‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 144 sur 197 · III. — DES BIENS PRODUITS DU TRAVAIL ET DE LA TERRE · texte numérisé non relu

III. — DES BIENS PRODUITS DU TRAVAIL ET DE LA TERRE

L. — De la Masse des biens nationaux. — Le Travail et la Terre constituent des antériorités naturelles et nécessaires*; mais, nous le savons, les biens d’une nation, c'est-à-dire tout ce qui permet à cette nation de vivre ‘, ne s’identifient pas avec la Terre seule’. Les produits naturels du sol ne sont pas, en effet, pour la plupart, propres à la subsistance : ce sont ceux qu’Ortes appelle

t. XXI, p. 164 et suiv.) propres à la culture du blé, de la vigne, des légumes, des fruits, en un mot des diverses plantes utiles à l’homme ; les seconds, comprenant les prés, les lacs, les rivières (Econ. Naëzion., liv. II, chap. XIII, Custont, ibid. p. 170 et suiv.) ; les derniers servant d’assiette aux constructions, aux routes, aux ponts, aux places. (Econ. Naëzion., liv. IT, chap. XIV, Cusropt, ouv. cit., ibid, p. 174 et suiv.).

1. — Ortes les énumère au liv. II, chap. X (CusrTont, ibid. p. 159 et suiv.) ; aux chap. II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX (Cus- TODI, OU. Cit., ibid., p. 139 à 159). Il classe ces biens en diverses catégories. Michele Ciani lui avait reproché cette distinction parce qu’incomplète : elle ne vise pas notamment les biens relatifs à la vue, à l’odorat, au tact. Dans une de ses lettres à son ami (Tre Lett. al Sig. Aud. Michele Ciani, Lett. II, précit., CusTopt, ouv. cit, p. m., t. XXIII, p. 338 et suiv.), Ortes examine l’objection et discute très subtilement sur la nécessité sociale « de la quantité et de la qualité des genres satisfaisant ces quatre sens », et sur leur non divisibilité de « ceux qui servent d'aliments, de vêtements, d'habitations ».

2. — Econ. Nazion., liv. II, chap. XXI (CusTopr, ouv. cit. p. m., t. XXI, p. 206).

3. — « ……in qualsivoglia circonstanza Oo condizione… ei non potrà sussistere che in conseguenza di beni, e non potrà aver beni che in conseguenza di occupazioni, e non occupazioni che in conseguenza di terreni. » Econ. Nazion., liv. I, chap. XXI (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 124).

4. — « Per beni d’una nazione s’intendono tutte le sostanze consumabili che effettivamente la mantengono o che porgono ed essa la bastante, comoda e piacevole sussistanza.… » Discorso sull'Econ. Nazion. (Op. varie autogr., Marciana, It, class. IT, cod. CXXXVIII, f° 233 recto).

5. — Econ. Nazion., liv. IV, chap. II (CUSTODI, ouv. cit., p. m, CEXXTL D" 12):

des « biens possibles »:, C’est le Travail, complément indispensable, mais soumis à la loi du rendement non proportionnel ?, qui permettra de rendre actuels ces biens en puissance *. Mais ces biens actuels et ces biens possibles ou futurs ont entre eux un rapport déterminé. Ortes le fixe de 100 à 4 : « 100 de biens actuels. peuvent se compenser par 4 seulement de biens possibles à recueillir et à consommer chaque année indéfiniment. » 4 Ainsi apparaît chez Ortes l’origine de la théorie de l'utilité finale que reprendra plus tard l’Ecole psychologique avec Gossen, Walras, Bôhm-Bawerk, Dupuit, auquel l’idée première en à été attribuée ‘,

Quelle est la valeur des biens, fruit des occupations ? Ortes la détermine par la loi de l'Offre et de la Demande : elle égale leur recherche R divisée par leur masse M,

ps à soit V=+ 6.

1. — « I terreni… si considereranno… come equivalente di tutti à beni possibili, o come un fondo perpetuo e inesausto… » (Cusront, ouv. cit., ibid., p. 16).

2. — Ortes l'indique, en effet, au chap. I du liv. IV, sans grande précision d’ailleurs, après avoir posé le problème : « si suole arguire, che se mediante le macchine e gli artifici usati nella coltura di terre e delle arti.… si ottiene certa quantità di beni…., mediante altre macchinazioni di doppia astuzia, l’agricoltura, le manifatture. sarebber promosse al doppia.… » (Cus- TODI, OUV. Cit., p. m., t. XXII, p. 10). Et il qualifie ces perspective de « sogni di genti che stravagano fra l’ignoranza e la fame o l’indigestione.…., » (1bid., p. 12).

3. — « …e la somma di tutti i beni raccolti, modificati, distr1buti e amministrati, dovrà computarsi un equivalente di tutte le moltiplici occupazioni che versan su quei beni… » Econ. Nazion., liv. IV, chap. III (CUSTODI, ouv. cit., p. m,, t. XXII, p. 19 in fin., 20 princip.).

4. — Econ. Nazion., liv. IV, chap. XVIII (Cusropr, ouv. cit. D'm, tt XXI) p.106)

5. — Ge et Rist, Histoire des Doctrines économ., liv. V, chap. I, Les Hédonistes, $ 2, p. 617 et suiv.

6. — D'après Ortes, cette masse est invariable. Econ. Nazion., liv. IV, chap. VII (Cusropt, ouv. cit., ibid, p. 38 et suiv.). Voir Infra, p. 330. D’autre part, la recherche serait mesurée au besoin commun de la nation invariable lui aussi. Econ. Nazion., liv. II, chap. XXII (Cusront, ouv. cit. p. m., t. XXI, p. 211). Par

conséquent, la valeur pourra être figurée par la formule V — = = Cela revient à dire qu’elle est constante. Econ. Nazion., liv. IV,

Mais la quantité n’est pas le seul élément de la valeur. Il y à encore la qualité, déterminée à la fois par la modification, la distribution, l'administration assurant l'échange entre les nations 1.

La masse de ces biens, fruits du Travail et de la Terre, en vertu du principe de raison suffisante, cause déterminante de l’activité humaine, doit, d’après Ortes, se mesurer strictement aux besoins nationaux ?, le superflu de l’un compensant toujours, au point de vue universel, le besoin de l’autre *,

De ces prémisses , originales à défaut d’autres qualités,

chap. VIII (Cusront, ouv. cit., p. m., t. XXII, p. 45 in fine). Si une catégorie de biens Eten illimitée, leur valeur sera

représentée par la formule V — = 0, lors même que ces biens

seraient indispensables, l’air, par exemple. Mais si, par contre, la quantité devenait très restreinte, ou même nulle par rapport à la recherche, la valeur augmenterait jusqu’à l'infini et serait

formulée Ne co … Comme pour. la fidélité en amour !

« Tale sarebbe il valore… della fedeltà in amore.. » (Chap. VIII, ibid., p. 49).

1. — Econ. Naëion., liv. IV, chap. XIII (CusTont, ouv. cit., ibid., p. 75).

2. — Econ. Nazion., Disc. prelim. II (CUSTODI, ou. cit., p. M. t. XXI, p. 6). Il dit ailleurs : « ..i beni o le richezze effective e reali sono e debbono essere in ogni Nazione determinate e misurate dalla popolazione che dee consomarli senza mai eccedere e senza mancare… » Discorso sull’Econ. Nazion, IV (On. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, f° 233 verso. Voir aussi 234 recto ; V, ibid., f° ajouté). Voir également Econ. Nazion. liv. II, chap. XXI (CUSTODI, ouv. cit, p. m.,. t. XXI, p. 207). Tout devrait, en définitive, se réduire à un jeu de balance. Lett. XXIV, à Michele Ciani (CUSTODI, ouv. cit. p. m, t. XXIV, p. 397) ; Lett. XI (ibid., p. 361) ; Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. VII, précit. (CUSTODI, Ouv. cit, p. m. t. XXVI, p. 29) ; Lett. XI, précit. (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 150).

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