‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 110 sur 197 · Ibid., f° 159 verso · texte numérisé non relu

Ibid., f° 159 verso

qui ne saurait lui donner de bonheur véritable, et qui, surtout, compromet la paix victorieuse des fxrecs :

« Noi la pace vogliam e finchè unito Ti trovi a Lei con un amor insano Potiam di pace assicurarsi invano » !.

Mais ce sont là arguments que l'impétueux Pyrrhus supporte malaisément. Il le dit, du reste, sans ambages :

« Se mi temete

A Polissena unito = Temetemi assai più da Lei diviso ; Grecia non valse Troia

Seneza di me »°.

Eclate alors le coup de théâtre ménagé par l’astucieux Ulysse, et tel que les plus merveilleuses des Fiabe n’en contiennent pas de meilleur : l’ombre d’Achille apparaît soudair pour réclamer le sacrifice de Polyxène. Pyrrhus est vaincu, le péril de la discorde écarté. Agamemnon peut envisager l’avenir avec confiance : aucun retard ne s'oppose plus au retour dans la patrie lointaine, Il s’efforce cependant d’apaiser l’orgueil de Pyrrhus en lui faisant observer que ce n’est point à ses ordres qu’il obéit, mais à la demande de son père :

« In ogni evento

Vantar ti puoi che non da me costretto A1 campo l’abbandoni

Ma che richiesto al genitor la doni » :.

Dans un court monologue, qui termine cette première partie du drame, Pyrrhus, revenu de sa stupeur, se demande si vraiment son devoir est d’obéir à l'ombre d'Achille. Un doute naît, en effet, dans son esprit, sur la sincérité de l'intervention de son père, et sa douleur le dispute à ses doutes :

Page 1