Voir E. Bertaux, Rome, t. II, p
6o LES MAITRES DE L'ART
ment révélé, c'est l'architecture classique, qui va devenir, à partir de ce moment, un élément essentiel de ses peintures décoratives. Vasari raconte qu'à Rome Domenico dessinait les ruines avec amour, « arcs de triomphe, thermes, colonnes obélisques, le Colisée, les amphithéâtres et les aqueducs » , et qu'il excellait à en reproduire les proportions exactes sans jamais prendre aucune mesure. Quand nous n'en saurions rien autrement1, nous pourrions l'affirmer en toute sécurité rien qu'à voir l'importance que prirent dans ses œuvres postérieures certains motifs architecturaux que nous n'avons pas rencontrés une seule fois précédemment; c'est à croire que, lors de son premier voyage à Rome, en 1475, Ghirlandaio ne prêta que peu d'attention aux monuments antiques, ou n'eut pas le temps de les étudier.
Peut-être rentra-t-il en Toscane en passant par San Gimignano, car à la date de 1482 se rapporte une Annonciation dans l'église Collégiale de cette ville, œuvre assez fraîche, mais d'intérêt secondaire, et dont il laissa sans doute l'exécution à ses collaborateurs 2. En effet, il devait être à Florence
1. Nous en avons une preuve encore plus éloquente dans les copies qui paraissent avoir été faites de ses esquisses par un de ses élèves, et qui sont conservées dans un manuscrit de l'Escurial; elles sont aujourd'hui publiées grâce à Hermann Egger, Codex Escurialensis ; ein Skizzenbuch ans der Werkstatt Dom. Ghirlandaio' s; Wien, 1906.