‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 117 sur 197 · Ibid., f° 169 verso · texte numérisé non relu

Ibid., f° 169 verso

4, — Ibid., f° 170 recto.

peine, du reste, pour interpréter dans un sens favorable l’'oracle de Chalcas : le suprème sacrifice sera donc évité à la courageuse fille de Priam. Par une faveur insigne, d’un accord unanime, elle est même réservée à Pyrrhus. Mais Polyxène, de crainte peut-être d'entraîner dans un destin fatal son amant, décide de s’en remettre au sort commun des esclaves royales :

« E che di mali miei ministra sia Sempre la sorte e non la scelta mia » !.

Agamemnon ne peut que s’incliner devant cette volonté, où il voit, non sans raison, une manifestation exagérée de vertu :

& Virtù tropno severa Che contrastar non lice Ma lodar non si puô… »=°.

Tout risque donc d’être compromis si les Dieux euxmêmes, enfin favorables à Polyxène, ne comblaient ses vœux, en la donnant, par le sort, à Pyrrhus.

Et l’action s'achève en un ballet, où Grecs et Troyennes, au rythme d’un chœur joyeux célèbrent Ja puissance de l'Amour :

« Più stabile, più forte Vince il destin la sorte Ogni concorde amor. » 3.

Le drame, mené d’une allure rapide, est solidement construit. Les scènes s’agencent parfaitement, se déroulent sans heurt. L'intérêt soutenu est bien ménagé, dans la meilleure vraisemblance de l'intrigue. À peine si, avec quelque exagération dans l’obstination de Polyxène qui retarde un peu le dénouement, on pourrait reprocher des

1. — Part. II, sc. IX (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 171 verso).

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