateurs de ces rêves de gloire et de félicité dont l'humanité se repaît éternellement.

PORTRAIT DE GIOVANNA D E G L l[ A LB I Z Z I (1488.). Ancienne collection Rodolphe Kann.

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