nel generale ancora delle azioni umane l’immagina
tous les préjudices qui bien souvent en découlent dans les affaires humaines » !,
Ayant ainsi, sans en méconnaître l'importance, montré surtout les dangers de l’Imagination, Ortes se défend d’être hostile aux Beaux-Arts qui constituent une sorte de « supplément » de l’Utile et de l’Agréable des Sciences ?. A cet égard, stimulé par son besoin de classification, il catégorise le plaisir et l’'agréable des Beaux-Arts en fonction de la Science. Ainsi, il range dans un premier groupe l'Utile et l’Agréable qu’il qualifie innocents : ils pourraient être s'ils ne sont pas réellement ; dans un second l’Utile et l’Agréable absurdes et impossibles parce qu’ils se réfèrent à ce qui n’est et ne peut être; enfin, dans un troisième, l’Utile et l’Agréable gais et burlesques qui se fondent sur ce qui est et qui peut être.
L'existence de l’Utile et de l’Agréable du premier groupe s’expliquerait par ce fait que l'aptitude de passer des connaissances imaginatives à la connaissance intellectuelle fait quelquefois défaut chez l’homme : il s’arrêtera donc au stade de l’Utile et de l’Agréable imaginatifs ce qui est fréquent, quoiqu’on s’en défende. Et si l’Imagination se cantonne dans des limites raisonnables, elle ménagera les vraisemblances, de telle sorte que l’'In-
zione cerca ognor superar l’intelletto, ancorchè in ciô non riesca e sia poi costretta a ridere di se stessa. » Delle Scienze Utili…., chap. XV (Cusropr, ouv. cit., ibid., p. 210).
1. — Delle Scienze Utili…, chap. X (Custonr, ouv. cit., ibid., p. 175). Dans le chap. XVI nouveau (Cusrtopt, ouv. cit., t. XLIX, suppl. p. 257 et suivantes ; Séudi varii autografi, Marciana, It. class. XI, cod. CXXXV, fc 67 recto et verso), Ortes note combien cette erreur à été préjudiciable aux Sciences et combien il serait désirable que les progrès réalisés dans les Sciences physiques et naturelles après l’abandon des vieilles méthodes imaginatives fussent réalisés encore dans toutes les Sciences. Il est vrai qu’il existait une autre cause d’imperfection des Sciences : la tendance à subordonner la nature à l’homme (chap. X, CusTopr, ouv. Cit., p. m., t. XXIV, p. 180).
2. — « utile e il diletto dellimmaginazione nelle bell’arti non puûô allettare, e infatti non alletta, che in supplemento dell’utile e diletto vero che provien dalle scienze e che manca nel! intelletto. » Delle Scienze Utili…, chap. XII (CusTopI, ouv. cit., ibid., p. 192).
telligence ne sera pas froissée : il y aura alors l'Utile et l’Agréable « innocents » 1.
Par contre, si les fictions imaginatives ne peuvent s’accommoder avec la vraisemblance, l’Intelligence, heurtée, se transforme bientôt en ennui : ce sont l'Utile et l’Agréable « absurdes »?.
Quant à l’Utile et à l’Agréable « gais et burlesques », ils s'expliquent par ce fait que l’'Utile et l’Agréable des Sciences étant toujours graves, l’Utile et l’Agréable imaginatifs interviennent souvent pour transformer ce sérieux — qu'eux-mêmes du reste devraient conserver — en burlesque, donnant ainsi pour faux ce qu'ils devraient présenter comme vrais.
Après avoir de la sorte disserté sur la nature, les avan-
1. — « utile e il dilettevole delle bell’arti è innocente, come quello che se non persuade l’intelletto almen non fà ad esso ingiuria e non s’oppone alla natura e all’ intelletto stesso, il quale non pu soffrir cosa à natura contraria o che porti implicanza è contraddizione conosciuta con essa. » Delle Scienze Utili.., chap. XIII (Cusront, ouv. cit., ibid., p. 196).
2. — «io chiamo.… utile e dilettevole.. che da finzioni impossibili proviene nell’immaginazione, utile e dilettevole delle bellarti assurdo e impossibile..… » Delle Scienza Utili.…, chap. XIV (Cus- TODI, OUT. Cit., ibid., p. 200). Et c’est l’occasion pour Ortes de catégoriser les hommes d’après les deux facultés conjuguées. A l’en croire, una grande intelligence jointe à une imagination médiocre serait la caractéristique d’un grand philosophe. Une grande imagination unie à une médiocre intelligence, voilà un grand poète. Une grande intelligence doublée d’une grande ima-— gination serait le propre de l’homme entreprenant, tandis qu’une intelligence réduite, secondée par une imagination indigente, serait celui de l’homme timide et prudent. Enfin, une grande imagination sans intelligence se rencontrerait chez les enfants et les fous. Par contre, il ne conçoit pas de grands intelligence sans imagination — et par là il reconnaît, une fois de plus, l'utilité de cette dernière — ce qui aurait pour effet de changer l’homme en pierre : « perchè cangerrebbe un uomo in un sasso. » (Custront, ibid., p. 204, 205). Voir Supra, p. 120, n. I.
3. — « Perché perô l’immaginazione.. anziché soggettarsi all intelletto o annojarlo con assurdità, sceglie di mettersi in burla da se medesima e si contenta di esporre all’intelletto per falso ciô che dovrebbe esporgli per vero, quasi cosi accordandosi seco lui a riconoscer per false le sue esagerazioni, le sue follie… nel che è posto tutto il burlesco, vale a dire nell’immaginazione che ride di se stessa. » Delle Scienze Utili…., chap. XV (CUSTODI, ouv. cit., ibid., p. 209).
tages et les inconvénients de l’Imagination et de l’Intélligence, Ortes aborde des considérations pratiques.
Il note l’antériorité de l’Imagination — qui apparait, chez l'homme, dès sa naissance, avec les sens, — sur l’Intelligence, beaucoup plus tardive, et qui m'atteint guëre son complet développement que vers la vingtième année. De ce principe il tire immédiatement une application rationnelle dans le domaine de la responsabilité : on ne doit punir et récompenser que suivant une proportion judicieuse, fonction du développement de l’Intelligence :. Il y voit, entre autres choses encore, le fondement de la subordination tant, dans la famille, des enfants à leurs parents et à leur maître’, que, dans la société, des hommes entre eux *.
Cette antériorité de l’'Imagination sur l'Intelligence, explique ce qui paraît a priori étrange, que l’on préfère en général les illusions imaginatives aux réalités intellectuelles. Par suite d’une emprise de plus de vingt années, il est normal que l’Imagination bénéficie d’une accoutumance solidement établie 4 Et cela d’autant mieux que les facultés imaginatives des enfants sont encore développées par les contes ou récits dont on les berce, et par les méthodes d'éducation pratiquées dans les écoles, trop souvent basées sur le romanesque, et telles qu’on se voit obligé, pour s’instruire vraiment, d'oublier ce
1. — « Quindi s’apprende quanto fuor di proposito si puniscan talvolta i fanciulli con castighi e pene afflittive, ma s’apprende ancora che siccome il punirli in tal modo sarebbe crudeltà, cosi sarebbe cosa ridicola il premiarli con insegne, dignità, titoli e fregi onorifici, quali, per mancanza d’uso nel lor intelletto, non son capaci nè di conoscere, nè di meritare… » Delle Scienrie Utili…, chap. XVI (CusTopr, ouv. cit, p. m., t. XXIV, p. 216).
2. — Delle Sciense Utili…, chap. XX (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, fo 263 recto ; CUSTODI, OU. cit., t. XLIX, suppl, p. 275 in fine, 276 princip.).
3. — Delle Scienie Utili…., chap. XVI,. (CUSTODI, ouv. cit., p.m., LIXXIV; 0p:217);
4. — « ….principiando nell’uomo l’uso dellimmaginazione dalla nascita, e l’uso dell'intelletto a 20 anni dopo, non è dunque a stupire se gli uomini in tutta la lor vita fan più conto di quella che di questo. » Delle Scienze Utili.., chap. XVII (CUSTODI, ou, cit., ibid., p. 222).
que l’on à déjà appris’. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que tant d'hommes raisonnent, toüte leur vie, comme des enfants?. Ortes ne peut évidemment pas être compté au nombre de ces penseurs qui, dans une conception plus rationnelle et plus humaine, estiment au contraire qu'il faut donner des ailes aux enfants, leur bâtir « des palais d’azur au milieu de jardins enchantés », leur montrer « les fées se promenant au clair de lune »*.
Et Ortes émet quelques observations pédagogiques parfois intéressantes, parfois aussi inadmissibles, touchant l'éducation.
Il indique, d’abord, quelles sont les qualités que devraient posséder les éducateurs pour bien remplir leur mission : en premier lieu, être entourés de l'estime de tous pour gagner la confiance de leurs disciples et la mériter ; ensuite prêcher d’exemple pour montrer à l’Imagination des enfants — leur seule faculté — le bien à suivre et le mal à éviter ; enfin, se borner à préparer ces jeunes cerveaux, non encore suffisamment développés, à recevoir les Sciences au lieu de les leur apprendre en abrégé, ce qui les incite, au sortir de l’école, à se croire savants alors qu'ils ne savent rien {. Pour lui, en somme, le passage dans les écoles tend dès le début à préparer
1. — « .listruzione fra noi nelle scuole medesime 8 sempre più in conformità all’arte che alla natura, ond’è che se poi.…. vogliam saper qualche cosa di certo, siam bene spesso in necessità di prima disingannarci di ciô che abbiam appreso per arte. » Lett. IV, précit à Ciani. (CUSTODI, Ouv. cit, P. m. t. XXIV, p. 339). C’est également l’opinion d’Alfieri, qui, après une jeunesse dissipée, sentit la nécessité de travailler personnellement à ce qu’il appelait sa « rieducazione », le bagage qu’il avait acquis dans les écoles n'étant, à son dire, qu’une « ineducazione ».
2. — Il explique à cet égard, dans ses Réflexions sur les Objets appréhensibles, que si les connaissances réelles ne sont que l'apanage d’un petit nombre de privilégiés, cela tient à ce que les hommes eux-mêmes préfèrent le facile au malaisé et se laissent conduire par les illusions des sens plutôt que par la réflexion. Rifless. sugli Oggetti apprens, chap. XVI, $ V, p. LXXXVII.
3. — PauL Hazar», Les Livres, les Enfants et les Hommes, li 1/1p. 12.
4, — Delle Scienze Utili…, chap. XX. (Op. varie autogr., Mar-
l'aptitude à apprendre. Et cette aptitude pour les arts comme pour les sciences, aura tout son effet quand le jeune homme, sorti de l’école et en pleine possession de son intelligence enfin développée, pourra se former lui-même :. L'école, en définitive, ne peut prétendre qu’à prédisposer les jeunes imaginations à cette fin °…
Mais pour réaliser cette utilité, il faut que l’école soit libre, c’est-à-dire que les éducateurs ne dépendent que de la Nation même et non des particuliers : c’est le seul moyen d'éviter la prédominance de telle ou telle tendance. Aussi l'éducation par précepteur apparaît-elle à Ortes condamnable entre toutes ‘.
Ce principe pourrait évidemment être approuvé. Malheureusement Ortes en réduit considérablement la portée pratique en soutenant que les Communautés religieuses sont seules qualifiées à cette fin, sous prétexte qu’écoles et maîtres, dans la charge d’instruire, constituent l’élément de Raison du gouvernement. Sans mécomptes gra-
ciana, It., class. II, cod. CXXXVIII, f”* 263 recto et verso, 264 recto ; CusTopt, ouv. cit., t. XLIX, suppl. p. 270, 278, 279). Ayant noté que la force physique s'accompagne toujours d’ambitions, Ortes en tire une conséquence pratique, curieuse à signaler : il ne faut pas stimuler, par des concours, les compétitions physiques, pour développer chez les jeunes gens l’esprit de modération. Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XIV, 28 avril 1781. (Custopt, ouv. cit., p. m., t. XXVI, p. 271, 272).
1. — Delle Scienze Utili…, chap. XXII. (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f” 265 verso, 266, 267 recto ; CUSTODI, ou. cit., t. XLIX, suppl. p. 286 et suiv.).
2. — « pu dirsi che le scuole quanto sono inutili nelle nazioni per l’acquisto delle scienze e delle bell’arti, tanto sian necessarie per correggere gli errori d'immaginazione nella prima, e per disporre gl'intelletti alle scienze nella seconda gioventü, ciô che per l’uomo gia adulto degli utili à il massimo. » Delle Scienze Utili…, chap. XXI (Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 265 recto ; Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 283).
3. — « …perciocchè quando nell'insegnare dipendessero da persone particolari, istruirebbero la gioventüù per utile particolare di quelle e non per utile della nazion comune, ciô che sarebbe contrario alla lor istituzione. » Delle Scienza Utili…., chap. XXI. (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 265 recto ; CUSTODI, OU. cit., ibid., p. 284 princip.).
4. — C'était la tendance générale, à Venise, de confier, au XvIITe siècle, l'éducation des enfants à des précepteurs dépendant étroitement du père de famille.
ves, il ne saurait y avoir là empiètement de l'élément Force :.
Après ces constatations pratiques, Ortes, par un de ces raisonnements spécieux qui lui sont chers, cherche à démontrer que dans la réalité philosophique il n’en est pas ainsi. A l’en croire, en effet, c’est l’Intelligence qui l’emporterait malgré tout sur l’Imagination.
Ou bien, distingue-t-il, il s'agira de ces illusions imaginatives qualifiées d’innocentes : l’Intelligence n’en saurait être offensée puisqu'elle en connaît l'erreur ; or une erreur connue n’est plus une erreur et l’Intelligence, en rien dupée par l’Imagination, l'emporte forcément sur elle. Ou bien, il s’agit d'illusions absurdes : l’Intelligence offensée, réagira contre cette Imagination déréglée par la tristesse ou l’ennui; ià aussi l'intelligence manifeste donc sa supériorité. Ou bien, troisième hypothèse possible, l'illusion est burlesque : l’Imagination dans ce cas est d'accord avec l’Intelligence pour reconnaître ses excès ; là encore elle ne saurait dominer l’Intelligence. Celle-ci en définitive l’emporterait toujours ?,
1. — « …trattandosi nelle scuole non già di astringere colla forza, ma di persuadere colla ragione ogni verità, sia reale di scienza, o siasi ancor finta ed immaginaria di bell’arte ; debbon dunque le scuole dipendere dall’autorità di ragione, o dalla religione…, e dee la libertà di quelle essere la libertà di questa unita a quella di principato… » Delle Scienze Utili.., ch. XXIII. (Op. varie autogr. Marciana, 1bid., f° 267 verso ; CUSTODI, Out. cit., t. XLIX, suppl, p. 294). C’est également ce qu’il dit dans son Opuscule Della differenza della Religione Cattolica da tutte le alire, chap. XIV. (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 89 verso). Et à l’en croire ce serait une cause de décadence pour le Principat que d'assumer personnellement la charge d’éducateur «Op. varie autogr., Marciana, ibid, f° 268 verso; CUSTODI, ouv. cit, ibid., p. 299). Sur l'éducation, voir encore la curieuse lettre qu’Ortes écrivit à Marco Lastri, rapportée dans LAMPERrico, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo, p. 161.
2. — « Da tutte le quali cose risulta che il dominio dell’immaginazione sull’intelletto à ben intendere non è che finto e simulato, come tutto ciô che appartiene all’immaginazione, laddove quello dell’intelletto sull'immaginazione è vero e reale come tutto ciô che spetta all'intelletto.. siccome alla fine del conto la verità prevale ognora alla menzogna, cosi l’intelletto ognora prevale all’immaginazione ad onta d’ogni apparenza in contrario. » Delle Scienze Utili.…., chap. XVIII. (CUSTODI, OUV. cit. p.m,., t. XXIV, p. 228, 229).
Ortes examine enfin, justification du titre de son Ouvrage, l’Utile et l’Agréable par rapport à la félicité humaine et admet que le Vrai à ses douceurs comme le Beau a ses leçons, que Galilée par ses raisonnements charme en instruisant aussi bien que Le Tasse par ses poèmes instruit en charmant.
Il pose en principe que tout ce qui est utile est encore agréable comme, réciproquement, tout ce qui est agréable est utile’. Mais l’Utile et l’Agréable peuvent être vrais ou faux. Ils seront vrais quand ils seront sûrs et durables et ne causeront aucun dommage à personne. Ils seront faux quand ils seront incertains, éphémères et dommageables pour quelques-uns ?.
Pour contribuer vraiment au bonheur humain, l’Utile et l’Agréable doivent être vrais chez chacun, par conséquent chez tous. D’où Ortes reprend une idée que nous avons déjà rencontrée : il ne peut y avoir de bonheur réel que dans la félicité commune , ce qui rend en pratique Te bonheur humain impossible’. Aussi l’homme ne doit-il guère espérer qu’un bonheur imaginaire, qui ne peut être que le plaisir des sens. Et puisque l’absolu ne saurait, dans le bonheur comme en toutes choses’, être réa-
1. — « …tutto ciô che è utile apporta ancora diletto e tutto ciô che apporta diletto è pur utile, a qualunque cosa si riferisca e di qualunque specie sia quell’utile e quel diletto. » Delle Scienze Utili.., chap. XIX. (Custont, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 232, 233).
2. — Delle Scienze Utili… (Cusronr, ouv. cit., ibid., p. 234). 3. — Supra, chap. I, p. 53 in fine, 54 princip. et aux notes.
4 — « .nessuna felicità puô per ciascuno appellarsi veramente tale quando non sia a tutti comune. » Delle Scienze Utili.., chap. XX. (CusTont, ouv. cit., p.m., t XXIV, p. 238).
5. — « nella pratica non v'ha dunque sulla terra utile e diletto alcun vero in nessuno, perchè sempre amareggiato in ciascuno da rancore e afflizione, o sofferta in se stesso o veduta negli altri e participata da loro. » (Cusrtopt, ouv. cit., ibid., p. 241 in fine, 242 princip.).
6. — Delle Scienie Utili…., chap. XXI. (CusTontr, ouv. cit., ibid., p. 246).
7. — C’est ce qu’il reconnaît dans une de ses Lettres sur la Religion et le Gouvernement : « nella condizione umana una esatta certezza sia degli effetti naturali, sia de’ fatti storici particolari non è da sperarsi… » Lett. sulla Relig. Lett. IX, du 5 février 1781. (CUSToDI, ouv. cit., p m., t. XXVI, p. 94).
lisé, il devra s’efforcer de s’en rapprocher. Pour cela il faudra que l’Intelligence domine le plus possible l’Imagination. En sorte que la félicité humaine la meilieure ne serait guère, comme nos connaissances, que négative : elle tendrait à nous tenir le plus éloignés possible du malheur, le bonheur comme la Science n’étant que relativité !.
Ce traité des Sciences Utilzs et Agréables, par cette analyse sommaire, nous apparaît original et riche de justes observations, en même temps que d’une subtilité toute sophistique, qu'Ortes ne méconnaissait pas du reste ?. Il affirme, au surplus, une catégorique méconnaissance du pouvoir créateur et animateur de l’idée force, fait d'autant plus grave qu’en pratique l'imaginaire est souvent la source du réel, puisque souvent la vérité se trouve être précisément ce qu’on croit qu’elle est, parce qu’on le croit Ces notions de réel et d’imaginaire, bien opposées chez Ortes, se retrouveront dans Pareto qui, distinguant la Science et l’Imagination, oppose les actions logiques aux actions illogiques. Ortes peut donc être considéré comme un précurseur, moins précis certes, du philosophe anglais. Une prédilection commune pour les Sciences et une prédominance identique de l’esprit mathématique expliquent et préparent cette identité de doctrine.