‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 128 sur 197 · Quei, più lodi il valor che più l’imita. (1bid · texte numérisé non relu

Quei, più lodi il valor che più l’imita. (1bid

6. — Nemico che presume è mezzo vinto. (Act. I, sc. I : Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 177 verso, col. 1).

= eee ca e ben risponde Meglio allo scherno quei che meglio tace, Che il più tacito sprezzo è il più mordace. (Act. I, sc. III : Op. varie autogr., Marciana, 1bid., fo 179 recto, col. 1).

8. — Finchè d’Attilio à Roma Giovô la prigionia, dalle catene Libero nol bramai. (Act. I, sc. II : Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 177 verso, col. 2).

9, — Cara, le prime ancora Traccie puerili io ti conosco in volto Spiegate omai nel giovenil decoro (Act. I, sc. IV : Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 179 verso, col. 1).

Fausta disant sa joie de revoir son père !, son ardeur à clamer l'égalité humaine devant la douleur ?.

Les trois drames que nous avons examinés suffisent à justifier le talent d'Ortes, en même temps au’une élévation de sentiments, une générosité de cœur et de pensée trop exceptionnelle à Venise au xvrrr° siècle pour n'être pas notées *… Nul doute qu’il n’eût emporté avec ses Tragé-

1. — A me palese Ti fan più del sembiante — I risalti del cor... (Act. I, sc. IV ; Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 179 verso, col. 1).

2. — Ah! non si nasce in Roma Men figlia che in Cartagine.… (Act. II, sc. V : Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 186 recto, col. 1).

3. — On trouve aux manuscrits d’Ortes (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, fo 193 à 208 recto et verso) un autre drame : Manlius Capitolinus (Manlio Capitolino, Azione drammatica, da rappresentarsi par Musica,a 5 voci). Cet ouvrage, commencé à Vienne en novembre 1756, repris et terminé à Venise en 1760, ainsi qu’il est précisé au manuscrit (Marciana, 1bid., f° 193 recto), est divisé, comme Polyxène et Calypso, en deux parties, et non plus en actes comme Régulus. La première partie compte neuf scènes, la seconde, dix. Là encore le sujet est tiré de l'Histoire romaine. Il s’agit d’un épisode — l'épisode final — de la lutte contre le Sénat de Manlius Capitolinus, qui, pour être passé dans le parti populaire et avoir comploté contre la République, fut précipité du haut de la Roche Tarpéienne.

Le drame débute (Marciana, ibid., f° 195 recto) par un entretien de Manlius et de son intime ami Curius, au cours duquel, après quelques explications sur le complot qui va éclater, Manlius dit à Curius les funestes pressentiments qui l’agitent. Dans la scène II (Marciana, ibid., fo 196 recto). Clélia apprend à son époux Curius que, trahissant sa confiance, elle a, pour le sauver, dévoilé à son père, le consul Camille, les desseins des conjurés, dont elle a du reste obtenu la grâce. Les scènes III et IV (Marciana, ibid., f° 197 verso), où le tribun militaire Minucius vient arrêter Curius et rassure Clélia sur cette arrestation, n’'offrent guère d'intérêt. La scène VI, par contre (Marciana, ibid., fo 198 recto) où Camille et Manlius s'affrontent, permet de juger deux caractères également orgueilleux, et persuadés, l’un et l’autre, que leurs efforts opposés tendent seuls à la plus grande gloire de Rome. Dans les scènes VII et VIII (Marciana, ibid., fo 199 recto et verso), Manlius accable Curius de son mépris pour lavoir trahi. De son côté Curius (scène IX, Marciana, ibid. fo 200 verso) reproche cruellement à Clélia l’excès de son amour qui l’a poussée à révéler à son père les confidences qu'il avait eu l’imprudence de lui faire.

Dès le début de la seconde partie (sc. I, Marciana, ibid., fo 203 recto), on sent que les événements se sont normalement dé-

dies les plus légitimes succès à la scène. s’il l’eût voulu. Mais là encore, comme pour ses écrits économiques ou

roulés. Manlius, toujours indompté, est prisonnier. Mais il est toujours sauf, suivant la promesse du consul à sa fille. Cette promesse, du reste, Clélia la rappelle à son père et en obtient la confirmation, malgré l'attitude obstinément hostile de Manlius. Aussitôt, cependant (sc. II, Marciana, ibid., fo 203 verso), le peuple, qui est, en réalité, le principal personnage de Ia seconde partie, envoie au consul un plébiscite pour demander que lui soit réservé le soin de juger Manlius. Ce fait ne laisse pas d’inquiéter Clélia que l’inconstance populaire effraie, et qui redoute un conflit public entre le consul et Manlius (scène III, Marciana, ibid., fo 204 recto). Après une courte scène sans intérêt (scène IV, Marciana, ibid., fo 204 recto), Manlius et Curius se retrouvent en présence (scène V, Marciana, ibid., f° 204 verso). Devant les remords de Curius, en considération aussi des efforts qu’il déploie pour racheter une trahison dont il est, en définitive, auteur involontaire, Manlius lui pardonne et lui confie son désir de se présenter aux Comices pour demander aux Quirites de se prononcer soit pour lui, soit pour le consul et le Sénat. Malgré les sages conseils de son ami qui serait d'avis de temporiser, Manlius, cédant à ce qu'il appelle sa « nature féroce », va tenter l'épreuve d’où il sortira ou vainqueur ou voué à la mort. C’est bien du reste ce que redoute Curius ; il en fait part à Clélia (scène VI, Marciana, ibid., fo 205 verso). Abandonnant sa femme incertaine (scène VII, Marciana, ibid., fo 206 verso), il rejoint Manlius et s'efforce de vanter au peuple la conduite de Manlius et de rappeler tout ce que Rome lui doit (scène VIII, Marciana, ibid., f° 206 verso). Manlius de son côté harangue la foule qui l’acclame. Survient le consul (scène IX, Marciana, ibid., f° 207 recto). Il s'étonne, avec hauteur, que lui présent, on ose en acclamer un autre. A son tour, il parle à la foule dont il brave les clameurs, bien décidé à mourir avant de voir la Patrie livrée aux traîtres. Devant le peuple, qui doit juger, Camille et Manlius s'affrontent. Camille, aux menaces et aux appels à l'insurrection de Manlius, répond, habilement, par des insinuations et des accusations formelles contre Manlius. Celui-ci, par suprême dédain, et confiant aussi dans son passé, refuse de se défendre. Le consul profite de cette erreur orgueilleuse pour demander sa condamnation. La foule en grande partie l’approuve. Curius fait une suprême tentative (scène X, Marciana, ibid., f° 208 recto) pour conjurer les Romains de ne pas ajouter foi aux accusations portées contre Manlius. Efforts vains. Manlius, en effet, indigné de l’inconstance et de l’ingratitude de ce peuple pour lequel il a tant fait, après avoir recommandé à Clélia de veiller sur Curius, se précipite lui même du haut de la Roche Tarpéiènne…

On sent à cette analyse la lenteur de l’action. Peut-être parce qu’il a été composé en deux fois, on ne retrouve pas dans ce drame, au même degré, les qualités dont Ortes à fait montre dans les précédents. Sans doute les caractères sont encore assez nettement dessinés, surtout celui de Clélia, mais l'intrigue s’attarde, et l’opposition des personnages est affaiblie par des

philosophiques, indifférente lui fut la consécration du public. Aussi son généreux effort demeura-t-il inconnu et ses essais restèrent-ils enfouis dans la graphie enchevêtrée d’un manuscrit malaisé, comme un beau Giamant au milieu de sa gangue rude.

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