bid., f° 192 recto, col
3. — Act. III, sc. X (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 192 recto, col. 1).
rapproche les Personnages, on trouve une sorte de parité de caractère : Marzia ne le cède pas en force d'âme à Polyxène. Chez l’une et chez l’autre, sous les sentiments altiers, même sensibilité contenue, même tendresse qui jaillit par éclats et contraste avec la résignation austère imposée par le devoir. Caius Attilius n’apparaît pas, de son côté, inférieur à Agamemnon et Regulus nous rappelle avec plus de pondération, un Pyrrhus mieux étudié, plus grand dans sa décision, plus serein devant l’adversité dans sa raison réfléchie et implacable.
Mais ces analogies ne suffiraient pas à donner un suffsant aperçu des Personnages. Quelques détails sont encore à relever.
Regulus s'affirme vraiment comme le prototype de la fierté romaine et du dévouement indéfectible à la Patrie. Ce sentiment dominant s’extériorise à tout instant, et finit, par une répétition continue, à s’imposer aux spectateurs avec une force puissante. Soit qu’il affirme la nécessité de l'énergie devant l’adversité ; soit qu’il repousse avec horreur la perspective même de tractations qui pourraïient diminuer la puissance ou l'autorité morale de 14 République ; soit qu’il rejette avec mépris les menaces déguisées du Carthaginois, ou s'élève dans ses conseils au sublime le plus noble, c’est en Romain qu’il pense, parle et agit. À ces qualités morales, s’ajoute une modestie instinctive qui lui fait admettre comme naturelles ses actions les plus éclatantes, comme normal son sacrifice total et définitif; une dignité sereine qui ne se dément jamais et reste toujours égale à elle-même, sans outrance et sans efforts. Tel nous apparaît le héros qui incarne magnifiquement la grandeur romaine.
Près de lui et l’égalant presque, Marzia, digne compagne de cette belle âme. La foi impérative et rigide dans la République broïe son cœur débordant d'amour conjugal. Et ce combat implacable entre deux sentiments également puissants et pareillement nobles, est étudié avec un sens psychologique très sûr, une compréhension délicate qui laissent entrevoir l’'humaïine faiblesse de ce cœur de femme qui plie parfois, mais pour se ressaisir bien vite,
sous le poids du destin. Soit qu'elle puise dans l'aspect physique de Regulus torturé un stimulant à sa tendresse; soit qu’elle regrette de n'avoir pu partager ses Maux ; soit qu’elle prodigue à sa fille éplorée un réconfort plein de résignation, s'offre avec ses enfants en orgueilleux otage, immole son cœur saignant à la gloire du nom et en l’honneur de la Patrie, elle symbolise ces Matrones romaines dont le prestige incomparable et l’autorité dévotement reconnue au foyer familial savaient tremper les caractères, éduquer les consciences de leurs fils pour l’impérissable prestige de la République.
A côté de ce couple cornélien, les autres Personnages, là aussi, apparaissent, par contraste, un peu effacés. On trouve, dans Caius Attilius cependant, toute la fierté du consul, unie à toute la souplesse du chef investi de la charge suprême. Esprit politique, décision, diplomatie, finesse, foi dans les destinées de Rome, générosité de cœur qui s’indigne devant l’orgueil de l'ambassadeur carthaginois, flétrit avec mépris la duplicité punique, s’émeut devant le sort tragique de Regulus et de Marzia, s’attendrit sur la faiblesse de la douce Fausta, enregistre avec fierté au nom Ge Rome le sacrifice de Regulus, il a toutes tes qualités qui le consacrent représentant qualifié d’un grand Peuple.
Annon est, lui aussi, dessiné en traits précis, et vit intensément. Il campe devant la fierté du consul, 1a sagesse du Sénat et l’obstination de son captif, une souplesse, une habileté, une duplicité, bien caractéristiques de sa race, jointes à un orgueil oriental qui ne le cède en rien à celui de ses adversaires romains. Mais son véritable caractère s’affirme, en force, de son opposition même avec les autres Personnages, des contrastes avec leurs tendances. Ce sont vraiment deux peuples avec leur génie particulier, leur idéal différent qui s’affrontent… Et 1e carthaginois nous apparaît toujours naturel, toujours en éveil pour opposer l’argument décisif, habile à saisir l’occasion, rompu à l’art subtil de l'intrigue à laquelle il recourt naturellement lorsque la persuasion devient insuffisante pour vaincre l’obstination de ses adversaires : prêt
à employer des procédés infâmes dont il aura même le courage cynique de vanter l'efficacité : c’est bien une âme punique dans sa tortueuse et dangereuse activité.
Auprès de cette nature féline, l’ardeur robuste et fruste d’un Mannius, soldat courageux certes, et ami fidèle, mais dépourvu de toute subtilité, apparaît singulièrement puérile. Son admiration pour Regulus, son dévouement à la République, sa tendresse pour Fausta, voilà les généreux sentiments qui l’animent sans qu’il entrevoie même une possibilité de confit entre eux. Aussi agit-il avec une énergie confiante et dépourvue de toutes complications. Il va droit au but, et ce but lui semble toujours son devoir catégorique. Tout au plus feindra-t-il d’être dupe d’Annon iorsque celui-ci lui demandera de soulever les légions pour retenir Regulus, projet que dans un tout autre esprit mais pour un but identique, il avait déjà arrêté.
Reste Fausta, tendre fille et amante réservée. Dans cette intrigue aux passions heurtées et rudes, elle apporte la douceur féminine, dans sa grâce juvénile et touchante. Débordante d'amour filial, elle trouve des mots charmants pour dépeindre à son père les élans de son cœur et sa fierté d’être sa fille, pour exprimer à sa mère son étonnement douloureux de ne pouvoir, à l’aube de la vie, caresser, même en espérance, la perspective d’un bonheur humain. Mais cette frêle nature saura cependant puiser dans sa tendresse meurtrie le courage nécessaire pour oser soutenir à Regulus les droits du cœur contre ceux de la raison et du devoir impérieux. Figure doucement attendrie, qui par un contraste judicieusement ménagé, souligne la puissance et la force des autres caractères qui s'affrontent, sans tomber dans l’emphase, écueil cependant malaisé à éviter.
Malgré des longueurs et des négligences, il convient, ici encore, de noter un style ferme, une langue riche, précise, où les mots portent et font image; où tout contribue à ménager à l’action une vie intense en même temps qu’un accent réel de vérité. Et les exemples abondent :
C’est Regulus qui précise avec une briéveté fle maxime les
raisons s’opposant à l'échange des prisonniers !: : affirme son indépendance morale vis-à-vis de Carthage’; dédaigne la pitié® ; fait de l’exemple 1: meilleur stimulant du devoir civique ‘ comme le meilleur éloge. C’est Caius Attilius qui s’exprime avec la même netteté soit qu’il juge une situation ‘, soit qu’il qualifie une attitude ’.
La langue, du reste, demeure noble qu'il s'agisse d’exprimer les sentiments altiers de Marzia sacrifiant son amour à Rome, l’attendrissement contenu de Regulus à la vue de sa fille’, ou de dépeindre l'élan gracieux de
DER ne Pa mé Di Roma L’uso, la dignità, la disciplina, La costanza, l’esempio.. (Act. I, sc. III : Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 178 verso, col. 1 in fine, col. 2 princip.).
DE ad re OT EE Io non accuso Il suo rigor. Lo meritai nemico Schiavo lo attendo. (Act. I, sc. IV : Op. varie autogr., Marciana, 1bid., fo 179 recto, col. 2 princ.)
3. — Pietà che non si chiede Apparisce importuna. (Act. I, sc. VII : Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 180 recto, col. 1).
E’ sempre ingiusta Une pietà dannosa. (Act. I, sc. IX : Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 181 recto, col 2 in fine ; f° 181 verso, col. 1 princip.).
ANSE EM ISER. sÉ À noi tocca per ora Donar esempio ai figli Più che trarlo da gli avi. (Act. III, sc. II : Op varie autogr., Marciana, 1bid., fo 189 verso, col. 1).