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Les années passées à Rome furent tout entières consacrées au travail. Quand il ne fait pas de peinture, Giacomotti visite les musées, les collections précieuses, il apprend, dans cette atmosphère supérieure, à regarder et à dessiner les maîtres, à pénétrer les merveilles des demi-dieux de l'art; il suit les cours d’anatomie et de perspective, il est à la recherche des documents qui pourront lui fournir des sujets pour ses tableaux, des physionomies qu’il pourra reproduire et qui seront d’autant plus vraies qu’elles seront saisies sur nature.
Son éducation au début de sa vie n’avait guère préoccupé sa famille, il avait lui-même négligé dans ses premières années toute occupation intellectuelle ; mais avec sa volonté bien arrêtée d’arriver à l’École des beaux-arts et à la villa Médicis, comment n’aurait-il pas compris l’obligation d’étendre, d’agrandir son horizon, de cultiver son intelligence ?
Dès que l’artiste s’attaque au passé, c’est-à-dire à l’histoire, à l’anecdote, il lui est impossible de tout
(i) L'Artiste , année 1891, t. II, p. 241.
Etude
tirer de son propre fonds. Comme à tous les artistes qui veulent composer des œuvres durables, la nécessité des recherches lui apparaît nécessaire, inexorable. Pour remonter dans la nuit mystérieuse du passé, il lui faut le livre, l’étude des monuments et des costumes. David et ses élèves lisaient Homère et Plutarque. Prud’hon s’inspirait des poètes grecs. Delacroix et beaucoup d’autres artistes étaient des lettrés et des érudits. Giacomotti n’avait pas d’aussi hautes aspirations, mais ses loisirs, il les consacrait à des lectures sur l’art, sur les peintres fameux, sur les événements importants de notre histoire.
Ces lectures et ces recherches, il les avait commencées à la bibliothèque de l’École des beauxarts, l’une des plus curieuses et des plus riches, non seulement en livres, mais en gravures reproduisant les chefs-d’œuvre de tous les pays, de toutes les époques, en peinture, en sculpture et dans l’art architectural. Il y avait puisé, grâce à de nombreuses lectures, à la rectitude de son jugement, à une heureuse mémoire, tous éléments utiles ; il retrouve à Rome les mêmes ressources et il en profite avec empressement.
Les règlements de l’École, dont se plaignaient beaucoup de pensionnaires, ne lui paraissent pas entraver sa liberté.
L’internat ne lui semble ni dur ni gênant. Le pensionnaire, bien qu’interné, a le droit de se lever à son heure, de vivre dans son atelier. L’internat a cet avantage de régulariser le travail, de moraliser la vie, de développer, dans les relations avec les professeurs et les élèves, l’intelligence et la pensée ; il n’avait d’ailleurs rien de claustral ; pendant de longues années, le régime de l’Académie ne permettait pas les voyages lointains, pas même les absences prolongées, mais ce règlement trop sévère, capable d’atrophier le talent, le sens artistique, avait fini par tomber en désuétude. L’élève pouvait de temps à autre s’envoler plus ou moins mystérieusement à Paris.
L’obligation du célibat, la prohibition du mariage le préoccupait moins encore : il n’avait jamais échangé aucun anneau, n’avait fait aucune promesse, se trouvait heureux de conserver, en dehors des liens conjugaux, plus de liberté d’esprit, plus de facilité de travail.
La nécessité, pour le pensionnaire, d’envoyer chaque année, à l’exposition de mai, un ouvrage traité conformément aux conditions du règlement, est pour lui un stimulant, et il s’y soumet avec empressement.
Elude au Conté
Doué de l’activité que donnent la jeunesse et la santé, Giacomotti profite de sa liberté pour étudier la Rome antique et la Rome moderne. La basilique de Saint-Pierre ne lui cause pas l’impression qu’il attendait. Tout concourt, dans Saint-Pierre, à l’atténuation de son immensité. Tout heurte nos habitudes mélancoliques, nos points de vue de recueillement, de pénitence et d’expiation ; il a trop l’aspect intérieur des basiliques constantiniennes. Le Moïse de Saint-Pierre ne le séduit même pas, lui paraît ne pas avoir été sculpté sous l’inspiration biblique et ressembler autant à un fleuve qu’à un saint. Ce qui le frappe, c’est la marche triomphale du Pape dans son église ; il voit le Pontife descendant le palais du Vatican escorté des honneurs religieux et militaires, porté sur son estrade, entouré d’éventails immenses, enveloppé de son manteau, la tiare en tête, abaissant tous les fronts sur son passage. C’était saint Pierre, c’était l’Église ; une musique invisible secondait le balancement de cette marche superbe. « Les plus incrédules se troublent, disait Giacomotti ; j’ai toujours été un croyant, je le suis plus encore. »
Il ne se contente pas d’étudier Rome, il parcourt la campagne, les environs de la grande ville, il fait
des excursions plus ou moins lointaines. Pendant sa première année de séjour à Rome, il explore sac au dos, avec son ami Vaudremer, Tivoli, Albano, Grotta Ferrata; de chaque ville il rapporte de nombreuses études peintes, des croquis, des aquarelles, des tableaux/des dessins, parfois des toiles finies avec soin. L’année suivante, il visite la Toscane, veut voir Venise. Il étudie le Pérugin, Paul Véronèse, le Titien. Véronèse lui paraît avec raison se préoccuper surtout de l’effet pittoresque.
A Venise, il copie le Miracle de saint Marc , il fréquente le monde des artistes, il se lie avec Fedi, l’auteur du Rapt, il copie l’Enlèvement de Polyphème , qui est à la Loge des Lanciers, chef-d’œuvre du Tintoret, et que l’on ne peut oublier.
Dans l’église Saint-Jean et Saint-Paul, la plus belle de Venise après Saint-Marc, il prend une copie du célèbre tableau du Titien : Le martyre de saint Pierre de Vérone , dominicain assailli et égorgé dans une forêt, tableau brûlé dans un incendie qui détruisit une chapelle de cette église en 1867.
A Sienne, Y Evanouissement de sainte Catherine excite son admiration et il s’empresse de reproduire cette curieuse toile avec son coloris, ainsi que diverses peintures de maîtres.
Florence est sa résidence de prédilection. C’est
Monseigneur de Belzunce proclamant la Victoire de Lepante
Panneau Décoratif
là qu’il peut admirer toute une collection de chefsd’œuvre, des tableaux de tous les temps et de toutes les Ecoles.
Dès sa jeunesse, il a admiré le Titien. Van Dyck, avec ses grandes dames, ses grands seigneurs magnifiquement vêtus, l’a séduit par ses effets grandioses. Rubens, Rembrandt, Velasquez, Véronèse, Léonard de Vinci, et surtout Raphaël, sont des génies que personne ne conteste.
Mais Titien lui paraît être le peintre portraitiste par excellence. Peu importe à Titien quelle figure se présente sous son pinceau, il prend les gens comme ils sont ; à tous il donne la vie, et le plus souvent la vie de l’esprit ou du cœur, et cela sans se soucier de la mise en scène, avec la plus entière simplicité comme la plus extrême opulence.
Giacomotti avait apprécié l’illustre peintre à Venise, dans sa patrie, mais à Florence, au sein de cette grande école toscane, dans le voisinage redoutable de ses illustres représentants, son admiration pour le Titien reste la même.
Ses appréciations sont les nôtres. Paul Véronèse se préoccupe plus de l’effet pittoresque que du sentiment, de la passion humaine. Ce qu’il recherche, c’est la magie de la couleur, la splendeur des formes et de la composition. Ce don suprême
de la couleur, il l’a eu en sa pleine abondance. Il a une autre qualité, il est fécond, varié, imprévu. Le tableau qui fait le mieux apprécier la nature de son talent, c’est peut-être les Noces de Cana. Titien est de première force, lorsqu’il s’agit de reproduire la douleur, la foi, le repentir ou des sentiments plus doux, l’amour ou la joie, en un mot, l’âme elle-même.
Quand il a étudié la peinture dans ses manifestations les plus hautes, il lui reste une satisfaction non moins grande, c’est d’examiner une nouvelle régénération du génie, d’étudier, dans cette même galerie des Uffizi, les dessins des plus illustres maîtres de l’art.
Les dessins de Raphaël et de Michel-Ange attirent son attention, il les compare et constate que les dessins de Michel-Ange sont le plus souvent incomplets, à peine ébauchés, la première pensée est â peine définie, et n’est qu’un simple et rapide croquis. Rien de plus curieux que les dessins du maître; l’idée apparaît sans ornements, sans voiles. L’individualité de l’artiste se trahit tout entière, avec une franchise, une force intime que l’œuvre achevée ne possédera plus.
A Rome, il peint, en dehors de ses études générales à l’École, des tableaux religieux, des portraits,
Etude
des tableaux mythologiques : en 1856, un Saint Sébastien qu’il envoie en France; une Vierge ; un fragment de la Transfiguration ; un Saint Vincent en prison visité par les anges , année 1858; Saint Jean et V enfant Jésus; les portraits de Carpeaux, de Bizet, de MM. Ed. About, Jules David, Doublemard, etc.
Ses tableaux, ses envois de la villa Médicis se font remarquer, et à Paris sont signalés comme accusant de l’étude, du travail et de sérieuses qualités.
Exposés au Salon de 1859, les portraits de MM. About et Jules David sont appréciés en ces termes : « On y sent, dit un critique, l’indice d’une maîtrise impeccable, d’une manière très personnelle et très vigoureuse, une grande science du dessin et une richesse de coloris de premier ordre. M. Giacomotti possède, dès la première heure, ce don inappréciable qui est le style et qui résume l’élégance des formes et la puissance du modelé. »
En 1859, Y Artiste publie ces lignes : ce M. Giacomotti, pensionnaire de quatrième année, a envoyé un Evanouissement de sainte Catherine , une copie faite avec un sentiment de la fresque du Sodoma, à Sienne. M. Giacomotti a encore un Saint Jean baptisant les Juifs dans le désert. Ce petit tableau n’est
qu’une esquisse, mais une esquisse pleine de vigueur, une esquisse montée de ton comme une pochade de Delacroix. Après la pâleur et la langueur de Y Evanouissement de sainte Catherine , on est surpris par cette composition aux petites dimensions mais pleine de grands effets. Le jour où M. Giacomotti sera de force à finir cette esquisse avec la même vigueur qu’il l’a commencée, il ne sera plus un excellent élève, mais bien un vrai maître. »
Les grandes peintures, les compositions à grand effet dramatique, l’attirent. Un de ses derniers tableaux, en quittant Rome, est le Martyre de saint Hippolyte.
Cette oeuvre, qui ne mesure pas moins de quatre mètres de hauteur, plus de cinq mètres de long et qui est aujourd’hui au musée de Besançon, lui vaut les critiques les plus passionnées, les plus injustes, les plus invraisemblables.
On lui reprocha d’avoir représenté les juges impassibles et nonchalants, de n’avoir pas montré les bourreaux assez acharnés à leur œuvre; « on « devrait, dit un critique, voir des flots de pous- « sière sanglante, on devrait entendre le bruit « et les plaintes des néophytes, les hennisse- « ments des chevaux qui ruent et se cabrent, les
« imprécations de leurs vigoureux gardiens. » On prétendit que les chrétiens devraient porter les signes de la cruauté païenne, qu’ils étaient trop élégamment costumés; on lui reprocha « d’avoir manqué d’enthousiasme, d’avoir foulé « la terre sacrée des maîtres, sans que son cœur « se soit échauffé, de n’avoir pas demandé aux « maîtres les secrets de leur grandeur et de leur « perfection. »
Il était difficile de montrer plus de violence, de se livrer à une critique plus acerbe, et c’était un journal qui avait une haute influence, patronné, dirigé par M. Charles Blanc, qui essayait de pulvériser, d’écraser un prix de Rome à ses débuts.
L’attaque n’était qu’en apparence dirigée contre Giacomotti.
Deux écoles étaient en présence, et soutenaient avec l’ardeur la plus acharnée leurs théories. Pendant de longues années, David et ses élèves avaient imposé leur volonté, et régné en autocrates. Puis étaient venus le baron Gros, Géricault, qui avaient porté un rude coup à leur doctrine. La lutte s’était continuée, passionnée. En tête, Delacroix, d’un côté, Ingres et les adeptes des partisans de la ligne, de la science du dessin, contre les partisans de la
couleur et les réalistes. Il y avait aussi lecole du pittoresque, représentée par Horace Vernet, et qui était hostile à l’enseignement de la villa Médicis. L’art nouveau s’affirmait au milieu des orages, prétendait s’élancer vers des horizons inconnus, reproduire la nature et la vie française, et voilà qu’au milieu de cette lutte ardente, en présence du triomphe des coloristes, un peintre de talent, resté fidèle aux traditions, vient jeter une note discordante : il proteste et refuse de suivre la nouvelle école, il ne méprise pas la couleur, mais il apprécie surtout la rectitude, la correction, la sûreté, la perfection du dessin ; il prétend rester fidèle aux convictions de sa jeunesse, à renseignement de ses maîtres, à la tradition classique, et refuse d’abjurer ses idées, ses principes, pour se convertir au romantisme ou au réalisme. Il fallait à tout prix réprimer cet excès d’audace.
Giacomotti était entaché d’un autre défaut non moins grave : il était l’élève de Picot. Toute l’école romantique était hostile à Picot, qui avait eu la faveur, l’appui du gouvernement, qui avait fait le portrait et qui était considéré comme le peintre officiel des gens de cour. Giacomotti était, en outre, l’ami, le disciple de Bouguereau. Or Bouguereau était considéré comme un homme doué de qualités
Etude. Homère
honnêtes, mais sans imagination, sans originalité, d’une conception banale, comme cherchant des idylles à la portée des pensionnats de jeunes filles.
Enfin le sujet choisi par Giacomotti déplaisait à tous les réalistes. O11 voyait en lui un artiste de tempérament, et on ne comprenait pas qu’il composât la mort d’un saint, d’un martyr, condamné aux plus horribles supplices pour avoir cru à l’immortalité de lame, au Dieu des chrétiens. Ce genre de composition ne pouvait convenir à ceux qui nient la divinité du Christ. La guerre était d’ailleurs déclarée non seulement à Giacomotti, mais à tous ceux qui étaient soupçonnés d’apprécier encore les classiques et de ne pas faire cause commune avec le romantisme, le pittoresque, le naturalisme, à MM. Amaury Duval, Barriat, Eugène Faux, Puvis de Chavannes. M. Castagnary était un des plus violents, et prétendait, en 1864, que le « public se dégoûtait de leurs visées prétentieuses ». Giacomotti se trouvait ainsi en assez bonne compagnie.
Malgré sa partialité, sa volonté de déprécier l’artiste et son oeuvre, le Journal des beaux-arts est forcé de reconnaître, sinon son talent, du moins certaines de ses qualités. Pas un mot ne s’élève contre la composition, et avec raison. L’ensemble a
de l’unité. L’attention se porte immédiatement sur la victime, sur le groupe mouvementé qui forme l'action principale.
Ce groupe des deux chevaux qui se cabrent et résistent aux vigoureux efforts des hommes essayant de les maintenir, pendant que l’on attache le supplicié, est tout simplement superbe. Comme dessin, exactitude, pureté de ligne, pas ombre de reproche possible, et la critique passionnée que nous venons de résumer n’en formule aucun. Le saint martyr est encore plus admirable. La tête, la poitrine, les bras sont œuvre de maître. La tête est des plus expressives. Le bras gauche, dans sa partie supérieure, touche le sol, mais la main est relevée et porte ombre sur ce même terrain ; elle sort de la toile, tant elle est vigoureusement peinte.
On a critiqué l’attitude des chrétiens, on a dit que le peintre n’avait pas suffisamment rendu le sentiment de terreur qui devait les saisir en présence de cet effrayant spectacle, mais tous les personnages frémissent à l’aspect du supplice qui se prépare; une femme est évanouie, accroupie sur le sol; une malheureuse mère veut dissimuler à son jeune enfant la scène horrible dont elle est témoin, un spectateur qui a conservé un peu
Etude. (Tète d’homme)
Musée de rtesançon - Martyr de St-Hippolyte
d’énergie soutient deux personnages désespérés. Le peintre nous paraît n’avoir pas trop mal dramatisé son sujet. Les chrétiens sont trop bien vêtus, dit le journal de M. Charles Blanc : mais ces chrétiens n’étaient ni des bandits, ni des scélérats, ni des voleurs ; saint Hippolyte était évêque métropolitain d’Arabie et docteur de l’Église, auteur de plusieurs écrits théologiques; ce sont ses meilleurs amis qui l’assistent à sa dernière heure, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être costumés comme des mendiants. Il faut ne savoir que dire pour recourir à d’aussi pauvres arguments. Et les lecteurs de ces inepties les croient fondées et les acceptent, sans même avoir examiné l’œuvre du peintre.
Elle restera comme une de ses productions les meilleures. Il est donné à peu d’artistes assez de talent du dessin pour créer avec autant de mouvement et de vie le supplicié, les chevaux et les bourreaux, pour créer pareille scène. Tout dans le tableau serait à signaler, jusqu’au guerrier en chef qui, le bras levé, ordonne le supplice, jusqu’à la jeune fille assise sur un des socles de la tribune, jusqu’au représentant du pouvoir qui reste impassible, jusqu’à l’ensemble de la composition. Chrétiens ou païens, tous sont représen-
tés dans un moment pathétique, ils le sont avec verve, avec émotion.
Il y a cent manières de peindre et de bien peindre ; mais le vrai talent consiste à produire une œuvre qu’il n’est point facile d’oublier, qui pénètre dans la profondeur de notre mémoire, qui éveille au fond de notre âme des sentiments intimes. Le tableau de Giacomotti produit une impression vive, saisissante, il suffit de l’avoir vu une fois pour se le rappeler. Nous ne pouvions que le décrire et le phototyper. Mais qu’est-ce qu’un encrier pour palette et une plume pour pinceau? La phototypie est elle-même au-dessous de sa tâche. C’est la dernière œuvre que Giacomotti enverra d’Italie.
Deux mois avant de quitter la villa Médicis, il vit arriver à Rome, en 1860, son ami Tony Faivre, envoyé de Russie par le prince Baryatinski, qui lui avait demandé une copie de Y Aurore du Guide ; cette peinture terminée, les deux peintres se mirent en route pour la France, passant par Orvieto et le lac de Bolsina. A Orvieto, ils rencontrèrent Jules Didier, Paul Dubois, qui avait habité à Rome la même maison que Tony Faivre, qui se préoccupait de la composition d’un tableau et qui devait com-
mencer quelques jours plus tard son fameux Saint Jean ; ils s’arrêtèrent à Chinesi, Voici, à Sienne, la ville la plus italienne de l’Italie, à Florence et à Pise.
Là ils se quittèrent. Leur intimité était telle, que Giacomotti emportait les clefs de l’appartement de son compagnon de route, s’y installait, rue Lafayette, où tout était préparé pour le recevoir.
La Sainte Famille