‹ Giacomo Leopardi, sa vie et ses œuvresChapitre 72 sur 123 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

^ dérations philosophiques et sur des raisons » politiques, il projeta, entreprit, prépara dans » une certaine mesure, espéra surtout et peu de » temps avant sa mort prédit Tétabhssement de » nouvelles croyances et de nouvelles pratiques » reUgieuses plus adaptées , selon sa pensée, » aux temps et aux besoins des nations. » Leopardi ne dit point que Plethon ait eu raison, ni surtout que ses prédictions se soient réalisées, mais on sent bien qu'il est prêt à tendre la main à ceux qui ont trouvé trop lourd le joug du dogme chrétien. Le comte Monaldo eût certainement raturé avec colère ce passage malencontreux, qui parut cependant inoflfënsif à la censure autrichienne et s'imprima avec le reste dans le Nuovo Ricoglitore dé Milan.

Leopardi, tant que dura Thiver, sembla résigné à vivre sous le toit paternel, mais les premiers beaux jours réveillèrent en lui Thumeur voyageuse, et, à la fin d'avril 1827, il se hâta de retourner à Bologne.

Les deux mois qu'il y passa furent en quelque sorte ses adieux à la vie active : ses infirmités physiques, qui jusque-là lui laissaient parfois quelque répit, commençaient à prendre un caractère inquiétant. Ses yeux usé3 par le travail

étaient le siège d'une inflammation douloureuse : il était obligé de fuir le grand jour, et bientôt il lui fut impossible de lire ou d'écrire sans de cruelles souffrances.

C'est en cet état qu'il arriva au mois de juin à Florence, où l'attendait Giordani. Il y rencontra l'accueil le plus flatteur ; les hommes les plus distingués de Florence venaient le trouver à l'auberge délia Fontana et l'aider à porter le poids des longues journées pendant lesquelles il demeurait confiné dans sa chambre « à la façon des chauves - souris ». Il retrouva à l'ambassade des Pays-Bas le chevalier Reinhold, dont il avait pu apprécier à Rome l'exquise politesse, et, autre souvenir du passé, il eut l'occasion d'y revoir un instant l'excellent Bunsen qui lui cherchait toujours à Rome une place introuvable. Bunsen le présenta à ses amis et compatriotes de passage à Florence , le baron deSavigny, Gerhard, Kestner.

Mais les attentions dont il était l'objet ne pouvaient détourner ses regards des misères du présent et des menaces de l'avenir. Arrêté dans la carrière au moment où les obstacles allaient s'aplanir devant lui, où, grâce à la notoriété désormais acquise à son nom, il pouvait espérer

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