I. — DE LA PROGRESSION ILLIMITÉE DE LA POPULATION
Ortes, dès l’abord, pose le principe d’ordre biologique de la progression illimitée de la population. Après avoir étudié cette progression sur deux couples, il conclut à l’accroissement géométrique des êtres vivants pour un accroissement arithmétique du temps ?. Et la pléthore des espèces animales ne sera évitée que par entrave au jeu normal de la ioi naturelle : par la force pour ce qui est des bêtes * ; par la raison quand il s’agit des hommes.
Trois éléments sont, en effet, indispensables pour assurer toute multiplication de l’espèce : le temps, l’activité génésique, la subsistance. Si les deux premiers ne font pas défaut, il n’en est pas de même du dernier — d’ordre économique — de telle sorte que la quantité des produits
aæbbia à contenersi fra certi limiti,nè più ristretti, nè più estesi di quei che convengono per provvedere da se stessa alla sua sussistenza, senza ricorrere ad altri.… ». Riflessioni sulla Popolaz., prefaz. (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, fo 113 recto ; CusTopi, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 7). Voir encore Riflessioni sulla Popolaz., chap. VII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 124 recto ; Cusront, ibid., p. 56).
1. — Riflessioni sulla Popolaz., prefaz. (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 115 recto ; Cusront, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 16).
2. — « col crescere i tempi aritmeticamente o per incrementi uguali, e crescendo i vivendi geometricamente o per aumenti simili… ». Riflessioni sulla Popolaz., chap. I (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 118 verso ; CusToni, ouv. cit., ibid., p. 25).
3. — Riflessioni sulla Popolaz., chap. II ; (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 119 recto et verso ; CusTont, ibid., p. 27 à 31).
alimentaires : limitera la population ?. Et la loi économique l’emportant sur la loi biologique, intervient l’abstinence du mariage à,
Le célibat, contre-partie nécessaire du mariage, apparaît à Ortes d’une utilité égale à celui-ci‘ Aussi le défend-il avec chaleur. Il y voit une preuve de la sublimité de notre être et de notre raison’, parce qu’il permettra seul, sans recourir à des procédés cruels ou avilissants pour la dignité humaine‘, d'empêcher une procréation supérieure aux subsistances normales ?.
1. — Ortes, plus logique et plus complet que les Economistes anglais qui envisagent le blé seul, embrasse tous les produits : « …grani di più specie, vini, legumi, lini, legna, fieni e simili prodotti del genere vegetale, carni ancora di più specie, latticini, lane, sete, cuoja ed altri del genere animale. » Riflessioni sulla Popolaz., chap. VII (Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 123 verso ; CUSTODI, OUv. Cil., 1bid., p. 53).
2. — « Col procedere quella progressione più oltre, i nati dappoi dovrebbero dai genitori strozzarsi in fasce o servir loro di cibo.. ». Riflessioni sulla Popolaz., chap. III (O0. varie autogr., Marciana, 1bid., fo 120 recto ; CusrTopt, ouv. cit., ibid., p. 34).
3. — Sur l’origine du mariage, voir Riflessioni di un filosofo americano. (Op. varie autogr., Marciana, ibid. f” 42 recto, 60 verso).
4. — « …ammesso il matrimonio in ognuno che sia capace, la specie umane cresce agli eccessi… ; laonde per evitar quegli eccessi è necessaria l’astinenza dal matrimonio, solita appellarsi celibato. » Riflessioni sulla Popolaz., chap. IV (Op. varie autogr., Marciana, 1bid., fo 120 verso ; Cusropt, ibid., p. 36). Voir encore chap. XXVI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 143 recto ; Cusrtopi, ouv. cit., t. XLIX, suppl, p. 208 princip.) ; chap. XXVII (Op. varie autogr., Marciana, 1bid., f” 144, 145 recto et verso ; CusTopi, ouv. cit., 1bid., p. 212 et suiv.).
5. — « … il celibato o la volontaria astinenza dal matrimonio sia cosi una prova nell uomo della subblimità del suo essere, e di quella ragione che lo distingue... ». Riflessioni sulla Popolaz., chap. XXVII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 145 verso; Cusrtopi, ouv. cit., ibid., p. 217).
6. — Riflessioni sulla Popolaz., chap. IV (Op. varie autogr. Marciana, ibid., f° 121 verso ; CusrTopi, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 41).
7. — Dans ce rôle régulateur du célibat, Carlo de Franchis (ouv. cit. XV, p. 136) voit une différence de fins entre Ortes et Malthus : l’un voudrait ramener la progression géométrique de la population à la limite des subsistances ; l’autre réduire cette progression géométrique à une simple progression arithmétique. C’est là une distinction quelque peu spécieuse. En réalité,