‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 169 sur 197 · SECTION I. — DU SYSTEME D'’ORTES SUR LA POPULATION · texte numérisé non relu

SECTION I. — DU SYSTEME D'’ORTES SUR LA POPULATION

Le problème de la Population était l'objet des plus sérieuses préoccupations des Economistes italiens du Settecento. Se rapprochant de Mirabeau et des partisans de l'Ecole populationniste française, ils attribuaient, en effet, un rôle de premier plan à la population. En Italie, d’ailleurs, à la question démographique, s’identifiait celle de la puissance de l'Etat. Aussi chacun était-il soucieux

d'apporter sa solution personnelle. Et les théories, les opuscules, les brochures d’abonder. Une étude systématique faisait cependant défaut : c’est un des grands mérites d’Ortes de l’avoir donnée dans ses Riflessioni sulla Popolazione:, où, pour la première fois, est exposé un système véritablement dynamique de la population basé sur deux lois bien distinctes, l’une biologique, et par contre-coup politique : l'accroissement de la population ; l’autre économique : l'augmentation des moyens de production. Et non seulement il a su mettre ces lois en lumière, mais, ce qui ajoute encore à son mérite, il s’est efforcé d’en préciser les rapports et les effets.

Tandis que d’une façon générale on voyait dans l’accroissement de la population à peu près le seul moyen d'augmenter la puissance de l'Etat *, Ortes, tendance déjà manifestée dans l'Economie Nationale*, soutient que toute nation doit se maintenir, quant à sa population, dans les limites étroites‘. Envisageant le problème du

1. — Riflessioni sulla Popolazione delle Nazioni per rapporto all’Economia Nazionale, Venezia, 1790. Nous savons (chap. I, Supra, p. 22 et note 3) que ces Réflexions figurent aux manuscrits d’Ortes, à la Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII ; It., class. XI, cod. CXXXV). Les chapitres manuscrits du registre CXXXV, portent les numéros : XXI (Delle famiglie povere e delle ricche) ; XXII (Delle famiglie nelle Città e nelle Campagne) ; XXIII (Delle famiglie nobili) ; XXIV (Della durata delle famiglie nobili) ; XXV (Delle famiglie nobili aristocratiche). Ces chapitres publiés au t. XLIX, supplément de CUSTODI, y figurent respectivement sous les numéros XXX, XXXI, XXXII, XXXIII, XXXIV. L'ouvrage est publié, en effet, tout entier dans la Collection Custodi : au t. XXIV (p. 7 à 114) pour les chap. I à XVII; au t. XLIX, suppl. (p. 169 à 254) pour les chap. XVIII à XXXIV. Pour permettre de s’y reporter plus aisément, nous donnerons, en même temps que la référence manuscrite, la référence dans Custodi.

2. — Voir par exemple : GENOVESI, Lez. di Econ. civil., chap. I, $ XXXI (Cusrtont, ouv. cit, p. m., t. VII, p. 74) ; $ XXXIII, (Gbid., p. 77) ; $ XXXVII (ibid., p. 79). — F'ILANGIERI, Delle Leggi polit. ed econ., chap. III, IV, V, VI, VII, VIII, passim. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXXII, p. 52 et suiv.). — VERRI, Meditazioni sulla Econ. Nazion., $ XXI (CusrToni, ouv. cit, p. m., t. XV, p. 187). — BECCARIA, Elementi di Econ. pubblica, part. I, chap. III (Custont, ouv. cit., p. m.,, t. XI, p. 55 et suiv.).

3. — Econ. Nazion. liv. I, chap. I (CUSTODI, Ouv. cit., p. m., t. XXI, p. 40).

4, — « Io… intendo che la popolazione in qualcunque nazione

point de vue politique comme du point de vue économique, il s’attache à rechercher les modes par lesquels une population peut croître, se maintenir ou diminuer, et comment, sans souffrir de la pauvreté ni d’une oppression quelconque, elle peut assurer avec la puissance normale de l'Etat, une solide prospérité nationale :, De 1a sorte, il se trouve amené à donner sa solution personnelle au problème simplement posé dans l'Economie Nationale : de la pauvreté corollaire indispensable de la richesss.

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