CHAPITRE XIX
» porte pas la plainte. J'ai tout perdu : je suis [ » un tronc qui sent et pâtit...* »
Leopardi songeait alors à tenter un dernier effort pour conjurer les progrès du mal et 4 se rendre à Parme pour recevoir les Soins d'un de ses meilleurs amis, le docteur Tommasini. Mais ritalie centrale était à ce moment en pleine révolution. Le formidable ébranlement causé par la chute de la vieille royauté de droit divin en i France, avait fait tressaillir tous les cœurs ) avides de liberté. Pendant que la France , surprise par les événements dont son indignation avait précipité le cours , se prêtait docilement aux calculs mesquins de la branche cadette , la Belgique s'insurgeait contre la domination hollandaise , la Pologner ramassait Tépée de Kosciuzko ; l'Allemagne elle-même semblait lasse de la féodalité puissante qu'elle a enfantée et dont ^e sera le dernier refuge. En Italie, le mouvement, d'abord enrayé par une juste défiance de l'avenir, éclata enfin au commencement de 1831 . Modène donna le signal. Aussitôt les Parme-
^ Serait-il vrai, oomme le dit M. Mare llonnier, que cette préface mécontenta un puissant protecteur de Leopardi, qui ne trouvait pas son compte à cette dédicace collective, et. aurait voulu remplacer à lui tout teul les amis de Toscan»?
234 leopàrdi, sa vie et ses oeuvres.
sans chassent Tarchidochesse Marie-Louise, Bologne se soulève et devient le centre d'un gouvernement insurrectionnel dont la présidence est déférée à, J. Vieini, un ami de Giordani.
La répression ne se fit pas attendre. La lourde main de rAutriche étouffa la nouvelle révolution au berceau. Les exécutions et les cachots diminuèrent lenombre des impatients, et le silence régna de nouveau en Italie. La Toscane échappa à la tourmente, mais non pas à la surveillance de la réaction austro-pontificale. Les uniformes autrichiens s'y montrèrent en guis^ d'avertisâement aux libéraux qui passaient pour circonvenir le duc Léopold II . Le comte Monaldo Leopardi n'était pas sans inquiétude pour son fils dans les œuvres duquel la passion pohtique pouvait découvrir des passages dangereux. Il demanda. à Giacomo de prévenir tout soupçon en insérant dans sa correspondance ou en publiant sous forme de protestation de quoi confondre les mauvaises langues. En même temps, il indiquait les corrections à faire dans les Œuvres morales . Pour plus de sûreté, il se mit à écrire de petits dialogues conservateurs * qui , lancés dans le pubhc sous le nom de Leopardi , créeraient une
> DialoghéîH êulle maferie correnti nelVanno f 831 .