CHAPITRE XI. 43t
moment même, mêlé au rang des défenseurs de la liberté hellénique, sur le rocher de Missolonghi? Leopardi, malgré qu'il en ait, reste timide et croit avoir déployé une grande fermeté quand il a fait à peine le nécessaire pour sauvegarder sa dignité.
Quoi qu'il en soit, les théologiens de Bologne paraissent avoir capitulé, car le recueil de poésies parut, avec la dissertation suspecte, vers le milieu de Tannée 1824.
Le nom de Leopardi désigné à l'attention des beaux esprits de Florence. — Période de ferveur philosophique. — Leopardi à Bologne et à Milan. — Ses jugements sur la Société. — Son séjour à Bologne.
Le comte Monaldo ne fut pas un des premiers à lire les nouvelles œuvres poétiques de son fils, car Leopardi, qui avait bonne mémoire, les avait fait imprimer à son insu, et avait poussé la précaution jusqu'à se faire adresser les épreuves chez un ami . Il prit sans doute le parti le plus sage qui était de reconnaître sans protestation les faits accomplis. Le livre, qui ne s'adressait pas au vulgaire , eut tout le succès qu'il pouvait avoir auprès des connaisseurs.
Giordani, alors prudemment réfugié à Florence, le fît connaître au petit cercle d'esprits distingués qui, protégés contre les fureurs de la réac-