‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 39 sur 197 · I. — CALCUL SUR LA VÉRITE DE L’HISTOIRE · texte numérisé non relu

I. — CALCUL SUR LA VÉRITE DE L’HISTOIRE

Ortes, en diverses parties de son œuvre, s'occupe d’histoire, et surtout d'histoire ecclésiastique. Mais, il ne lui accorde pas la moindre confiance. Il est, en effet, trop attaché à la Mathématique pour ne pas mépriser l’étude des faits. Tout savoir non réductrible soit à la déduction géométrique, soit à une notion distincte et formelle, n'offre à ses yeux qu’une importance relative. Or, se fondant sur de simples témoignages, où sur l'imagination !, l'Histoire ne présenterait que re caractère d'insuffisance, comme l’éloquence du reste? qui se sert de la connaissance empirique du cœur humain, où la poésie, qui met en jeu des images fantaisistes*. L’historien ne serait guère pour lui qu’une sorte de poète, à peine plus qu’un chroniqueur fantaisiste. Il ne croit pas, en effet, au véritable historien, homme de bon sens, érudit et curieux, sans idées préconcues déterminantes trop souvent de la conclusion à intervenir, soucieux de la seule vérité historique approximative et conjecturale, à dégager des témoignages les plus divers confrontés, interprétés : monuments, sculptures, livres, poèmes, tableaux, médailles, tradition verbale, chacun renfermant en soi une parcelle de vérité. L'Histoire, en somme, apparaît à Ortes comme un simple ensemble de faits rapportés plus ou moins exactement : l'imagination de ceux qui les transmettent, aussi bien que diverses autres sources d'erreurs — Iacunes, fausses interprétations — opposeraient d’inévitables, d’insurmontables obstacles {4 Il ne voit donc guère en elle

politica, publié par Cicocna, Trattatelli ined. di Giam. Ortes, III, p. 65 à 80. Voir Infra, chap. V, De l'Economie Nationale, sect. II, $ I, Itx, p. 319.

1. — Infra, p. 94 et n. 1. C’est la théorie vichienne. Voir B. CRoCE, La Filosofia di G.B. Vico (traduct. H. Buriot-Darsiles et G. Bourgin), VI, La Conscience morale, p. 78.

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