IV. —— RÉCIT : LA FABLE DE PSYCHÉ
Nous ne saurions terminer l'examen de l’œuvre littéraire d’Ortes sans citer sa Fable de Psyché. Egaré dans un registre manuscrit, entre de méticuleuses observations ethnographique et de subtiles considérations philosophiques !, ce court récit, tiré des Métamorphoses d’Apulée ?, est tout fraîcheur délicate, sentimentalité légère et grâce doucement attendrie., C’est un aspect nouveau de la manière d’Ortes qui valait d’être rapporté.
« Psyché, fille d’un roi de la Grèce, avait deux sœurs très belles, qu’elle éclipsait cependant par sa beauté. Vénus, dont elle était la prêtresse, la voyant admirée de tous et, pour elle, l’antique culte de ses autels abandonné, en prit ombrage. Jalouse, elle fit en sorte, par sa toute puissance, que nul, malgré la foule de ses adorateurs, ne demandât Psyché en mariage. Si bien que triste victime pleine d’affliction, la jeune fille se trouvait contrainte à vivre dans la maison paternelle, alors que ses sœurs étaient déjà unies dans les liens de l’hyménée.
développements oratoires artificiels et froids. C’est à peine si dans la scène IX de la première partie, entre Clélia et Curius, on retrouve cette vivacité et cette impétuosité de sentiments que l’on rencontre chez Calypso, et surtout chez Polyxène et chez Régulus. Du reste cet éclat passager ne dure pas et la scène, avec la première partie, se termine par un dialogue dépourvu de force et de finesse.
Tel quel, et pour être complet, nous avons tenu, cependant, à donner un bref aperçu de ce drame médiocre, qui ne fut pas non plus porté à la scène.
1. — Le Manuscrit de la Favola di Psichè est en effet incorporé dans les Studi varii autografi (Marciana, It, class. XI, cod. CXXXV, f” 32 à 33 recto et verso), entre les observations d’Ortes sur le Carattere degli Americani, et son Calcolo de’ Viai e delle Virtu.