‹ Giacomo Leopardi, sa vie et ses œuvres (volume 2)Chapitre 71 sur 99 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

férée de l'orateur. De là une certaine froideur que Giordani constaté lui-même et qui, pour être voulue petrt-ôtrp, n'en est pas moins apparente'; ' " . ' ■ ■ ' • : 1. ■

>> Leopardi dit quelque part dans sa dorrespondsÈnce qu'il faut réréiller là torpwr du public^ italien ';paî! des ibdyens énergiques . Q^estdan? ce but' qu'il a donné i à la plupart- de ses petits! opuscules philosophiques unie fonfle plus açimèé et phisrorîgin^leque la démonsiratioii didactiquei Il a pris pour modèle Lucien, et s'il n'a pu^©»^prunterau grand railleur de Samosate(;&a vi%'acitô et' sa vèrvfe, il énfoqce^parfoiSrplus avant le tmlb acéréde Tirénie. Mais Leopardi, on ledeviiié; par avance, a l'ironie triste et monotone r il la^ continué ^âns la varier : au lieii d^effieùrer d'une plome légèrement miguisée ce qu'il ^appelle ks* préjugés de Thàmanîté,'il s'^acllarûe à les poijr^ i fendre. Au bout de qi^elqûes-pa^ei^ qn le connaî*' toutentier; on • ^'aperçoit quîon a affaire, 'lion*pas- à un causeur -aipaâble' qui insinue sa pensée ' saùs l'imposer et se dérobe à ses injterlocutetfrs sans leur demander s'ils sont dé son' avis , mais à 'un esprit convaincu, possédé d'une idée fixe , et bien 'près de plaindre lài sottise de ceux qui verraie;nt les clloses^sous un autre jour. Au lieu

de laisser parler les personnages de ses dialogues de façon à paraître se désintéresser du débat, il s'incarne aussitôt dans l'un d'eux , se jette de sa personne dans la discussion , tire à lui toute l'attention , argumente , et laisse voir qu'il tient beaucoup à convaincre. Qu'il y a loin de ces élucubrations aux contes et dialogues pbiloso* phiques qui s'échappaient, tout pétillants de malice, de la plume de Voltaire !

Ce n'est point à la douce gaieté de l'esprit français qu'il faut comparer la fantaisie sombre et le rire amer de Leopardi ; si, pour définir sa manière, il fallait absolument la rapprocher d'un genre connu , on pourrait dire de lui que c'est un humoriste. Pour moi, ce mot exotique, dont on a fort élargi le sens à force de le déclarer indéfinissable, désigne un écrivain qu^ s!abàndonne volontiers aux caprices de son humeur et aux impressions du moment , qui écrit à son goût , de la façon qu'il lui plaît , étalant avec complaisance sa personnalité envahissante, forçant ses lecteurs à l'accepter tel qu'ij est, m^me s'il lui prend fantaisie d'être absurd^e. Ainsi eutendu y Y humour ne s'épanouit guère en toute liberté que de l'autre côté du détroit : c'est moins une préférence HttèràSre qu'une affaire

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