‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 105 sur 197 · Part. II, sc. IV · texte numérisé non relu

Part. II, sc. IV

5— Part. II, sc. VI.

6. — Polissena, Azione drammatica da rappresentarsi per Musica a 5 voci (Opere varie autografe, Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIIL, f” 152 recto à 172 verso). Le drame est divisé en deux parties, la première comptant sept scènes, la deuxième

d'écrire à Berlin !, a pour sujet un épisode de la rivalité fameuse qui divisa les Chefs grecs après la chute de Troie : c’est un différend entre Agamemnon, général des armées grecques, et Pyrrhus, roi de Thessalie, qui refuse de livrer sa captive Polyxène, fille de Priam.

D'après la tradition, on le sait, Pyrrhus aurait immolé Polyxène sur le tombeau de son père Achille. Mais le Drame ne s'achève pas sur un aussi sanglant sacrifice. Après maintes péripéties, dont les dernières ne laissent pas de traîner quelque peu en longueur, Ortes, en effet, ménage un dénouement heureux, répondant ainsi, au prix peut-être d’une inexactitude, au vœu des Vénitiens du XvIrI* siècle qui ne voulaient plus voir de malheur nulle part, et au théâtre, obligeaient les morts à se relever aussitôt pour les applaudir : Bravo i morti !

Les Personnages sont au nombre de cinq — 5 voci, comme l'indique le titre même —. Ce sont, avec les trois déjà cités, Ulysse, roi d’Ithaque, et Ismène, confidente de Polyxène.

La première Scène nous met en présence de Pyrrhus et d'Ulysse. Ce dernier se félicite de la chute de Troie, rend hommage à l’aide précieuse que Pyrrhus apporta aux armées grecques, et se réjouit de lui exprimer la reconnaissance commune.

Dans le court dialogue, bref et vif, on entrevoit déjà l’hostilité latente de Pyrrhus, qui dédaigne les éloges prodigués par Ulysse :

neuf. L'action se passe dans le camp grec au voisinage de Troie détruite. Le manuscrit est, sur chaque folio, divisé en deux cslonnes. D'un côté est le thème de la scène et, en regard, le texte rédigé. Cette disposition spéciale s'arrête au début de la scène I, de la II* partie, fo 161 verso, pour reprendre à la scène IX, f° 170 verso. Il y à peu de ratures dans le texte, ce qui démontre l’esprit méticuleux d’Ortes qui n’écrivait qu'après mûre réflexion. Il semble bien, en effet, que le Drame ait été écrit directement, sur le manuscrit que nous possédons. On ne comprendrait pas, s’il avait été recopié, que le canevas y figurât à côté du texte.

1. — C’est l'indication manuscrite qui figure à la fin du Drame, fo 172 verso : « Berlino, primo Agosto, 1756. »

« ….I0o non ricuso

Confondere coll’ altrui

L’opra del mio valor. Qual d’altrui Invidia non risento e non desio

Cosi non soglio insuperbir del mio » !.

Le conflit éclate du reste dès qu’Ulysse parle de soumettre Polyxène au sort commun des esclaves royales, dévolues, par le sort, aux princes vainqueurs. À cette exigence, en effet, Pyrrhus répond par un refus catégorique, et repousse avec hauteur les judicieuses raisons qui lui sont objectées :

« E che? Sarebbe

Codesto un minaciarmi ? E simulando Riconoscenza e fè, si pensa forse

Usar forèza ? »?

Ses conseils de modération et de prudence en vain multipliés, Ulysse se retire non sans laisser tomber, malgré sa réserve, des paroles menaçantes :

« In faccia alla tempesta Che desta il tuo furor Vedrem se tal sarai

Se parlerai cosi » *.

Polyxène survient et l’on comprend tout aussitôt que dans le refus de Pyrrhus de la livrer il n’y avait pas seulement une question d'’orgueil. Mais Polyxène demande elle-même que son sort ne soit pas distinct de celui des autres captives. Et comme Pyrrhus demeure stupéfait de semblable requête, elle lui fait remarquer, non sans dignité, qu’elle est bien effectivement prisonnière :

« Ovunque io sia Nello stato presente io mi ritrovo Prigioniera del pari » ‘.

1. — Act. I, sc. I (Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 153 recto).

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