Ibid., f° 179 recto, col
Leurs enfants survenant, c’est une nouvelle occasion pour Régulus, après les premiers embrassements, d'affirmer la foi de sa Gens dans le destin de Rome :
€« À voi non meno
Che a me del duro esiglio è grata Roma.
...Virtù jà il forte
L’esercita l’evento > :.
et d’exalter la ténacité courageuse par quoi seul pourra être désarmé le Sort :
« Ma non giunge ia tempesta A colpir quell’ alma forte Che attendendola funesta
Va la sorte a disarmar »*.
Après deux Scènes très courtes, où Fausta exprime de façon touchante, l'espoir que son père sera sauvé *, et Marzia s’efforce d'élever son âme à la hauteur des sacrifices prochains ‘ nous assistons à un entretien entre Régulus et Annon. Ce dernier s’efforce de gagner son captif, qui s’obstine dans un refus dédaigneux‘. Malgré 1a certitude des supplices barbares qui l’attendent en Afrique, et. la perspective des richesses et des honneurs dont Carthage le comblerait s’il secondait ses desseins, le Romain demeure fidèle à son devoir. L’ambassadeur luimême ne peut s'empêcher de rendre hommage à tant de courageuse fermeté qui va l’obliger — nous le comprenons — à recourir à la ruse...
Caius Attilius apparaissant, Annon se retire, non sans l’exhorter à examiner la situation avec Régulus'. Le
1. — Ibid., f° 179 recto, col. 2, 2. — 1bid., f° 180 recto, col. 1.
3. — Act. I, sc. V (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 180 recto, col. 1).
4. — Act. I, sc. VI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 180 recto, col. 2).
5. — Act. I, sc. VII (Op. varie autogr., Marciana, 1bid., f° 180 recto, col. 2).
6. — Act. I, sc. VIII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 180 verso, col. 2).
consul fait part à Régulus de ses craintes sur les conséquences d’une décision qui empécherait le retour de nombreux prisonniers. Ce à quoi Régulus objecte que la valeur ne dépend pas du nombre :
« Mal perû si desume Dal numero il valor »1.
Pour lui la plupart des captifs offerts en échange ne sont guère qu’une tourbe infidèle dont on ne doit rien attendre de sérieux. Par contre tous les chefs carthaginois sont au pouvoir de Rome, et il importe de ne pas rendre à la Cité rivale là possibilité de recouvrer, avec eux, une partie de sa puissance. Caius insiste cependant : Régulus sera le premier des prisonniers rendus. Mais celui-ci de répliquer avec calme que c’est là considération secondaire.
Mannius, le tribun militaire, survenant, demande à Régulus de se montrer au peuple qui veut l’acclamer. Cet hommage touche le captif ; il y trouve une raison nouvelle à son sacrifice :
« E quest’incontro più vigor m’ispiri Per consacrar ad essa Coi primi ancor gli ultimi miei respiri »?.
L’Acte se termine par une courte Scène entre Mannius et Fausta, qui affaiblit sans doute un peu la tenue de l’ensemble, mais apporte un apaisement aux héroïques péripéties qui viennent de se dérouler.
Nous avons entrevu qu'Annon, ne pouvant obtenir de Régulus qu’il défendît devant le Sénat l'échange des prisonniers, se disposait à recourir à la ruse. Ce détail judicieusement noté, noue l'intrigue. Au second Acte , en effet, le consul apprend à Marzia qu’une lettre d’'Amilcar vient
1. — Act. I, sc. IX (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 181 recto, col. 1).
2. — Act. I, sc. X (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 181 verso, col. 1).
3. — Act. I, sc. XI (Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 181 verso, col. 2 ; fo 182 recto, col. 1).
4, — Act. II, sc. I (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 183 recto, col. 1 et 2; fo 183 verso, col. 1).
de lui être remise par erreur, et non à Régulus son véritable destinataire. Or, dans ceite lettre Amilcar prescrit à Régulus de s'opposer à l'échange des prisonniers, si on lui demande conseil. On comprend la duplicité : le Sénat ainsi prévenu, devait fatalement prendre une décision contraire à celle conseillée, et seconder ainsi, à son insu, les desseins carthaginoïis.
Stupeur et indignation de Régulus, lorsque Caius Atti lius, avec une feinte ironie, lui dévoile la prétendue raison de son hostilité à la demande d’Annon. Le consul, il est vrai, le rassure aussitôt :
« Troppo palese la tua fede…. »?.
Tandis que Regulus, recouvrant son calme, répond avec une dignité simple que sûr de lui, il demeure sans crainte :
« Chi sta di se sicuro altri non teme »?.
L’un et l’autre décident de laisser croire à Annon que son statagème a pleinement réussi. Dans ce but, Caius Attilius lui laisse entendre que la trahison de Regulus est découverte :
« Conoscerai quanto il Senato e Roma Si fidi a un Cittadin, che respirando L'aure affricane, abbia con voi contratto Commercio di costumi… » °.
Mais l'erreur du Carthaginoiïis est de courte Gurée. Après avoir, en effet, sur les affirmations du consul, cru que tout lie monde admettait la trahison, ne voit-il pas s’avancer Regulus qui offre ses enfants et sa femme en otage ? Marzia elle-même, sur sa vie, celles de Fausta et de son fils, se porte, en des paroles élevées, garante de la loyauté de son mari :
1. — Act. II, sc. II (Op. varie autogr., Marciana, 1bid., fo 183 verso, col. 2).