‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 167 sur 197 · Supra, p. 365 et note · texte numérisé non relu

Supra, p. 365 et note

le vieux distinguo spécieux de la pauvreté volontaire .

Pour Ortes, il existe deux sortes de pauvreté : la servile et la volontaire. Celle-ci, moyen par lequel chacun peut être libre et riche ? — source de toutes les vertus — recommande de négliger l'acquisition de nouveaux biens quand ceux déjà possédés sont suffisants, afin de permettre aux dépossédés de s’en procurer‘. Celle-là, au contraire, s’impose et accable l’homme réduit à tirer sa subsistance d'autrui *.

Or, la pauvreté ecclésiastique ne peut être que la pauvreté volontaire f. C’est grâce à cette pauvreté spéciale, ajoute-t-il — affirmation inattendue pour qui connaît ses idées touchant la répartition des richesses et la répercussion étroite de l’opulence sur la misère — que l’accroissement du patrimoine ecclésiastique ne saurait entraîner une diminution quelconque de richesse chez les laïques, contrairement à ce que soutenait Fra Paolo qu’il malmène assez sévèrement, parce qu’il confondait la pauvreté volontaire et la pauvreté servile’.

1. — On sait que cette question de la pauvreté volontaire avait soulevé aux xII, xIrI® et xivt siècles un vif débat. Des hommes, comme François d'Assise, fondèrent des ordres religieux ayant ce principe pour dogme.

2. — Dei Fidecommessi, liv. I, chap. XVIII (CUSTODI, ouv. cit., p. m.,, t. XXVII, p. 141).

8. — Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XIX et XX (Cusropt, ouv. Cit., ibid., p. 321 et suiv.).

4. — C’est par là qu’il justifie l’oisiveté monacale (Cf. Supra, De l'Economie Nationale, sect. II, $ I, 1v, p. 320, n. 5).

5. — Dei Fidecommessi, liv. I, chap. XVI (Custonr, ouv. cit., ibid., p. 123. Cf. également p. 125).

6. — « L’equivoco stà nel termine stesso di povertà, per la quale gli ecclesiastici non intendono ne possono intender altra cosa giammai che la evangelica e volontaria.… » Errori popolari axiom. VI, 11 (Custont, ouv. cit., p. m., t. XXV, p. 171 in fine). C’est ce qu’il dit encore : Dei Fidecommessi, liv. I, chap. XVI (Cusronr, ouv. cit., p. m., t. XXVII, p. 126). Voir également ce qu’il dit, dans ses Errori popolari, sur la pauvreté évangélique, axiom. II, vi, (CustTonr, ouv. cit, p. m.,, t. XXV, p. 71) ; axiom. III, vi, (Gbid., p. 101 et suiv.;, axiome. VI, 11, (Gbid., p. 171 à 175) ; axiom. VI, 1v, (Gbid., p. 179 à 183) ; axiom. VIL 1, Gbid., p. 199 et suiv.).

Page 1