Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. I, $ III, p. 1V
C’est là que le problème va se nouer. Les Langues n'étant instituées que pour exprimer, communiquer nos sentiments personnels et nos propres combinaisons d’images, il convient donc, pour bien raisonner sur la nature et la diversité de ces Langues, de s’arrêter tout d’abord aux connaissances humaines elles-mêmes !:, C’est ce que fait Ortes.
Pour mieux expliquer le rôle du langage, Ortes observe d’une part que les objets sont dans un état perpétuel de modification suivant le mouvement propre à la vie; d’autre part, réminiscence de Leibnitz?, qu’ils sont différents les uns des autres’, malgré la ressemblance de ces objets dans chaque espèce, différence, du reste, insensible dans l’espèce, et de chaque espèce à celle immédiatement rapprochée, de telle sorte que s'établit une chaîne discontinue du règne minéral au règne végétal et du règne végétal au règne animal t,
Mais si le mouvement, comme le soutient Descartes, est la cause de toute création, il existera un certain nombre de lois stables de ce mouvement — dont quelques-unes furent connues des mathématiciens 5 — qui détermineront et conserveront les ressemblances entre les objets. Par contre, les modifications survenues dans ce même mou-
1. — « per ben ragionare della natura e della diversità delle lingue, dovrà ragionarsi prima della diversità delle cognizioni umane da manifestarsi per quelle ad altri, non essendo certamente possibile ragionare o intender i mezzi coi quali conseguire un fine, senza conoscenza di questo fine medesimo.» Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. I, $ III, p. V.
2. — Selon le principe des indiscernables, deux choses individuelles, d’après Leibnitz, ne sauraient être parfaitement semblables. Il doit y avoir entre elles une différence qualitative, interne, absolue, E. BouTRoOUXx, Leibnitz, La Monadologie (Philos. de Leibnitz, A. Objet et Méthode, p. 33).
3. — « gli oggetti creati sono bensî tutti consimili, per le stesse costanti leggi di moto fisico o morale per cui sussistono, ma sono altresi tutti diversi, per le diverse modificazioni di codesto moto che procede colle medesime leggi. » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. IL $ II, p. VI in fine.
4, — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. II, $ II, p. VII.
5, — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. II, $ III, p. VIII.
vement seront cause de la diversité de ces objets'. Et ce raisonnement, d’après Ortes, ne serait point particulier au domaine physique : il s’'étendrait encore au domaine moral ?.
C’est par leurs ressemblances ou leurs différences que les « relations » s’établissent entre les objets *, et ces « relations », pour chacun d'eux, seraient en rapport avec leurs divers degrés de ressemblance ou de différence ‘. Elles varieraient donc non seulement dans l’espace, mais encore dans le temps*. Cette différenciation apparaît du reste dans les appréciations particulières de chacun, preuve évidente que les images d’objets semblables sont diverses dans chaque imagination ‘.
Toutefois une difficulté surgit. Pour communiquer ces conceptions particulières déjà si différentes, l’homme ne dispose pas de mots exactement correspondants”. Les mots ne varient pas, en effet, insensiblement avec les différences insensibles qui diversifient deux objets semblables. Ce sont, au contraire, des termes identiques qui désignent ces objets semblables. Ces termes, arrêtés d’un commun accord, et par l’usage, ne peuvent donc refléter qu'approximativement les particularités propres à chaque objet.
Un premier inconvénient du langage saute aux yeux : il restreint le nombre des objets et de leurs images, en principe indéterminé et indéfini, à un nombre strictement
l— Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. II, $ IX, p. VII; & IV. Dix
2. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. II, $ IV, p. IX et X.