‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 126 sur 197 · Ibid., fo 190 recto, col · texte numérisé non relu

Ibid., fo 190 recto, col

Puis il se retire en hâte devant le désespoir de Marzia à laquelle il envoie Fausta qui venait à lui!, et qui comprend soudain que son père est parti pour toujours, que toute espérance est désormais évanouie 2.

Le consul survient sur ces entrefaites pour annoncer que les légions courent de toutes parts pour s’opposer à l'embarquement de Regulus, et que, par la faute de Mannius, des troubles vont bientôt éclater dans Rome.

Fausta est accablée ‘ et Caius Attilius, malgré sa fermeté, admet que bien souvent la vertu est contraire à ia nature :

« Se da tanta amarezza Accompagnata è la virlu, non sempre E’ conforme «a natura » 5.

La fin se précipite. Nous sommes sur le port près des bateaux qui vont cingler vers Carthage. Mannius, à la tête des légions, veut empêcher Regulus de s’embarquer. Mais celui-ci repousse avec hauteur une telle tentative :

« Quel vil soccorso Che per te brameresti altri detesta >».

Puis, avec une autorité dédaigneuse, il demande aux légionnaires si ce sont là les exemples de discipline rigide qu’il leur enseigna jadis, ou si sa captivité l’a rendu méprisable au point qu’on le pût croire capable de profiter de telles violences :

1. — Act. III, sc. IV (Op. varie autogr., Marciana, 1bid., fo 190 verso, col. 2).

2. — Act. III, sc. V (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 190 verso, col. 2 ; f° 191 verso, col. 1).

3. — Act. III, sc. VI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 191 recto, col 1 et 2).

4, — Act. III, sc. VII (Op. varie autogr., Marciana, tbid., fo 191 recto, col. 2 ; f° 191 verso, col. 1).

5. — Act. III, sc. VIII (Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 191 verso, col. 1).

6. — Act. III, sc. IX (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 191 verso, col. 2 ; 192 recto, col. 1).

« …Il mio servaggio

Mi fè si abbietto ? In che son io più vile In che voi pit temuti, o men soggetti

Al consolo, al Senato ? »!.

Mannius, emporté par son ardeur et son désir de sauver le prisonnier, enjoint à Annon de partir seul, que Regulus demeurera, même malgré lui, à Rome. Regulus saisit alors une pique, la tend à l’ambassadeur carthaginois et clame aux légions que d’elles dépend qu’il termine sa vie avec orgueil à Carthage, ou dans le déshonneur à Rome :

« Quiriti, Attilio, un giorno

Vostro Duce e Proconsolo, la vita TEFMANETO EEE

Grande in Cartago o disperato in Roma » ?.

Devant une telle force d’âme, les légionnaires s’inclinent. Regulus reçoit l'hommage reconnaissant du consul et, une dernière fois, l'expression de la tendresse de sa femme. Puis, salué par les chœurs qui exaltent sa gloire et son holocauste à la Patrie, il gagne son vaisseau, fier de son sacrifice qui ne sera pas inutile :

« E più contento io parto

A prestar alla Patria

L’olocausto miglior. Sia questo ad essa Fausto e propizio augurio… »

Cette rapide analyse démontre que Regulus et Polyxène s’apparentent étroitement. Même agencement logique des événements, même développement rationnel de l'intrigue. Même force, égale sobriété, équivalente netteté. Si l’on

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