Ibid., f° 160 verso
« Ah ! Non so dov’ io sia ne quel ch’ io dica ; Vo fra cento ignoti affanni
Richiamando il primo ardire
Ma mi perdo in mezzo all’ ire.
E mi sento il core oppresso
Neil mio sen rimproverato » !.
La seconde partie du drame débute par un dialogue entre Polyxène et sa suivante, celle-ci faisant entrevoir ie péril que comporte le projet de sa maîtresse de rejoindre les captives troyennes au camp grec. Polyxène, cependant s’obstine dans sa détermination : sa pudeur et sa fierté lui font un devoir impérieux de s'éloigner de Pyrrhus, tant elle redoute sa propre faiblesse :
« Nessun peggior di questo
Nessun nemico più mi fà spavento.
Più che le offese sue vo ricevando
Più me le fà oddiar il suo rimorso,
Le sue proteste, i teneri trasporti
Quei sguardi…. quei sospiri… Ah! che di mia Debolezza non mai sarô sicura… » ?.
Et devant une dernière objection de sa confidente, elle indique le moyen sûr de s'évader par un sentier secret. Ismène réduite à se rendre à ces raisons, va s’employer de tous ses efforts, de tout son cœur sûr et dévoué, à la réalisation de l’audacieux dessein :
« Compagna di tua sorte Sempre fedel mavrai :
Le pene, le risate, Dividersi con me,
« Il solo tuo desio Mi guida e mi sostiene
1. — Part. I, sc. VII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 161 recto).
2. — Part. II, sc. I (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 161 verso).
Quel che non è tuo bene Contento mio non è »:.
Survient Pyrrhus qui, à nouveau, met en garde Polyxène contre les Grecs. Sans lui rien préciser sur le sort qu'ils lui réservent, il cherche habilement à lui faire redouter le danger dont sa tendresse est, peut-être, Ja principale cause.
« Si sa che tu la prima Sei delle mie premure… » ?,
et dont les Grecs pourraient bien abuser pour l’atteindre lui-même au plus profond du cœur. Il ne convainct cependant pas Polyxène qui s’en remet au Destin avec une grandeur d'âme magnifiquement exprimée :
« …esposta al vento
Del destino io non pavento L’inflessibile rigor
Più mi rende ardita e forte Con pietà della mia sorte L'innocenza del mio cor »*.
Resté seul un instant avant l’arrivée d'Ulysse, Pyrrhus, de sang-froid, réfléchit à l’apparition dont il a été témoin, et entrevoit la duperie :
€ …onoT an certo Gli estinti, o dei viventi Non si prendono cura…. »
Et résolu à conserver Polyxène, il se décide à jouer la partie sur ce nouveau terrain. Aussi à Ulysse qui le rejoint, demande-t-il, avec une ironie contenue, si la volonté d'Achille a bien été interprétée :