CHAPITRE XX
oum^ni que depuis longtemps déjà la loi salique était en vigueur chez les rats.
Que ne prouvent pas les systèmes et les théories de la gent allemande? Grâce à eux, non-seulement, dans les choses obscures, un jour nous savons tout et le lendemain rien, mais dans les plus claires se forme nécessairement un brouillard de doutes et d'hésitations: cependant, on reconnaît partout manifestement que te monde est le fruit d'une graine allemande *.
Si grande est la haine qui brûle dans le cœur des étrangers pour le nom italien, que, cette décadence dont il ne rejaillit but eux aucune gloire, ils en sont heureux, seulement parce qu'elle fut nôtre. Bien des nations ont éprouvé de dures vicissitudes et se sont dépravées dans un long martyre, mais aucune n'a été chargée d'autant de haine que la nôtre.
Et cela, parce que toute domptée et asservie qu'elle est , bien qu'affaissée et couverte des haillons du malheur, il faut bien appeler encore italien ce que la nature humaine a de plus grand : la gloire de l'éternelle Rome resplendit encore d'un tel éclat qu'elle obscurcit toutes les autres , et l'Europe a beau être orgueilleuse avec nous, elle garde partout l'empreinte de l'Italie.
1 A Berlin, on accuse Leopardi d*ingratitode. C'est se montrer bien ehalouillenx. On rencontre ailleurs ( ch. VII, st. 9 ) un vers r inoffensif que M. Tobler prend vraiment trop au tragique, quand îl y voit un « coup dirigé contre Niebuhr • :
^(i anni non to di Creta o di Minoue^ Il Niebuhr li diria $e vivo font.
tn LEOPARDl , SA VIE ET «$SS OEUVRES.
Et ce ne fut pas Rome seulement , mais l'Usdie dé^ : sarmée qui, avec sa lumière intellectuelle et sa scienoe, vainquit derechef la barbarie et redevint une fois de plus reine de la civilisation. Elle rit longtemps de l'étranger grossier qui aujourd'hui se croit le droit' de la mépriser parce que la fortune penche d'un autire côté; elle vit ses enfants regarder les autres contrées comme un exil douloureux.
Us sentent , les étrangers , que tout souvenir n'est rien au prix de ceux dont a hérité l'Italie : ils sentent que leur patrie a une taille d'enfant près de celle qui dépasse toute grandeur : ils voient bien que si les qualités que nous prodigue le ciel n'étaient pasr étoulféeér^ au berceau, siTIlalie était encore un moment libre, elle^ redeviendrait reine une troisième fois.
Plus loin, au milieu d'une galerie de personnages historiques du xvi® siècle, voici une brûlante invective contre « l'autrichien » Philippe 11 :
Ce n'est pas l'honneur , mais la haine et le mépris que se disputent chez nous les grands de ce siècle sombre, et il serait difficile de juger à qui appartient la royauté de la haine si tu ne les avais dépassés tous, 6 toi, prodige d'orgueil et gage de la colère céleste , 6 Philippe II , plante autrichienne , que Satan se vante encore d'avoir élevée.
Nul de tes contemporains ou de leurs descendants n!a jamais porté, vivant ou mort, autant de haine qu'il s'en est amoncelé sur la tète. Ton nom prononcé rembrunit le visage le plus doux et fait bondir le cœur le