‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 20 sur 197 · Infra, p. 56 et note · texte numérisé non relu

Infra, p. 56 et note

3. — « Io so che chi parla a tutti, non parla à nessuni ; e un autore che con un libro s’indirizza al pubblico, dovrebbe sapere che il pubblico comunemente non sa leggere e men scrivere. » Econ. Nazion., Disc. prelim., XII (Custopt, ouv. cit., p. m., t. XXI, p. 34) ; XIII (ibid, p. 37). Voir encore : Lett. in propos. della Econ. Nazion. Avviso dell’ Aut. (Cusropt, ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 9).

4— Son ami Andrea Memmo, illustre patricien de Venise, dit à ce sujet : « Il Sig. Ortes Veneziano si è reso celebre per moltissime opere… che à spese tutte sue fece stampare per dar in dono 2’ soli suoi amici. » (ANDREA MEMMO, Elementi del Architettura Lodoniana, p. 2).

5. — Lett. XXXI, précit. à Ciani, (CUSTODI, ouv. cit, p.m., t. XXIV, p. 411). Cf. encore Lett. XXII ,précit., à Ciani. (CUS- TODI, OUT. Cit., ibidem, p. 392).

6. — Lett. XXXVII, à Michele Ciani, de Venise, 27 mars 1784 (Custont, ouv. cit., ibid., p. 429). Au sujet des mêmes Fidéi-

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primés à titre privé »', il en tenait une méticuleuse comptabilité, si rigoureuse que malgré toute son affectueuse confiance, il s'inquiète auprès de Ciani, du destinataire d’un exemplaire de l'Economie Nationale qu’il lui réclamait ?.

Sensible à la louange, se prévalant même volontiers de sa qualité de lettré*, Ortes dans ses rapports avec ses amis, donne cependant maints exemples d’effacement discret. Et cet effacement revêt à l’occasion une forme touchante qui contraste avec l’intransigeance, parfois agressive, dont il ne se départit guère à l'égard de ses contradicteurs ou des indifférents. Un jour, il se dit manquer d'intelligence, d'esprit et de manières‘; une autre fois, craignant que les éloges dont il est l’objet ne tournent en raillerie, il écrit à Ciani : « Je vous prie, si vous croyez devoir jamais parler de moi, de n’en dire que ce qui peut être cru »°. Et Ciani ne l'ayant pas écouté, il s’en plaint parce qu’à son avis parler de lui en trop bons termes risque de le mettre en fâcheuse posture‘. Lorsque, devenu vieux et malade, si vieux et

commis, il avait précisé à Ciani, deux mois auparavant, en le priant de s'occuper de leur impression, que le tirage serait : « per poche copie s'intende e privatamente come è il mio solito. » Lett. XXXIV, précit. (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 420). Et Ciani n'ayant pas exactement suivi ses instructions, il n’hésita pas à le lui reprocher. Lett. XXXWVIII, précit. (CUSTODI, OU. Cit,4D, 433) WOIrISUDTA p "12; n:0;

1. — Voir Lett. sulla Relig. e il Govern…, Lætt. III, précit. (CuSTODI, ouv. cit., p.m. t. XXV, p. 314).

2. — « La prego à dirmi per chi esso serve (l’exemplaire de l'ouvrage), tenendo io nota di quelli ai quali do tali libri… » Tre Lettere al Sig. Michele Ciani, Lett. II, précit., post-script. (Custopt, ouv. cil., p.m., t. XXIII, p. 358).

3. — « non solo non ricuso il nome di letterato, ma me ne fo vanto, e vo superbo di quelle lodi che come tale potessi meritarmi dalle persone più ingenue e di senno migliore. » Lett. in propos. della Econ. Nazion. Lett. VIII, à Ciani, du 11 octobre 1777. (Custont, ouv. cit., ibidem, p. 210).

4, —Lett. IX, précit., à Ciani. (CUSTODI, OUT. cit. p.m., LERSCEVESD 857):

5. — Lett. X, précit. (Cusropr, ouv. cit., ibid., p. 358). 6. — « ma prego poi lei a non prevenir tanto altri in mio

SA VIE, SON CARACTÈRE Gil

si malade qu’il en est réduit à conduire sa plume < comme les peintres leur pinceau »>!, malgré son amour-propre ombrageux ?, il recommande à Ciani sur un ton qui s’efforce d’être enjoué, mais où l’on sent percer l'angoisse, de l’avertir sans retard s’il vient à radoter, et de le faire taire*.

On retrouve dans ce besoin d’épanchement‘, qui dès sa plus tendre enfance lui valut des déceptions ‘, la nature vraie d’Ortes dont le constant souci était d'apporter, par tous les moyens, quelques soulagements aux souffrances humaines‘. Car il fut juste et bon, deux qualités pour lui étroitement solidaires.

La justice peut seule à ses yeux assurer le bonheur : « Le vrai bonheur sera réalisé par la justice » se plaisait-il à dire’. Au nom de ce principe d'équité sociale, il s'élève

favore, perchè non trovandomi poi essi corrispondere all’ aspettiva che ne hanno, a me tocca far con loro une trista figura.… » Lett. XXI, précit. (CUsToDI, ouv. cit., ibid., p. 389).

1. — « Sono stato un poco tardo perchè ho voluto trascrivere io stesso, cosa che per me esige qualche tempo per non essere al presente sempre ben fermo di mano, e dover talvolta condur la penna come i pittori il pennello e dipingere le parole in luogo di scriverle. » Lett. sulla Relig. e il Govern…, Lett. Famil. (Cusrtontr, ouu cit., p. m., t. XXV, p. 261).

2. — « in genere d’amor proprio son poi grande raffinatore. » Lett. in propos. della Econ. Nazion., Avviso dell’ Autore. (Custopr, ouv. cit, p.m., t. XXIII, p. 9).

3. — « al primo suo accorgersi ch’io rimbambisca nello scrivere. me ne avvisi e mi faccia tacere. » Lett. XXVI, précit. (Custront, ouv. cit. p.m., t. XXIV, p. 401). Dans une lettre à G. Cesare della Somaglia, il avoue être depuis quelque temps sujet à de « l’aridità di mente » qui le gêne beaucoup. Lett. în propos. della Econ. Nazion. Lett. XX, du 9 septembre 1786. (Cusrtont, ouv. cit., t. XLIX, suppl. p. 125).

4, — Cette caractéristique semble avoir échappé à Carlo de Franchis, qui écrit : « I sentimenti più imprevisti in un temperamento pari al suo vi traspariscono : Amore, sconforto, implorazione. » (Giammaria Ortes, Un Sistema di Economia Matematica nel’ 700, IT, p. 27).

5. — « Fui facile ad affezionarmi ma rare volte conservai le mie affezioni per non incontrare nelle persone le medesime disposizioni… » Memorie ined. (CicoGna, Trattatelli ined., p. 11).

6. — Lett. in propos. della Econ. Nazion. Lett. VIII, précit. (Cusronr, Ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 215).

7. — Delle Scienze Utili e delle Dilettev., chap. XX. (CUSTODI, ouv. cit., p. m, t. XXIV, p. 239).

contre les riches qui accaparent le nécessaire des pauvres pour leur simple superflu : ; il proclame le droit à la vie de tous les malheureux « étant bien juste que si ces misérables sont prévenus par d’autres dans les occupations, ces autres leur ménagent au moins la subsistance avec les biens, produit des occupations par eux accaparées »?. Et il va jusqu’à parler du vol nécessaire *. Quant à sa bonté, elle éclate à chaque page de son œuvre. Il aime l’humanité‘. Il a une foi instinctive, généreuse, obstinée, dans la droiture humaine, malgré ses imperfections, accidentelles à l’en croire’. Pour lui comme pour Platon, tout être intelligent ne peut vouloir que le bien, ou ce qu’il croit être le bien. La méchanceté ?

1. — Voir Lett. in propos. della Econ. Nazion., Lett. VI à Marco Lastri, 9 août 1777. (Cusronr, Ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 146 à 176).

2. — Riflessioni sulla Popolaz. Chap. XIV, (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 89). Voir encore Errori popolari, Axiom. III, IT, IV, V, VI. (CUSTODI, ouv. Cit., p. m., t. XXV, p. 85 et suiv.).

3. — Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XXIV,. (CUSTODI, ou. Cil Dm CCXVEL D" 367):

4, — « …rispettando io e amando l’umanità del pari a qualunque condizione e ovunque la trovi. » Econ. Nazion. liv. IV, chap. XV. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXII, p. 87 princip.). Voir encore Lett. in propos. della Econ. Nazion., Lett. XXI, précit. (Cusropr, ouv. cit., t. XLIX, suppl. p. 167) ; Lett. VI précit. (Cusroni, ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 176) ; Riflessioni sulla Popolaz., chap. XX. (Cusront, ouv. cit., t. XLIX, suppl, p. 182).

5. — Notant, dans un de ses manuscrits, la tendance de l'homme à opposer ses intérêts à ceux de ses semblables, il ne manque pas d'ajouter : « Ma …questo sentimento di offender l’altro non è in lui un piacer positivo ed è pronto à cangiarlo.. » Calcolo de’Vizi e delle Virtà (Studi varü autografi, Marciana, It. class. XI, cod. CXXXV, f° 36 recto). Il ajoute ailleurs : « la natura umana non è imperfetta e viziosa in se stessa o di sua essenza… che per sua scelta o per azzardo accidentale. » Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. III, précit. (CUSTODI, ouv. cit., p. m.,, &. XXV, p. 324, 325). Voir également Rijlessioni sugli Oggetti apprensibili, chap. IX, n. 5, p. XLVII. Dans ses Considérations d’un Philosophe moderne, il dit dans le même esprit : « Nessuno opprime l’altro per positivo diletto, ma per timore ch’egli non opprime lui » Considerazioni d’un filos. moderno europeo. (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, fo 59 recto). Sur le fondement de la vertu et des vices : ibidem. Voir enfin Delle Scienze Utili e delle Dilett., chap. XXI. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 246) ; chap. XXII (CUSTODI, ouv .cit., ibidem., p. 251).

Erreur qu’il faut pardonner !, ou ignorance plus que mauvais vouloir *. Il n’est faute, en effet, qu’il ne cherche à excuser s’il ne la peut absolument justifier #. Il avoue du reste ingénument cette tendance : « Où les autres supposent les hommes indociles, arrogants et têtus, je ne puis me résoudre à les considérer comme tels en général »4 Il souhaite ardemment les voir, devenus meilleurs, pratiquer l’entr’aide pour laquelle ils sont nés, et au lieu de luttes fratricides dont la puissance et la richesse sont l’enjeu, rivaliser d’émulation pour devenir plus justes, plus sages, plus raisonnables’. « Je voudrais que tous les hommes s’aimassent et fussent d'accord. »‘°. En vérité, nul plus que lui, ni mieux que lui, ne préconisa l’union et l’affection des hommes pour assurer leur bonheur. Il se pose en champion enthousiaste de la solidarité : « Il est hors de doute que le bonheur particulier dépende du bonheur commun » ’. Et dans une lettre il précisait : « par une très équitable disposition naturelle tous ne sont pas faits pour un, mais chacun est fait pour tous : le bonheur de

1. — Riflessioni sulla Popolaz., chap. III (CUSTODIr, ouv. cit., DER A SSID 5210 SiV Ch AD XII D 81 et SUV:

chap. XIII, p. 83 et suiv.).

2. — Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XXIV. (CUSTODI, ouv. cit., DM... SX VIDA). 3068).

3. — « Per altro, che nella pratica gli uomini sian più ingiusti che giusti, puô dirsi a loro giustificazione proceder ciô non da loro malvagità ma dall esser essi o timidi o arditi più del dovere. » Delle Scienze Utili e delle Dilett., chap. XX (CusTopr, ouv. Cit., p. m., t. XXIV, p. 243). Cf. encore chap. XXII (CUSTODI, ouv. Cit., ibid., p. 251).

4. — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XIII, 7 avril 1781 (Custropi, ouv. cit., p. m., t. XXVI, p. 221, in fine).

5. — « Io non tolgo l’emulazione fra gli uomini, ma in luogo di gareggiar fra loro per esser più ricchi, più grandi e più potenti, vorrei che gareggiassero per rendersi gli uni degli altri più giusti, più saggi e più ragionevoli. » Tre Lettere a Michele Ciani, Lett. II, précit. (CusrTont, ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 355).

6. — Lett. XLIV, précit. à Ciani (CUSTODI, OUT. cit, P. M. t XXIV, p. 446).

7. — Lett. sulla Relig. e il Govern. Lætt. VIII, précit. (CUSTODI, ouv. cit., p.m., t. XXVI, p. 43). Voir encore Delle Scienze Utili e delle Dilett., chap. XX. (Cusront, ouv. cit., p.m. t. XXIV, p. 233) ; chap. XXII (ibid., p. 250).

chacun doit donc dépendre du bonheur de tous ; si tous ne sont heureux, pas même un seul ne peut l'être. » !. Et cette justice, cette bonté, il les servit mieux que par de simples paroles. Généreusement, ardemment, il embrasse la cause des faibles et des humbles, de ces faibles et de ces humbles qui, d’après lui, sont la partie la plus innocente et la plus laborieuse Ge la population ?. Pour eux il ose, malgré sa nature réservée, parler net aux puissants. Ainsi, il ne craint pas de proclamer que le Gouvernement et les riches ne sont pas, à eux seuls, la nation entière, mais à peine quelques intérêts particuliers. A cet égard, il reprochaïit à Necker, dont il tenait par ailleurs en grande admiration les efforts constants pour améliorer le sort des petits, d’avoir confondu en matière d’administration financière, le roi et le peuple. Car Ortes ne partage pas l'opinion de ceux qui croient les souverains sages parce que souverains { Il y était d'autant moins enclin que leur politique religieuse froissait ses convictions les plus chères”. Aussi sans hésiter préconise-t-il de limiter

1. — Lett. X précit. à Ciani (CustTont, ouv. cit., ibid., p. 359). Voir encore Delle Scienie Utili e delle Dilett., chap. XX (Cus- TODI, OUT. Cit., ibid., p. 237 et suiv.).

2. — Errori popolari, Axiom. VII, viz (CUSTODI, OUv. Cit., p. Mm., t. XXV, p. 231 in fine).

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