Ibid., f° 168 recto
Sa force d'âme ne se dément même pas lorsque Agamemnon lui apprend qu’elle doit être sacrifiée aux Mânes d'Achille. Loin de l’abattre, cette terrifiante nouvelle exalte encore son courage ; avec une hauteur émouvante elle jette son dédaïin à la face de ses vainqueurs :
« La strage
Di tanti miserabili. Une Reggia,
Una litta distrutta, incenerita,
Tante malvagie imprese
Costrerete alfin col sangue sparso D’una innocente vergine. Bel vanto ! » !.
Dans son infortune désespérée elle n'oublie cependant pas Pyrrhus et, suprême preuve de tendresse, pense à la douleur qu’il éprouvera de sa mort :
« La sua pietà fù vana.
Questo di suoi tormenti Sarû il maggior… »?.
Et cette perspective, qui lui est bien plus cruelle que son infortune, elle l’exprime en vers touchants :
« Non so comme il cor oppresso Nel mio sen respiri ancora.
Non è vero che si mora
Nell’ eccesso del dolor »*.
Dans la scène suivante s’affrontent Pyrrhus, ignorant de la venue de Polyxène, et Agamemnon. Pyrrhus, ardent, s’efforce de soutenir un rôle que l’on sent peser à son orgueil. Agamemnon, calme, feint de le croire sincère et avec une subtile ironie, fait l’éloge de la bonne foi et du zèle de son allié :
« Abbiam ragione invero Di lodarsi di te. Prezzo che valga